Le groupe Méditerranée s’est retrouvé à Rome pour prier, travailler et avancer ensemble. De cette rencontre est né un parcours de Carême inspiré des moines de Tibhirine, comme une invitation à la paix, au dialogue et à une disponibilité renouvelée à l’Esprit — au moment où Carême et Ramadan se répondent et interpellent nos manières de croire, de vivre et de regarder l’autre.
Par Maher El Hage, prêtre, responsable de la Communauté du Chemin Neuf au Liban
Rencontres et disponibilité. Ce sont les deux mots qui résument notre rencontre du groupe Méditerranée. Pour la deuxième année consécutive, nous nous sommes retrouvés pour prier, réfléchir et avancer ensemble sur ce chemin qui a débuté il y a à peu près 4 ans. Cette rencontre (la deuxième en présentiel après le Caire) s’est déroulée du 15 au 18 février à Rome dans la maison de la communauté, rue Poliziano.

Le but principal de cette rencontre était de créer un parcours pendant le carême qui nous rapproche de la spiritualité des 7 moines de Tibhirine. Pourquoi cette idée et cette initiative ? L’année 2026 marque le 30ᵉ anniversaire de leur décès, ainsi que 10 ans de la présence de la communauté du Chemin Neuf dans ce beau lieu. Est-ce un hasard que la communauté soit appelée à vivre, à prier et à travailler dans ce lieu-là ? Sûrement le Seigneur, par notre présence au monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, veut adresser un message à notre communauté. Encouragés par le conseil, nous nous sommes lancés dans la préparation de ce parcours, pour travailler sur le message des moines de Tibhirine et le transmettre davantage.
« Parfois nous envisageons et nous préparons les choses mais le Seigneur passe d’une autre manière, par d’autres chemins pour nous conduire vers le but. »
Maher El Hage
Mais le Seigneur ne fait pas les choses à moitié. Cette année aussi (dans de nombreux pays), Ramadan a débuté le même jour que le mercredi des Cendres dans l’Église catholique romaine. Les moines ont vécu toute leur vie dans le monastère en lien avec les voisins musulmans qui sont différents dans leur manière de penser, de vivre, de réfléchir… Il y avait une amitié profonde basée sur le respect mutuel. Cette relation entre les voisins et les moines peut-elle nous interpeller aujourd’hui ? Les textes des moines de Tibhirine, et des autres bienheureux martyrs d’Algérie sont très riches, et nous ont nourris fortement.

Nous avons choisi de partager à travers quatre chaines WhatsApp (français, anglais, arabe et italien) un texte et une intercession chaque jour, parfois un lien pour aller plus loin. Quelques fois, nous avons inséré une vidéo historique, un témoignage, ou encore des images ou des œuvres d’art qui nous parlent, en lien avec les moines et Tibhirine.
Notre temps de travail à Rome était habité par des rencontres. En premier lieu les rencontres entre nous, les membres du groupe, habitant dans 5 pays différents (France, Liban, Terre Sainte, Algérie et Côte d’Ivoire) : chacun une réalité différente, une culture différente et une mission différente.
Mais aussi la rencontre avec cette belle ville de Rome : culture, tradition, nos frères et sœurs en mission sur place, et l’Église avec une rencontre au dicastère du dialogue interreligieux…

La troisième rencontre, c’est celle avec ces moines, avec leurs écrits, avec leurs messages transmis, avec leurs vies données. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).
Nous avons été invités ces quelques jours à avoir une grande disponibilité à l’Esprit Saint. Parfois nous envisageons et nous préparons les choses mais le Seigneur passe d’une autre manière, par d’autres chemins pour nous conduire vers le but. L’Esprit Saint avait prévu une rencontre différemment de la façon dont on l’envisageait : celle avec le sous-secrétaire du dicastère du dialogue inter-religieux. La rencontre avec lui et ses collègues était très fraternelle, simplement pour se connaitre. Ils étaient surpris de la richesse de nos parcours à chacun, du fait qu’il y ait beaucoup de femmes parmi nous (ils ont moins l’habitude d’en voir dans le dialogue interreligieux), très intéressés aussi par la présence de notre communauté à Tibhirine. Une heure et demie de partage, de discussion et d’encouragement dans ce que nous faisons en général, mais aussi une invitation à diffuser largement ce message des moines de Tibhirine.
Nous avons clôturé ce temps de travail par une messe à Saint-Pierre. Nous avons confié notre communauté, nos pays, notre groupe et ce parcours en demandant surtout la disponibilité à l’Esprit Saint pour faire sa volonté.

