
« Sur ta parole, je vais jeter les filets »
Chers frères et sœurs, chers amis,
Durant des années, nous nous sommes reconnus dans ces paroles de Luc 5, 5-7 :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
Le 11 octobre 2025, jour de l’inauguration solennelle du LUMEUM, cette Parole a pris chair sous nos yeux. Ce que nous avons vécu depuis l’ouverture, dépasse tout ce que nous aurions pu imaginer. Mgr Bonnemain pour l’Église catholique, le pasteur Michaël Candrian pour l’Église réformée d’Obwald et le pasteur Andy Owen de l’Église évangélique pentecôtiste de Lucerne étaient présents pour bénir ce lieu. Un signe œcuménique magnifique, à l’image du message de paix de Nicolas et Dorothée.
Les autorités civiles étaient représentées par Monsieur Hubert Schumacher, député auprès du gouvernement fédéral de Suisse. Monsieur Christian Schäli, président du département de la culture et de l’éducation du canton d’Obwald a déclaré dans son discours : « Nous sommes fiers d’accueillir « Nicolas et Dorothée Alive » et le Lumeum dans notre canton. Frère Nicolas et Dorothée dont le rayonnement demeure exceptionnel, incarnent encore aujourd’hui des valeurs fondamentales orientées vers la paix. » Il a souligné que les pensées, les images et la force intérieure de Nicolas, conseiller et artisan de paix continuent d’exercer une influence profonde bien au-delà des frontières de la Suisse.
Une vision née dans le silence
Paradoxalement, c’est le Covid qui nous a offert ce cadeau inattendu : lorsque toute l’activité du monastère s’est arrêtée, un espace de prière s’est ouvert. Dans ce désert forcé, le Seigneur a déposé une vision. Mon épouse Anny et moi-même avons initié ce projet encouragé par nos responsables de la communauté. Ils ont rapidement donné leur feu vert par ces mots simples et pleins de confiance : « Allez-y, foncez ! » Cette réponse audacieuse nous a permis de transformer un rêve en projet concret.


Un projet fou devenu réalité
Transformer l’ancienne piscine du monastère de Bethanien en un espace immersif à 360° racontant la vie de Nicolas de Flüe et de Dorothée Wyss : qui aurait pu croire qu’un tel projet verrait le jour ? Cinq années de travail ardu, 2’160’000 €uros investis grâce au soutien de tant de mains tendues – collectivités, fondations, paroisses, entrepreneurs et donateurs particuliers. Trouver les fonds fut un chemin difficile, laborieux, mais aussi rempli de moments de grande joie et d’émerveillement devant l’action de la providence. « N’ayez pas peur » fut la parole méditée au quotidien. Le Seigneur a agi. Au début, les sœurs et frères de la maison ont accueilli le projet avec prudence et questionnements légitimes. Mais en constatant le sérieux de la démarche et les signes concrets de l’action du Seigneur, ils se sont progressivement ralliés au projet.
Durant ces années, une soixantaine de bénévoles ont donné temps et énergie. Les sessions Ora et Labora, les travaux lors d’exercices de Saint Ignace, les jeunes du service civique, des membres de nos familles et l’engagement de frères et sœurs de la communion ont pris une grande part dans les travaux de rénovations. Ensemble, nous avons prié, de concert avec les sœurs Dominicaines de Béthanie pour que nous sachions entendre ce que le Seigneur veut pour ce lieu.
Le fruit est là : 325 m² de projection, 100 peintures originales de l’artiste peintre Olivier Desvaux animées avec virtuosité par Abeille Brissaud, des compositions musicales de Joel von Moos, Nadja Räss, les Geschwistern Küng, Lauren Daigle et Marina Poydenot – membre de notre communauté. Un voyage où l’histoire devient tangible, où la spiritualité se fait expérience sensorielle qui interpelle.


La pêche miraculeuse : plus de 2500 visiteurs
Et voici que depuis l’ouverture, plus de 2500 personnes ont franchi les portes de Bethanien et de Lumeum. Des familles, des classes scolaires, des groupes de pèlerins, des curieux de 7 à 77 ans et au-delà. Ils viennent découvrir ce nouveau fleuron culturel et spirituel de Suisse centrale, cette expérience unique en son genre.
« Que le nom de Jésus soit votre salut ! » – la salutation habituelle de Nicolas de Flüe résonne aujourd’hui dans le cœur de milliers de visiteurs. Ils repartent touchés par ce couple du 15ème siècle qui parle si fort à notre époque : responsabilité, famille, bouleversements sociétaux, paix, consentement au quotidien, joie du don, force puisée dans la prière.
Les filets se remplissent. Et comme les disciples, nous découvrons que la barque ne peut plus contenir seule toute cette abondance.



Bethanien se transforme : une nouvelle mission prend forme
Cette affluence inattendue transforme sous nos yeux la mission même du monastère de Bethanien. Ce n’est plus seulement un lieu de retraites spirituelles pour quelques-uns, mais un carrefour vivant où se croisent des centaines de chercheurs de sens et de paix.
Le foyer d’accueil où l’on achète les billets est devenu spontanément un espace de rencontre. Une littérature sur les témoins de la paix universelle y est proposée. Les visiteurs s’arrêtent, feuillètent, questionnent. Des conversations naissent. Notre site www.lumeum.ch rayonne maintenant en allemand, français, anglais, et bientôt italien. Le message traverse les frontières linguistiques.
L’espace de restauration connaît une croissance qu’il nous faut accompagner. Mais plus qu’une question d’intendance, c’est une opportunité : ce lieu devient le point de rencontre naturel où les visiteurs découvrent nos propositions de retraites pour couples, familles, individuels – toute la richesse des activités de la Communauté du Chemin Neuf.
Frères et sœurs, contemplez ce que le Seigneur fait ! Il ne nous donne pas une simple croissance numérique, mais un terreau fertile pour une vie communautaire fraternelle, évangélisatrice et épanouissante. Ce que nous vivons à Bethanien n’est pas qu’un succès culturel. C’est une porte ouverte sur une nouvelle forme de mission : accueillir, émerveiller, accompagner des milliers de personnes qui, touchées par la beauté et la profondeur de l’expérience LUMEUM, peuvent ensuite découvrir le Christ vivant dans nos communautés.
Nous croyons avec force que c’est le désir du Seigneur, non seulement pour nous, mais pour la Suisse tout entière et bien au-delà des frontières.
Rendre grâce et accueillir l’inattendu
La moisson est abondante. Les barques sont pleines à enfoncer. Et comme les disciples de Luc 5, nous sommes appelés à faire signe aux « compagnons de l’autre barque » pour accueillir ensemble cette surabondance.
Rendons grâce pour ce miracle qui se déploie sous nos yeux. Et demandons au Seigneur la grâce d’accueillir avec sagesse, joie et disponibilité cette nouvelle étape de la mission qu’Il nous confie à Bethanien.
Pour le BethanienTeam
Silvère Lang
Informations pratiques
LUMEUM – Monastère de Bethanien.
Mercredi à dimanche, 13h00 – 17h00 (dernière entrée 17h00)
Groupes sur rendez-vous
www.lumeum.ch

Rūta et Kaspars Poikāni sont un couple artiste de la Communauté. Originaires de Lettonie, ils travaillent la mosaïque, la peinture et la sculpture. Ils ont créé l’atelier Saint-Luc et réalisent des œuvres dans des églises, chapelles, ainsi que des œuvres plus petites. L’un de leurs projets actuels est celui de la chapelle de la maison de la Communauté à Liepāja, en Lettonie. Ils organisent chaque année un stage d’icônes, ouvert à tous. Nous revenons avec eux sur ces deux projets qu’ils portent ensemble.

Où en est le projet d’œuvre mosaïque de la chapelle de la maison communautaire à Liepāja, en Lettonie ?
C’est à Liepāja, dans une ville au bord de la mer Baltique en Lettonie, dans un ancien quartier militaire russe, que se trouve la maison de la Communauté du Chemin Neuf. C’est une bâtisse de l’époque des tsars russes, qui a été transformée en maison de retraites spirituelles. À partir des ruines d’un vieil entrepôt, une nouvelle chapelle fut créée. C’est symbolique dans notre monde incertain et, vu le contexte politique actuel, c’est un signe que la force spirituelle domine la force brutale et dégradante.
L’intérieur de la chapelle est blanc, lumineux et épuré. L’autel et l’ambon sont en travertin clair, quelques icônes ornent la chapelle et sur le mur derrière l’autel une grande mosaïque murale a été créée. Tout est fait pour que l’art et le beau règnent et puisse toucher et consoler les âmes.
La mosaïque représente la Jérusalem Céleste, selon l’Apocalypse. Les grands personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les saints importants pour notre Communauté louent le Seigneur. La figure du Christ et au centre, et de son trône coule le fleuve, celui qui apporte la vie partout (selon le livre d’Ézéchiel, chapitre 47). Dans le livre que Jésus tient à la main, il y a cette parole « je fais toute chose nouvelle ».
Nous avons déjà réalisé 15 personnages de l’Ancien Testament et la figure du Christ au centre. Maintenant nous travaillons sur le fleuve, qui apporte la vie. Pour continuer le travail, nous avons besoin les dons. Vous pouvez soutenir ce projet exceptionnel par votre participation.
Vous pouvez nous soutenir avec votre don, en précisant sa destination : https://dons.chemin-neuf.fr/page-mosaique/