De droite à gauche (Thomas, Marie-Laure, Marie-Farouza, Gisèle, Maher et Clémence)
C’est le début du chemin : les moines et tous les martyrs d’Algérie peuvent nous enseigner la fraternité, la prière, la rencontre avec l’autre, le désarmement… Ouvrons nos oreilles, nos yeux, notre cœur pour laisser l’Esprit Saint travailler en nous et à travers nous.
Les retours du parcours Carême / Ramadan 2026
« Ce parcours Carême/Ramadan m’a profondément accompagnée durant cette période de guerre au Liban. Il m’a aidée à poser un regard plus miséricordieux sur les musulmans en laissant peu à peu tomber la colère que je portais en moi. À travers le témoignage des moines de Tibhirine, leur simplicité, leurs prières et leur amour concret du prochain, j’ai appris à regarder au-delà de la peur et des jugements du moment. Ce chemin m’invite aujourd’hui à voir en l’autre, différent de moi, un frère créé à l’image de Dieu, et à choisir la paix, l’espérance et la rencontre. Une invitation à bâtir des ponts, même au cœur de la guerre. » Manal

« Quand je rencontre un musulman, le premier réflexe est de lui parler du christianisme et de ne pas entrer dans sa religion musulmane. Cela est dû peut-être à la peur et à l’orgueil qui habitent mon cœur. Mais à travers ce parcours j’ai appris que Dieu est Un et nous unit malgré nos différences. Ce qui m’a touché le plus, ce sont les témoignages des uns et des autres : chrétiens et musulmans. Les prières d’intercession me touchaient au plus profond de mon cœur, me libéraient de mes stress surtout pendant la guerre. Je prie maintenant pour la paix des cœurs. » Bernadette
« Grâce à ce parcours, j’ai découvert un véritable trésor au sein de notre Église ! Je ne savais pratiquement rien des Frères de Tibhirine, mais après avoir vu le film Des Hommes Et Des Dieux (qui était recommandé au début du parcours), j’ai immédiatement ressenti une grande proximité avec eux et j’ai été frappée par leur foi et leur amour ! J’apprécie beaucoup tous les passages et les lettres écrits par les Frères. Ils sont une leçon d’humilité, d’hospitalité et surtout de fidélité à leur vocation. » Dona
La récente reprise de la guerre au Proche-Orient ravivent la peur et les traumatismes.
La Communauté du Chemin Neuf, implantée au Liban et en Israël, n’est pas épargnée. Un frère en Israël et une sœur au Liban nous partagent des nouvelles, leurs inquiétudes et leurs lieux d’espérance. Pour retrouver les nouvelles du Liban cliquez ici.
Ci-contre : capture d’écran d’une frat’ fortifiante entre des frères et sœurs des deux pays Terre-Sainte/Liban

Mars 2026 – Par le père Damien Artiges, Responsable de la communauté du Chemin Neuf en Israël
Chers frères et sœurs,
Merci pour vos prières et messages de soutien ! Voici rapidement quelques nouvelles de notre situation en Terre Sainte. Dans la maison de l’Ecce Homo à Jérusalem, tout le monde va bien : quatre hôtes encore présents pour études ou travail, les sœurs de Notre-Dame de Sion, et nous-mêmes.
Les alertes sont encore fréquentes, au moins une ou deux par jour, et souvent la nuit. Chaque fois, nous descendons à l’abri au sous-sol, qui est le lieu archéologique du « Lithostrotos », c’est-à-dire le dallage, selon la tradition le lieu où Pilate a présenté Jésus à la foule (Jean 19,13).


Chaque fois on entend les détonations de missiles interceptés, et ces derniers jours, des débris plus ou moins gros de ces missiles sont tombés sur la vieille ville. Jusqu’à présent, les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits, et les grands lieux de prière sont donc fermés : église du Saint-Sépulcre, esplanade des mosquées, mur occidental.
Quand le conflit a éclaté fin février, il y avait une quinzaine d’hôtes dans la maison, et nous avons formé un bon groupe, international et très œcuménique : un petit groupe évangélique des USA, une femme évêque luthérienne de Norvège avec son mari, quelques allemands dont un pasteur, une femme grecque-orthodoxe de Chypre.