Quel est le stage d’icônes que vous animez ?
Dans l’abbaye des Dombes depuis 2002, il y a atelier de Saint Luc, où nous créons les icônes , les mosaïques et les fresques. Nous avons nommé notre atelier au nom de Saint Luc, évangéliste, qui, selon la tradition est le premier peintre des icônes et donc aussi saint-patron des peintres d’icônes. Nous avons la chance être les auteurs de beaucoup d’œuvres.
Nous avons la joie aussi partager notre expérience et notre passion, en donnant les stages depuis 20 ans déjà. Pendant une semaine vous pouvez découvrir cet art particulier et passionnant, qui est profondément habité par la présence du Seigneur. Dans cadre verdoyant et apaisant, en présence de liturgie communautaire, qui rythme les journées, nous pouvons apprendre à nous plonger dans cet art, qui est aussi une prière avec le pinceau à la main. Nous apprenons la technique de tempéra, les dessins selon les principes d’iconographie, comment on utilise les matériaux naturels ( pigments, la tempéra a l’œuf, etc..) Nous étudions aussi la spiritualité, la symbolique, la langage des icônes. Pendant la semaine nous prions devant les icônes. Nous sommes tous profondément touchés à quel point les icônes parlent à nos cœurs, un peu comme l’Écriture. Les orthodoxes disent, que les icônes sont la Bible en couleurs, et c’est bien ça que nous expérimentons.
Tous ceux qui veulent découvrir la peinture des icônes, soyez les bienvenus. Aucune formation préalable est nécessaire, les stages sont adressés à tous. Vous pouvez découvrir les stages de mosaïque (byzantine ou romaine) aussi.
Prochaines dates des stages à l’abbaye Notre-Dame-des-Dombes :
- 16 – 20 mars 2026
- 8 – 12 juin 2026
Inscription pour les stages icônes sur ce site : https://dombes.chemin-neuf.fr/se-former/stage-icones/
Découvrir le site internet de l’atelier Saint-Luc : https://ateliersaintluc.fr/fr/icones-mosaiques-fresques/






Les 4 cycles de formation animés par la Communauté du Chemin Neuf ont débuté au cours du mois de septembre aux quatre coins du monde :
- A la Chartreuse de Saragosse en Espagne ce sont 47 participants, originaires de 13 pays, en majorité des familles qui prennent part à Aula Dei Experiment. Ils ont débuté la formation par une semaine sur la Genèse.
- Au Centre International de Tibériade en Côte d’Ivoire, pas moins de 20 participants de 8 nationalités différentes commencent le cycle de formation.
- A l’abbaye d’Hautecombe, en France, 42 jeunes issus de 13 pays sont aussi réunis et vivent cette année au travers des 5 piliers : la formation, la prière, la vie communautaire, la mission et l’écologie intégrale.
- Enfin, pour la troisième année, The Community at the Crossing rassemble 13 jeunes à New York dans la cathédrale épiscopalienne, pour une année de formation. Ces 13 jeunes sont issus de 3 pays et de 6 églises différentes (épiscopalienne, presbytérienne, catholique-romaine, évangélique-luthérienne, protestantes et non confessionnelles).
Retrouvez quelques photos des rentrées et des témoignages :
Témoignages :