Avec eux et les sœurs de ND de Sion, nous avons vécu ensemble un temps de louange évangélique, la messe du dimanche au sous-sol, la bénédiction commune avec les autres ministres, une sainte Cène luthérienne.
Un vrai moment de grâce et de diversité réconciliée au cœur de l’épreuve, en ce lieu marqué par la Passion du Christ.
Dans les jours suivants, tous ces pèlerins ont heureusement pu trouver un moyen de rentrer chez eux.



Du côté de Tantur, Marie Farouza et la petite équipe de l’institut œcuménique accompagnaient un programme de formation avec quatre participants, le premier depuis le début de la guerre (octobre 2023). Tous ont choisi de rester jusqu’à la fin prévue du programme le week-end des 14-15 mars.

Ils ont donc vécu quinze jours de prière, de partage, mais aussi de rencontres. Si, pour obéir aux régulations, ils ne sont pas sortis du Campus, les intervenants sont venus sur place : ainsi, le gardien des clés du Saint Sépulcre, d’une famille en charge de cette fonction depuis 28 générations.
Juste avant l’attaque israélo-américaine, le groupe était en Galilée. Sur le lac de Tibériade, un double arc-en-ciel s’est levé l’avant-veille du début de la guerre, et ce fut comme un appel à veiller et à croire dans l’incertitude qui est devant nous. À veiller avec les habitants de ce pays et des pays voisins, à croire que le mal n’aura pas le dernier mot, qu’une paix juste peut advenir.

Pour la Semaine Sainte et le temps de Pâques, nous attendions beaucoup de pèlerins à l’Ecce Homo, ce qui était très encourageant pour la vie de la maison, les communautés et le personnel. À mesure que le temps passe, les séjours sont annulés et il faut se résigner à une maison presque vide. Aux tensions de la guerre s’ajoute donc l’inquiétude face à l’avenir sur le plan économique, en particulier pour garder le personnel et continuer à leur donner les moyens de faire vivre leurs familles. Quelques religieux locaux nous rejoindront autour du triduum pascal et, comme chaque année, nous préparons et espérons vivre malgré tout les célébrations pascales avec les Pères Blancs et les Assomptionnistes.
Nous pensons à ceux qui sont plus menacés et qui souffrent de la guerre plus que nous, en particulier en Iran et au Liban ; nous continuons à compter sur la Providence, sur vos prières, pour la paix ici et dans tout le Moyen-Orient.
Bien en communion,
Damien
La récente reprise de la guerre au Proche-Orient ravivent la peur et les traumatismes.
La Communauté du Chemin Neuf, implantée au Liban et en Israël, n’est pas épargnée. Un frère en Israël et une sœur au Liban nous partagent des nouvelles, leurs inquiétudes et leurs lieux d’espérance. Pour retrouver les nouvelles d’Israël cliquez ici.
Ci-contre : capture d’écran d’une frat’ fortifiante entre des frères et sœurs des deux pays Terre-Sainte/Liban

Par Nathalie Moussa, membre de la Communauté au Liban
Deux semaines se sont écoulées depuis le début de la crise et la situation demeure tendue. De nombreux déplacés se sont installés un peu partout, certains dans des écoles publiques, d’autres sous des tentes assez précaires au milieu des places publiques, malmenés par les intempéries. Face aux menaces de l’armée israélienne et au Hezbollah, qui ne compte pas baisser les bras, la situation demeure inquiétante. D’ailleurs, les attaques n’ont pas pour autant cessé. Certains éprouvent une sourde colère monter en eux… Colère face à l’entêtement… Colère, frustration et fatigue face à cette souffrance et à cette situation sisyphéenne qui handicape le pays. Les avis sont partagés entre la compassion, la pitié devant la misère des déplacés, la colère de ceux qui ne peuvent plus accepter la tyrannie d’un parti politique, ou encore l’indifférence de ceux qui ne veulent pas s’enliser émotionnellement dans ce conflit et préfèrent poursuivre leur rythme de vie, dans la mesure du possible.
À cela s’ajoutent les bruits terribles et constants des avions militaires et des bombardements. Malgré cela, les frères ont décidé de tenir bon, de rester chez eux, de ne pas abandonner leurs terres. Mais la situation n’en demeure pas moins éprouvante et dangereuse. Leur véritable arme de combat est la prière. Ils se réunissent souvent pour prier ensemble et suivre le chemin de Pâques.

Le témoignage de Rita, responsable des 14-18 :
« Vivre au Liban est une fierté pour moi. Je suis à l’abri des bombardements directs, mais la situation actuelle me fatigue et me met en colère. Parfois, j’en ai simplement marre et mon seul rêve est la paix. En tant que responsable de la mission 14.18, j’ai été triste de devoir annuler notre week-end à la dernière minute. Malgré la fatigue, ma foi reste ma force. Je suis certaine que le Seigneur veille sur nous. Mon espérance et ma paix intérieure n’ont pas de prix, et ce qui me fait tenir, c’est de rester fidèle à ma mission et à mon appel. »
Le témoignage de Jihad et Claudine
« Nous sommes Jihad et Claudine engagés dans la communauté, nous vivons à proximité de la banlieue sud de Beyrouth actuellement bombardée. Dès les premiers jours de guerre, nous avons quitté notre maison et nous sommes actuellement accueillis par des frères de la communauté dans une région plus sécurisée.
Ce n’est pas facile de quitter son chez-soi ! … Bien que nous soyons favorisés par rapport à bien d’autres concitoyens qui n’ont rien pu emporter avec eux. Mais cette maison, c’est notre foyer, nous l’avons bâtie, c’est notre vie ! Et aujourd’hui, notre vie est dans une valise ! Nous vivons un déchirement continu, un dilemme permanent entre l’urgence de tout quitter et la peur de tout laisser derrière nous…. Entre la peur de tout perdre et l’espérance que le Seigneur nous donne… Entre le “jugement” de l’autre qui a provoqué cette guerre que nous n’avons pas choisie, et la miséricorde que nous devons avoir envers l’autre différent de nous…
Je suis enseignante et les écoles privées ont repris les cours. Le travail est une parenthèse dans la guerre, le lieu où tout se fige pour une matinée. Parfois, les enseignants arrivent fatigués, n’ayant pas fermé l’œil de la nuit à cause des bombardements. On se regarde, on se comprend et on continue… D’où vient cette force ? Est-ce vraiment une force ? Devons-nous vivre de la sorte ? Est-ce normal ? Est-ce juste ? Jihad est avocat à la cour, les tribunaux sont fermés. Les dossiers s’entassent. Achever une affaire, un dossier, est impossible… Est-ce normal ? Est-ce juste ? »
L’engagement de la Communauté pour les réfugiés
Malgré la situation tragique et douloureuse que nous traversons, nous poursuivons notre engagement dans la mesure du possible. Ainsi, le service Esperanza de la Communauté soutient certains centres qui accueillent des déplacés. Nous apportons des vêtements que nous recevons, de la nourriture, des produits d’hygiène ou de première nécessité. Nous sommes actuellement en lien avec la Croix-Rouge, avec les Frères capucins qui accueillent des familles dans deux centres. Nous allons certainement aider par la suite 35 familles chrétiennes accueillies par le patriarcat grec-catholique, soit 110 personnes dont 40 enfants, qui n’ont plus rien…
La fraternité comme ressource
Nous poursuivons, en outre, les rencontres fraternelles hebdomadaires, moments précieux de partage revivifiant qui renforcent notre fraternité. Les groupes de prière sont maintenus chaque mardi. Par la prière, à travers les frères et par le Christ qui nous unit, nous goûtons à la véritable paix du Seigneur. Nous savons que même au sein de l’obscurité, brille l’étoile de l’Espérance parce que le Christ agit au cœur de l’impossible.
« Même quand je marche dans une vallée d’ombre mortelle, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent. » Psaume 23.
Par Paula Costa, soeur consacrée de la Communauté
En janvier dernier a eu lieu notre festival des 14-18 ans, le Summer Camp 2026.
Près d’une centaine de jeunes, venus de Divinópolis et de Belo Horizonte, se sont rassemblés pour vivre cinq jours de vacances avec Dieu, avec les autres et avec eux-mêmes. Au programme : enseignements, louange, partage, réconciliation, grands jeux, fraternité et beaucoup de joie.
Le thème de cette année était celui de la sainteté. À la lumière de la béatification de Carlo Acutis, nous avons voulu montrer aux jeunes que la sainteté est possible aujourd’hui. À travers la vie de Carlo Acutis, Guido Schäffer, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Chiara Luce Badano et Giorgio Frassati, ils ont découvert qu’une jeunesse donnée à Dieu est une aventure concrète et joyeuse.
Ce Summer Camp a été marqué par une forte dimension œcuménique. Pour la deuxième fois, nous avons accueilli six missionnaires de la Bethel Church. Dans un pays aussi polarisé que le Brésil, cette expérience d’unité a été une véritable grâce. Nous avons prié, adoré, joué, mangé et partagé ensemble, vivant concrètement cet appel cher à notre communauté : « Faisons ensemble tout ce que nous pouvons faire ensemble. »
Dans le même mouvement, nous avons pu inculturer davantage notre manière de vivre la foi au Brésil, où de nombreux jeunes aspirent aussi à une spiritualité plus traditionnelle et mariale. Ainsi, tout en vivant de beaux moments œcuméniques, nous avons proposé la prière du chapelet vécue tous ensemble, y compris avec nos frères et sœurs de la Bethel Church.
Une fois de plus, il est apparu clairement que Marie n’est pas la cause de nos divisions, mais bien souvent leur victime : elle est la Mère qui souffre de voir ses enfants séparés.
Ce Summer Camp restera comme un temps fort d’unité, de foi et de joie pour toute la communauté.