Jean-Baptiste David, France, en formation au Centre International de Tibériade :
Me former avec le Chemin Neuf a été la conséquence d’une décision, celle de faire le parcours JET, qui inclut la formation avant de partir en mission à l’étranger, pour une expérience de volontariat international. Évidemment, ce choix était mûrement réfléchi, mais demandait de franchir un pas et d’accepter l’inconnu. J’ai donc reçu puis accepté la proposition de suivre l’École de disciples de Tibériade 1 en Côte d’Ivoire.
Je me retrouvais ainsi entouré de treize jeunes, et deux couples, aux origines culturelles très diverses. L’aspect le plus marquant de cette formation pour moi a sans aucun doute été la fraternité. Qui est mon frère, qui est ma sœur ? Celui ou celle que je choisis ? Ou celui ou celle qui m’est donné ? Une semaine y était dédiée, au milieu de la formation. Ainsi, une fille m’a avoué: « Je te trouve froid avec moi, j’ai l’impression que tu n’aimes pas ma tête ». Le moment était fort, intense, et la remise en question réelle. Je n’avais rien contre cette fille, pourtant, je pensais être cordial avec elle. Mais mon comportement n’était selon elle pas en accord avec ce que je pensais. La notion de fraternité a ainsi pris encore plus de sens. Etre chrétien, c’est aimer son prochain. Pas juste l’accepter, mais l’aimer.

Marie Epiphanie Kagamé, Côte d’Ivoire, en formation au Centre International de Tibériade :
Mon cheminement avec la communauté est relativement récent, et le parcours à Tibériade m’a été proposé à la fin de la retraite Jéricho. Ce parcours a été pour moi un élan vers Jésus et la découverte d’un univers qui m’était inconnu, à savoir notamment : la prière ignatienne, la lecture de la bible, la compréhension de la messe, l’adoration eucharistique, la vie communautaire (fraternité)… Je retiens particulièrement deux temps forts. Tout d’abord la semaine de la « vie dans l’Esprit », qui m’a permis de découvrir la personne du Saint-Esprit et de l’inviter dans ma vie. La retraite des exercices spirituels a également été un moment déterminant, au cours duquel j’ai pu pardonner à des personnes qui m’avaient blessée, mais aussi confesser mes péchés et y renoncer. Pour laisser tout cela s’affermir et rester à l’écoute du Seigneur, j’ai choisi de faire la deuxième année du parcours, ce qui n’était pas prévu. Que le Seigneur qui est riche en surprises continue son œuvre !

Nikolett Váradi, Hongrie, en formation à Hautecombe Discipleship School (HDS) :
Avant la formation HDS, je travaillais comme institutrice de maternelle à Budapest. J’ai quitté mon travail. Ma famille ne comprenait pas vraiment pourquoi j’allais dans un autre pays, apprendre une autre langue et vivre dans une abbaye pendant un an.
La devise de l’Ecole de disciples, à Hautecombe est : « Devenez disciple, façonnez le monde ». Les cinq piliers de la formation (la prière, la formation, la vie communautaire, l’écologie intégrale et la mission) forment une unité qui nous aide à suivre Jésus dans la vie de tous les jours.
Le moment le plus important de la formation a été la retraite ignatienne. Durant la formation, j’ai senti que Dieu travaillait beaucoup en moi par rapport à mon enfance. Au cours de la retraite, j’ai vécu une réconciliation importante qui m’a montré le pouvoir de guérison de Dieu. J’ai compris que je peux offrir à Dieu non seulement mes talents, mais aussi ce qui est difficile ou qui a besoin de guérison.
La semaine de rentrée à HDS (Hautecombe, France)




La semaine de rentrée à Aula Dei Experiment (Saragosse, Espagne)




La semaine de rentrée à Community at the Crossing (New York)

Le semaine de rentrée à l’Ecole de Disciple de Tibériade (Côte d’Ivoire)