Inauguration de la maison des grands jeunes à Kinshasa
L’année 2025 fut une grande année pour la mission de Ndako ya Biso à Kinshasa. En effet, après les 20 ans de la mission en mai 2025, la communauté du Chemin Neuf a inauguré un nouveau bâtiment le 29 novembre dernier.
Les 20 ans de la mission auprès des enfants des rues :
La mission auprès des enfants de rues repose sur l’accueil au sein de 2 centres jusqu’à 15 ans :
Le centre des garçons est semi ouvert. Les petits et les malades dorment sur place, les autres repartent dans la rue le soir. Beaucoup n’ont pas envie de dormir au centre car ils aiment bien gagner de l’argent dehors. Ils viennent la journée au centre. L’objectif est de les réinsérer dans leurs familles.
Le centre des filles est un centre fermé. Les filles dorment sur place. Elles ne sont pas scolarisées. L’objectif est également de retrouver leur famille, de les réunifier avec elle, et de les scolariser depuis leur famille.



La mission pour les grands jeunes
En 2012 a débuté une mission à destination des grands jeunes (18 à 25 ans). À cette époque, les plus jeunes sont souvent sous la coupe des grands, ce qui rend leur accompagnement plus complexe. L’équipe décide alors de commencer un travail spécifique avec ces aînés, notamment à travers des groupes de prière, afin d’avancer avec eux.
Cette réflexion aboutit en 2014 à la création d’un centre dédié aux jeunes de 18 à 25 ans, avec un objectif clair : l’autonomisation. 5 outils sont mis à disposition pour l’atteindre :
- Une aide psychologique pour des jeunes marqués par des parcours de vie chaotiques.
- Un travail sur l’identité d’homme ou de femme, particulièrement important pour les jeunes femmes, qui viennent beaucoup de situations de prostitution. Un travail de prévention est mené auprès d’elles.
- Alphabétisation complète sur 6 mois.
- Une formation professionnelle : l’équipe voit avec chacun quel métier il pourrait faire en fonction du quartier où il habite, de ses compétences, de ses goûts et envies. Des visites guidées sont organisées dans des ateliers pour permettre aux jeunes de découvrir différents métiers A la fin de la formation professionnelle, le centre leur offre un kit, une sorte de trousse à outils (ex : machine à coudre si ils ont fait couture, outils de maçonnerie, d’électricité).
- Insertion professionnelle afin de trouver un lieu où ils pourront commencer leur activité.



Un nouveau bâtiment pour les grands jeunes :
Pendant plusieurs années, malgré l’importance de cette mission, les grands jeunes ne disposaient pas d’un espace qui leur soit propre. Ils étaient accueillis dans un petit bâtiment situé sur la parcelle du centre des filles, ce qui n’était pas l’idéal.
Lorsqu’une parcelle voisine est mise en vente, un temps de discernement s’ouvre : faut-il construire un nouveau bâtiment ? Finalement, la Communauté s’engage sur la construction d’un nouveau bâtiment, puis des financements sont trouvés, principalement grâce à des donateurs privés, d’abord pour l’achat du terrain, puis pour la construction.
Après une année de travaux, entièrement réalisés par les jeunes filles et garçons en formation professionnelle (maçonnerie, soudure, électricité, menuiserie…), le nouveau bâtiment voit le jour. Il est inauguré fin novembre 2025, en présence de quatre ambassadeurs représentant la Belgique, la France, l’Allemagne et l’Ordre de Malte.
Ce nouveau centre s’inscrit dans la continuité d’une activité qui existait déjà auprès des grands jeunes, mais c’est un lieu pour eux, plus grand, au sein d’une parcelle qui leur est réservée, avec leur propre entrée. Les équipes peuvent compter sur une grande salle d’alphabétisation qui est bien équipée.




Alors que se tient la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, le 18 janvier 2026, la communauté monastique d’Einsiedeln en Suisse a invité pour la quatrième fois à des vêpres œcuméniques. Près de vingt communautés de différentes traditions confessionnelles se sont rassemblées pour prier ensemble.
Dans leur conférence, la pasteure Sabine Brändlin et le pasteur Ruedi Beck de l’Institut Reuss de Lucerne ont montré comment la prière peut contribuer au renouvellement de l’Église. Ils ont souligné que c’est Dieu qui renouvelle l’Église, lorsqu’on l’écoute dans le silence et qu’on se laisse interpeller par sa révélation.
Plus de cent personnes se sont réunies sous la coupole de Noël de l’église abbatiale pour la prière commune. Dans différents styles – du chant grégorien aux chants de Taizé et au worship – Dieu a été loué. Dans son allocution, l’abbé Urban a souligné la valeur de l’inspiration mutuelle des confessions et a insisté sur le fait que l’unité des chrétiens contribue à la paix dont le monde a aujourd’hui un besoin urgent.
Une petite délégation de 6 personnes de la Communauté du Chemin Neuf était présente. Notre frère Francis Schubiger a participé aux prières universelles pour la paix dans le monde et l’unité entre les Églises. Notre responsable nationale Anny Lang avait été invitée par l’abbé des Bénédictins à se tenir à ses côtés pendant les vêpres et a alors prié la prière pour l’unité des chrétiens du Chemin Neuf.
La rencontre s’est terminée par un petit apéritif et d’agréables échanges.



Le nouveau livre, « Père, qu’ils soit un … », du Groupe des Dombes est paru le 2 janvier 2026. Certains membres ont commenté de manière personnelle ce que signifiait la prière pour l’unité selon l’abbé Couturier. Anne-Cathy Graber, sœur de la communauté, s’est prêtée à l’exercice.

« Seigneur Jésus, Toi qui as prié pour que tous soient un, nous te prions pour l’unité des chrétiens » : prier pour l’unité, c’est entrer dans la prière d’un Autre qui me précède. Autrement dit, même si je ne sais pas, ou plus, prier pour l’unité (par oubli, découragement ou indifférence), un Autre veille,… et prie. Quoi qu’il arrive, avec cette prière de Jean 17, « quelque chose » est donné : Christ ne se résout pas à la division, voire à la dislocation de sa communauté.
Il s’agit donc d’une prière qui n’a rien d’une douce mélodie pour demander une unité confortable. Non… Elle fait entrer en résistance contre tous les découragements, les « à quoi bon ? » face à un Corps du Christ qui, parfois, ne donne plus à voir qu’il est un seul corps, celui du Saint de Dieu.
« […] l’unité des chrétiens, telle que tu la veux par les moyens que tu veux » : prier pour l’unité des chrétiens fait la place belle à l’imagination de Dieu ! Car l’enjeu est d’accepter d’entrer dans une autre logique, une autre manière de penser et de faire que la mienne. Cette prière me protège de l’auto-centrement puisqu’elle provoque un retournement de mes pensées, de ma logique, de mon sens de la diplomatie ecclésiale… Elle me fait alors entrer dans la liberté créatrice de Dieu !
« Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation, de voir notre péché… » : longtemps je n’ai pas compris cette demande, n’y discernant parfois que le risque d’un masochisme chrétien. Aujourd’hui j’y vois l’antidote de l’« âme habituée » dont parle si bien Charles Péguy. En effet, avec les années, il est possible que je me sois habituée à une forme de « coexistence pacifique dans la division ». J’ai pu finir par me contenter d’une situation de statu quo… tout à fait poli bien sûr ! Cette demande « de voir notre péché » vient alors me déloger de toute autojustification : nous avons tous péché contre l’unité du Corps du Christ. Je comprends alors qu’il est bien possible que j’aie participé moi-même au « scandale », celui de la division.