« Pour moi, il n’y a d’autre gloire que celle de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » Gal 6, 14
C’est avec ce verset de la lettre aux Galates que le pape Léon XIV a introduit son homélie lors de la Commémoration des Martyrs et des témoins de la foi du XXIe siècle, le 14 septembre 2025, jour de l’Exaltation de la Sainte Croix. Ces témoins/martyrs manifestent que l’amour du prochain et de la justice, au nom de l’Evangile, « est plus fort que la mort ». En cela, ils sont témoins de l’espérance qui va au-delà de toute espérance : une telle célébration s’inscrit donc logiquement dans le Jubilé de l’espérance. Or, lors de cette commémoration, le pape était entouré de vingt-quatre responsables d’Eglises. Pourquoi un tel choix ?
Ce signe œcuménique indique que les nouveaux martyrs dont il est fait mémoire (environ 1700) appartiennent à diverses Eglises, comme l’a souligné le dernier synode sur la synodalité : « Dans quelques régions du monde, il existe surtout un œcuménisme du sang : des chrétiens de différentes appartenances donnent ensemble leur vie pour la foi en Jésus-Christ. Le témoignage de leur martyre est plus éloquent que toute parole : l’unité vient de la Croix du Seigneur. » (Pour une Eglise synodale, §23). Conscient de ce fait, le pape François a nommé il y a quelques années une commission chargée d’établir la liste des personnes qui ont témoigné de leur foi jusqu’à la mort, quelle que soit leur appartenance ecclésiale. Le pape Léon XIV a confirmé cette tâche confiée à la « Commission pour les nouveaux martyrs » (du dicastère pour la cause des Saints), en collaboration avec le dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens.
Autour du pape, représentants et responsables orthodoxes (Patriarcat de Moscou, Eglise apostolique arménienne, Eglise copte d’Egypte, Eglise orthodoxe roumaine,…), protestants (luthéro-réformé, mennonite, méthodiste, baptiste,…), anglicans, étaient donc ensemble pour écouter la voix de ces martyrs car « leur témoignage demeure comme une prophétie de la victoire du bien sur le mal » a souligné Léon XIV.
La communauté s’engage
Chaque année, du 1er septembre au 4 octobre, les chrétiens du monde entier sont invités à célébrer le Temps pour la Création. Ce temps privilégié nous encourage à réfléchir à notre relation avec la nature et à agir concrètement pour la protéger.
Inspiré par la figure de saint François d’Assise, patron de l’écologie, le Temps pour la Création nous rappelle que la Terre est un don précieux que nous avons la responsabilité de garder et de cultiver. C’est aussi l’occasion de méditer sur l’interconnexion entre écologie, justice sociale et spiritualité, comme le souligne l’encyclique Laudato si’ du pape François qui fête cette année ses 10 ans.
Durant ce mois, chacun peut s’engager à son échelle envers la sauvegarde de la création. Chaque geste compte et nous rapproche d’une écologie intégrale, respectueuse de la vie sous toutes ses formes.
Depuis plusieurs années, la Communauté du Chemin Neuf s’engage à être acteur dans ce processus. Plusieurs initiatives ont vu le jour au sein de nos maisons et fraternités à travers le monde. Portée par l’appel à une conversion écologique, la communauté cherche à vivre plus simplement, dans le respect de la nature, et à éveiller les consciences à la responsabilité commune envers la création. Cet engagement s’incarne à la fois dans des choix concrets du quotidien, dans des projets de formation et dans la vie spirituelle.
C’est ce qui se passe notamment à l’abbaye de Sclerder en Angleterre ou à l’abbaye Notre Dame des Dombes, ou encore à l’abbaye de Hautecombe, en France.
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À l’abbaye de Sclerder : écologie et vie communautaire
À l’abbaye de Sclerder, dans le sud-ouest de l’Angleterre (1km de la mer), l’écologie se vit au cœur de la vie communautaire, à travers le « Green Abbey Project ». Le projet s’articule autour de plusieurs dimensions, cherchant à approfondir son lien à la création, la permaculture (cultiver les légumes, entretenir le verger, développer des techniques durables), la vie communautaire (partager les repas, échanger et vivre ensemble dans un esprit fraternel) la prière et la formation à une agriculture durable. Pour la communauté il est important de s’investir localement dans la relation avec les habitants de la région, les paroisses locales, les projets d’agriculture, et la jeunesse, dans une région où le tissu local se distend de plus en plus.
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À l’abbaye des Dombes : foi et écologie au service de la création
À l’abbaye Notre-Dame des Dombes, la Communauté du Chemin Neuf unit spiritualité et écologie sur un vaste domaine de 200 hectares. L’agriculture y est durable et diversifiée : élevage de vaches laitières Montbéliardes, vergers en conversion biologique, gestion d’étangs, production de miel, fabrication de fromages et de confiseries artisanales.