« … et d’espérer au-delà de toute espérance… » : demander cette espérance qui va « au-delà » me rappelle que la demande d’être « uns » n’est pas en vue d’être plus forts ou plus « conformes » à un projet ecclésial. L’enjeu est cet « au-delà » de nous, d’un « entre-soi ecclésial » : espérer pour celles et ceux qui ne le peuvent plus ; espérer « au-delà » signifie résister contre les forces de mort et de dislocation qui menacent l’humanité et la création.
« Amen ! »
L’année 2025 est l’année de la commémoration des 500 ans de l’anabaptisme non-violent dont est issue l’Église mennonite. « Le courage d’aimer » a été le thème retenu pour faire mémoire de cette période de l’histoire de la Réforme du XVIe siècle. Le 29 mai dernier, une célébration œcuménique a eu lieu à Zurich (Suisse) au cours de laquelle plusieurs gestes concrets ont signifié la réconciliation déjà advenue, ou encore espérée, entre nos Églises : une onction d’huile entre la responsable de la Fédération Luthérienne Mondiale et un mennonite, un lavement des pieds entre le responsable international des Réformés et celui des mennonites, un message du pape Léon XIV lu par le Cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens au Vatican :


Cette célébration a été l’occasion de recevoir liturgiquement les dialogues œcuméniques entre plusieurs Églises et les mennonites, dialogues dans lesquels notre sœur Anne-Cathy Graber (ccn), pasteure et théologienne mennonite, est engagée.


L’écologie intégrale à HDS, de quoi parle-t-on ?
Benoît Halgand, HDS 2020-21
Lorsque l’on se rend sur le site d’Hautecombe Discipleship School pour se renseigner un peu plus sur cette formation qu’ont choisi de vivre une quarantaine de jeunes, on voit que celle-ci s’articule autour de 4 piliers :
Bible et théologie – avec une douzaine d’heures de cours hebdomadaires, c’est un pilier évident
Prière et discernement – nos trois heures de prière quotidienne sont au centre de la formation
Vie communautaire – entre temps de Frat’ et temps tous ensemble, la fraternité est bien présente dans notre temps ici
Et alors, quel est le 4e pilier ? Vous l’avez peut-être deviné en lisant le titre de cet article : il s’agit de l’écologie intégrale. Pourtant, c’est loin d’être évident pour les jeunes qui vivent la formation : beaucoup ont été surpris quand on leur a rappelé ou appris qu’il s’agissait du 4e pilier d’HDS.
Alors concrètement, pourquoi accorder une telle place à l’écologie intégrale ?
N’est-ce pas un peu fatigant d’entendre toujours parler de climat ? Est-ce qu’on n’a pas mieux à faire pendant ces quelques mois consacrés au Seigneur que de parler d’environnement ? Et puis, en habitant dans une abbaye, est-ce qu’on ne vit pas déjà une écologie intégrale ?
Indéniablement, habiter Hautecombe est un atout pour nous aider à vivre l’écologie intégrale. Tout d’abord grâce à la beauté de ce lieu : il est rare qu’on ne commence nos prières sans qu’une personne ne loue pour la Création de Dieu, visible dans toute sa splendeur autour de l’abbaye. Prendre le temps de contempler, de s’arrêter, d’observer le vivant qui nous entoure, est certainement une des étapes essentielles à la conversion écologique à laquelle nous sommes tous appelés. Il s’agit ainsi de sortir de la rapidacion dont parle le Pape (LS 18), cette accélération constante vécue par notre humanité et notre environnement.
A Hautecombe, nous avons le temps de redécouvrir les trois relations essentielles à chaque être humain, telles qu’elles apparaissent dans la Genèse : notre relation à Dieu, notre relation au prochain et notre relation à l’ensemble de la Création. Grâce aux temps de prière, aux temps de fraternité et aux temps dans la nature (service, sport, balade…), nous pouvons grandir dans chacune de ces relations. La création d’un potager en permaculture, inauguré il y a deux ans, nous offre particulièrement l’occasion de nous reconnecter au vivant, par le travail de la terre.
Mais au-delà de ce rythme de vie sain et équilibré que nous vivons à l’abbaye , nous pouvons aussi profiter de ce temps à l’écart pour prendre davantage conscience du mal que nous causons à la Création, afin de mieux entendre cette « clameur de la terre » dont nous parle le pape François.
En faisant le choix de vivre quelques mois ou une année ici, nous avons tous fait un pas de côté qui nous permet de contempler le monde dans lequel nous vivons, à la lumière de l’Evangile. Plusieurs temps seront proposés pendant le semestre pour nous aider à prendre davantage conscience de cette crise écologique. Comme le rappelle le pape, l’objectif n’est pas de satisfaire une curiosité intellectuelle, « mais de prendre une douloureuse conscience, d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter. » (LS 19).
Et cette contribution peut se concrétiser dès aujourd’hui, dans notre quotidien à l’abbaye. Notre alimentation, la gestion de nos déchets, notre manière de nous chauffer ou de nous déplacer… autant de sujets sur lesquels nous pouvons décider ensemble de suivre une voie plus sobre, plus responsable, et donc plus cohérente avec ce que nous avons choisi de vivre en venant à HDS.
C’est une véritable conversion écologique à laquelle nous sommes appelés, pour venir chambouler nos habitudes et incarner dans le concret de notre vie une nouvelle manière de penser notre rapport au vivant.
Une grande diversité est représentée ici à Hautecombe, en termes de confession, de culture, de sexe, d’âge et de parcours de vie ; pourtant, il y a bien deux choses qui nous rassemblent tous : notre désir de suivre le Christ et notre appartenance à une humanité partageant la même Terre.
L’écologie intégrale est le moyen qui nous est proposé pour faire le lien entre ces deux vérités-là.
Dans nos vies il y a plusieurs fois des avant/après.
Cela peut arriver par surprise ou alors c’est une aventure que l’on peut choisir.
Des jeunes qui ont choisi de venir à Hautecombe Discipleship School pour une formation chrétienne témoignent de ce qui les a appelé à prendre une année pour écouter le Seigneur et découvrir l’appel qui résonne au fond de leur coeur.
Last year
Baptiste (France)
L’année dernière j’étais en Thaïlande parce que j’étais en année de volontariat avec Enfants du Mékong, et j’étais en confinement à Bangkok
Emma (France)
L’année dernière je faisais des études d’histoire à Paris et j’étais Jeune du Chemin Neuf
Anne (Pays-Bas)
L’année dernière j’étudiais la psychologie de l’enfant et de l’éducation, j’ai terminé mes études pour être institutrice en école primaire
Laëtitia (France)
L’année dernière j’étais en Erasmus à Rome, je faisais ma 3e année d’études de médecine et c’est là bas que j’ai rencontré la communauté.
This year
Andrea (Italie)
La motivation qui m’a poussé à venir à Hautecombe était de trouver un temps et un lieu pour vraiment écouter ce que Dieu veut de ma vie.
Et aussi apprendre à être plus en relation avec les autres, à sortir de moi-même, à apprendre à être vraiment un frère, à vraiment apprendre à aimer avec ce style que Jésus nous enseigne dans l’Évangile.
Baptiste (France)
J’allais faire HDS, à la fois parce que j’ai pris un an pour me donner aux autres et que je sentais que j’avais besoin de prendre un an pour prendre du temps avec le Seigneur, l’écouter, mieux le connaître.
Mylène (France)
Avoir des bases intellectuelle sur la Bible : quand est ce qu’elle a été écrite, qui sont les auteurs, pourquoi elle a autant de force et de puissance dans notre vie. Et donc j’ai décidé de faire la formation.
Emma (France)
J’ai choisi de prendre une année de césure à HDS pour apprendre à me laisser aimer par le Seigneur et à mieux l’aimer
Next year
Anne (Pays Bas)
Si tu veux approfondir ta relation avec Dieu, si tu veux mieux apprendre comment Il te parle… Et tout ça dans une très belle communauté, alors je pense que HDS est une année idéale pour pour ça.
Mylène
Je peux te dire que tu vas grandir spirituellement, intérieurement tu vas apprendre à mieux te connaître, et à connaître Dieu, ce Dieu vraiment d’amour qui veut cette relation avec toi.
Laëtitia
Et si toi tu te poses la question pour l’année prochaine, bon, n’hésite pas trop parce que c’est une année, vraiment c’est un cadeau que tu te fais. C’est un cadeau parce que tu rencontres le Seigneur, parce que tu es porté par la vie fraternelle.
Patrick (Liban)
Pour tous ceux qui se posent la question de prendre une année de césure, honnêtement, de tout mon coeur je te dis de faire ce pas avec courage, avec toutes ces difficultés. Parce que, au final tu ne perds pas de temps, mais tu donnes un an de ta vie à Dieu et Dieu ne gaspille rie – au contraire, il te donne plus et plus. En tout cas, tu viens dans un lieu assez beau, est-ce que c’est possible de dire non ?
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Père Vincent Breynaert : https://hds.chemin-neuf.org/video-annee-pour-dieu-2/
Année sabbatique tournée vers Dieu : laquelle choisir ? : https://fr.aleteia.org/2017/06/21/une-annee-sabbatique-tournee-vers-dieu/