L’abbaye a aussi investi dans les énergies renouvelables grâce à un système de chauffage à biomasse, réduisant ainsi sa consommation d’énergie et ses émissions de CO₂.
Par ailleurs, la communauté anime des programmes de formation et de sensibilisation, tels que la Mission Écologie intégrale, qui combinent vie communautaire, prière, réflexion théologique et pratiques écologiques. L’abbaye accueille également des visiteurs pour des séjours, des visites et des événements thématiques.
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À l’abbaye d’Hautecombe : patrimoine, foi et écologie
À l’abbaye d’Hautecombe, « Laudato Si » se vit concrètement au sein de l’un des cinq piliers de la formation Hautecombe Discipleship School (formation biblique et spirituelle de 3 mois à 1 an pour les jeunes de 18 à 35 ans). Par le travail de la terre – potager en permaculture, poulailler, parc – mais aussi à travers la formation spirituelle, Laudato Si’ occupe une place centrale tout au long de l’année.
Les jeunes vivent un véritable parcours de conversion écologique, enrichi par des conférences, des temps de prière, la contemplation de la Création, des projections de films, et plus encore. Plusieurs témoignages montrent comment cette conversion du cœur conduit à des engagements concrets dans leur vie quotidienne.
Entourée d’une nature préservée, l’abbaye contribue également à la protection de la biodiversité du lac du Bourget. Elle offre ainsi aux visiteurs un lieu où patrimoine, foi et création se rejoignent harmonieusement.
Plusieurs maisons de la Communauté sont aussi engagées dans une démarche de conversion écologique, accompagnées par le Label Église Verte : diagnostic, plan d’actions, mise en œuvre de transformations. C’est le cas par exemple au Centre Notre Dame du Roucas à Marseille.
Le P. Luciano, responsable de la mission Jeune International, nous partage sa relecture de l’été 2025.
“L’été 2025 a été plein de bénédictions pour la mission Chemin Neuf Jeunes International (18-30 ans) en Europe. À Hautecombe nous avons proposé aux jeunes deux Retraites des Exercices Spirituels, deux semaines de Festival Welcome to Paradise (WTP), un temps pour les Jeunes du Chemin Neuf d’Europe ainsi qu’une belle célébration des ordinations avec la présence du Cardinal Jean-Paul Vesco. Sans parler des semaines de préparation qui permettent aussi de vivre la grâce de la fraternité entre la prière et le service.
Deux nouveautés de cette
année : d’abord le travail de l’équipe d’animation en Anglais pour la deuxième semaine du Festival WTP avec la présence des jeunes d’autres pays (Pologne, Pays-Bas, Philippines et France) et aussi la « House of Prayer » avec la louange en continu. Des beaux témoignages de notre identité communautaire.
Les jeunes témoignent de l’importance de toutes ces propositions qui leur permettent d’avoir une véritable rencontre personnelle avec Jésus à travers l’Esprit Saint. AMDG !”
Du 11 au 14 septembre 2025, la ville de Gniezno, première capitale de la Pologne, a accueilli un événement œcuménique majeur : le Congrès pour la Paix.
Organisé à l’occasion du millénaire du couronnement du duc Boleslas Ier comme roi de Pologne, ce congrès a réuni des leaders religieux du monde entier pour prier et dialoguer en faveur de la paix. Plusieurs frères et sœurs de notre communauté en Pologne y ont participé, vivant ces journées comme un temps fort de prière et de partage au sein de l’Église universelle.
Parmi les invités de marque figuraient le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa, et Mgr Mounir Khairallah, évêque de Jbeil. Ils ont partagé leurs réflexions sur la paix comme un « don pascal », soulignant l’importance d’une approche spirituelle et fraternelle face aux conflits actuels. L’archevêque Wojciech Polak, primat de Pologne, a ouvert les travaux du congrès en appelant à une « narration différente » de la paix, centrée sur le dialogue et la réconciliation, notamment dans les contextes de guerre en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique.
Ce message a résonné profondément au sein de l’Église universelle, présente en force à cette rencontre internationale. Ce congrès s’inscrit dans le cadre des célébrations du millénaire de la couronne royale polonaise, marqué par des événements culturels, historiques et spirituels tout au long de l’année 2025.
Septembre, c’est aussi la rentrée pour les frères et sœurs étudiant la philosophie et la théologie dans les universités partenaires de la communauté. Ils étaient réunis à Montagnieu pour ceux qui étudient en France, mais aussi à travers le monde : à Manille (Philippines), à Kinshasa (RDC) ou encore à New-York !

Nina est sœur consacrée et étudie pour la deuxième année la théologie aux Facultés Loyola à Paris, après deux années de philosophie. Elle nous livre son témoignage lors de la rentrée des étudiants à Montagnieu (France).
“Je commence ma 4ème année d’études. Chaque année, cette session m’aide à me rappeler que ce temps d’études qui m’est donné est une mission, un appel du Seigneur qui passe par la Communauté.
Cette semaine a été riche et simple, une « mini retraite » à la fois personnelle et communautaire. Il y avait des temps personnels, des temps en petits groupes et des temps tous ensemble. C’était un moment spirituel, intellectuel, et communautairement constructif.Nous avons eu un temps de travail en ateliers avec comme consigne de partir d’une relecture de notre expérience pastorale et d’en tirer des convictions et des questions. Dans le groupe où j’étais, c’était impressionnant de voir la diversité de nos expériences pastorales et des questions théologiques, philosophiques, anthropologiques qu’elles suscitent, et de voir des points communs, ou encore comment la conviction, la question de l’un resonne pour les autres.
En outre, nous avons pu partager sur le choix de nos travaux écrits, les découvertes qu’on en a faites. On m’avait demandé de dire quelque chose sur comment j’ai pu travailler des questions que je portais en arrivant aux études, notamment sur les questions de diversité, d’unité, de justice. Cet exercice m’a permis de relire mes trois ans d’études et de voir que ce n’est pas déconnecté de ce que je suis. Les études m’apprennent à mettre des mots sur ce que je pense, je porte, pour pouvoir le défendre, le communiquer, le partager.
Cette session a, par ailleurs, été riche en échanges et en prise de paroles sur des sujets importants pour notre communauté et pour nos églises : l’interculturalité, la synodalité, la figure du prêtre à la CCN, l’accompagnement spirituel, etc.
J’ai été marqué par la simplicité et la sincérité des différentes paroles et de l’écoute bienveillante de l’assemblée. Ce temps de session a « boosté » ma confiance en l’appel du Seigneur pour moi, en ce que communautairement nous portons, et en ce temps de grâce que sont les études.”
Le dimanche 7 septembre 2025 a eu lieu la canonisation de Carlo Acutis ainsi que de Pier Giorgio Frassati par le Pape Léon XIV. Carlo Acutis, jeune figure de sainteté est particulièrement populaire et a touché des millions de personnes dans le monde. Gabriel Roussineau, prêtre du Chemin Neuf, et coréalisateur du film documentaire Net for God qui lui est consacré, nous partage l’impact du témoignage de la vie de ce saint.
Un modèle qui nous pousse à imiter davantage le Christ
Carlo incarne un modèle inspirant à travers son courage spirituel et sa pureté de cœur.
Ce qui marque Gabriel, « c’est cet appel à la sainteté très jeune. Notamment le lien avec l’Eucharistie. Le fait qu’à partir de sa première communion, sa vie soit vraiment centrée sur l’Eucharistie en allant tous les jours à la messe. De plus, il y a aussi son lien avec les plus pauvres ».
Pour Carlo, en effet, le corps du Christ qu’on voit et qu’on élève à l’autel, se retrouve dans les pauvres : les deux vont ensemble.
Le jeune Carlo a vécu durant les débuts de l’ère numérique. Il s’est pris de passion pour le « net » et a osé lancer, sur ce continent numérique, une nouvelle forme d’évangélisation.
« Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies » aimait dire ce serviteur de Dieu.
Son message encourage chacun à trouver sa couleur unique, ce pourquoi il est fait.
Pour le Père Gabriel, c’est une incitation à être vraiment soi-même, et à remplir la vocation que le Seigneur donne à chacun. « C’est ça la sainteté. C’est impressionnant de voir que la sainteté est accessible » rajoute-t-il.
Ainsi, son courage spirituel s’incarne à travers sa mission d’apôtre sur Internet.
Le Pape le cite comme un modèle d’une utilisation missionnaire et ajustée des réseaux sociaux afin de partager le royaume de Dieu.
Cette intuition d’une présence missionnaire sur le digital est aussi celle de Net for God, réseau international de prière porté par la Communauté du Chemin Neuf, qui réalise des documentaires chrétiens depuis le début des années 2000, ces derniers étant diffusés par l’intermédiaire de Youtube.
Comment est né le film ?
Ce film est né d’un faisceau convergent de plusieurs intuitions partagées au même moment. D’abord une demande de plusieurs membres du réseau Net For God, ainsi qu’un membre de la communauté touché personnellement par la vie de Carlo.
Ensuite, il y a eu la rencontre avec Hélène, réalisatrice de documentaire qui a eu un coup de cœur spirituel, en entendant le témoignage de ce jeune italien par le curé de sa paroisse. « Elle a eu tout de suite envie de mettre ses compétences au service de ce projet » nous partage Gabriel. Le curé de la paroisse de Levallois rajoute : « Côté Net for God, on savait qu’il y avait une béatification qui allait arriver pour Carlo Acutis. Et on s’est dit que ça résonnerait avec un événement important pour l’Église. »


Pour réaliser ce projet, une série de circonstances providentielles a conduit la production du film.
Tout d’abord pour le contexte, l’équipe a tourné ce documentaire en janvier-février 2020, tout juste avant la crise du Covid, qui a rendu ensuite impossible ce type d’initiative pendant plusieurs mois. « Si on avait décidé de tourner au printemps, c’était foutu. Donc là, il y a la providence du temps, du choix du délai » raconte Gabriel.
Ensuite, il y a eu la Providence de la réalisatrice Hélène qui s’est passionnée pour la figure de Carlo et qui a porté avec ferveur ce projet.
De plus, là où la maman de Carlo est habituée à parler de la vie de son fils et à en partager son témoignage, la parole de son papa est beaucoup plus rare. Or il a accepté de parler pour le film alors qu’il ne le désirait pas au départ. Gabriel nous explique : « C’était une des grâces du tournage. C’est très important qu’on ait pu interviewer le père. Sinon, cela aurait été disproportionné par rapport à la présence de la mère de Carlo. »
Lors de la sortie du film sur YouTube, le documentaire a connu le plus gros buzz des films Net for God jusqu’à présent enregistré. L’équipe avait travaillé pour sortir le film en cinq langues simultanées le 10 octobre 2020 : le jour de la béatification à Assise de Carlo Acutis. Très peu de films sur Carlo avait été réalisé dans ce format à ce moment-là.
Le film tirait son originalité des nombreuses archives familiales montrant Carlo s’exprimer. « Ces photos, ces vidéos : la famille nous a donné les droits, juste pour ce film. Carlo est une figure de sainteté qui paraît très proche grâce à cela. C’est une grande chance et une raison du succès » d’après le Père Gabriel.
De plus c’est extraordinaire et inhabituel de pouvoir voir en vidéo un saint actuel, pour permettre aux personnes de mieux réaliser qui il était et d’être davantage touché par sa personnalité.
« Pas longtemps après, il y a un prêtre, influenceur mexicain, qui a recommandé à son réseau, je crois que c’était sur Instagram, d’aller voir ce film.
Sur la version espagnole, on a vu en deux jours un truc incroyable. C’était vraiment le pic » nous raconte Gabriel Roussineau.
Aujourd’hui, le film compte 2 millions de vues et est traduit dans 17 langues.
Ce documentaire permet de rejoindre les personnes en mettant en lumière la figure de ce jeune italien au cœur pur.
Du 21 au 26 août derniers avait lieu la 23e rencontre du CIR (Congrès international interconfessionnel des religieux) aux Pays de Galles.
Deux sœurs de la communauté y ont participé : Bénédicte Bouillot et Ágnes Diósszilágyi. L’écologie fut le thème choisit pour cette rencontre, en lien avec l’engagement des sœurs anglicanes qui l’accueillaient.
Au-delà des réflexions sur cette thématique, la rencontre se voulait être un lieu de partage et de soutien entre les différentes communautés représentées par une quarantaine de religieux catholiques, anglicans et luthériens, dont une majorité de moines et moniales.
La dimension œcuménique avait une place centrale dans cette rencontre par la participation aux célébrations communes (offices, culte luthérien, messes anglicanes et catholique). Dans ce contexte, une difficile question a été abordée, illustrée par le cas de de David Lewis, jésuite, martyr au XVIIe siècle aux Pays de Galles : comment célébrer les martyrs des autres églises … quand ils ont été martyrisés par notre église ? Comment convertir nos mémoires, de manière à ce qu’elles n’entretiennent pas le conflit, la haine ? Cela est possible, a souligné l’ancien archevêque de Canterbury Rowan Williams dans une prédication, à condition de ne pas considérer les martyrs comme des propriétés à défendre, mais comme des dons à partager, ie en contemplant en eux des exemples de foi et de fidélité à Dieu.
Enfin, Agnès et Bénédicte soulignent la façon dont elles ont été touchées par les témoignages de communautés religieuses très petites et vieillissantes, mais qui cherchent à se renouveler à l’écoute de l’Esprit, dans un élan de vitalité et créativité.
La prochaine session du CIR aura lieu dans 2 ans dans la communauté monastique œcuménique des sœurs de Grandchamp en Suisse.