Depuis septembre, la mission Siloé s’enracine aussi à Mistów, en Pologne. Cette nouvelle étape invite à revenir aux sources de Siloé : accompagner la relecture de vie à la lumière du Christ pour grandir en liberté et répondre à son appel. Asia Sikorska responsable de Siloé à l’international nous partage comment ce nouveau chapitre conduit l’équipe à discerner les étapes à venir.

Depuis septembre, j’habite au centre Siloé de Mistów (Pologne), – petit frère du centre de Montagnieu, –  en tant que responsable de la mission Siloé en Pologne et à l’international. C’est un grand changement pour notre mission : jusqu’à présent, son cœur avait toujours été à Montagnieu. et maintenant nous apprenons comment travailler à distance. Je vois que pour avancer, dans cette expérience de la distance et de la création de ce nouveau centre, nous avons besoin de toujours revenir aux origines de notre mission, ses débuts et ses premières intuitions.

Fraternité de Mistów sur la Paroisse et le Centre Siloe

« La Communauté du Chemin Neuf anime des retraites de relecture de vie depuis longtemps, elles ont évolué sur la forme, mais le fond reste le même : biblique et christo-centré. Ces retraites s’inscrivent dans un cheminement à la suite du Christ. Nous sommes tous appelés à mettre nos pas dans ceux du Christ, afin d’aimer et servir Dieu. Cette marche peut être rendue plus ou moins difficile en fonction de nos histoires, de certains événements ou de certaines relations. Il peut alors être bon de prendre le temps de relire ce vécu à la lumière de l’Esprit Saint. »

C’est ainsi que la retraite Siloé (Anamnèse) a été définie par les membres de l’équipe et les accompagnateurs spirituels. Cette définition décrit bien le cœur de la mission Siloé. Mais Siloé n’est pas seulement une retraite ; elle englobe également le cycle annuel Siloé, la formation à la prière Délié, les accueils de longue durée à Montagnieu et à Mistów, le travail collaboratif de réflexion des accompagnateurs spirituels et des professionnels de santé.  

En effet, la première Anamnèse, est née à l’initiative de Laurent Fabre (fondateur de la Communauté du Chemin Neuf), de la relecture faite par les frères et sœurs qui ont animé des retraites de trente jours. Ils ont constaté que certaines personnes éprouvaient des difficultés à répondre à l’appel du Seigneur, comme si elles boitaient à cause d’une pierre dans leur chaussure. Dans le deuxième exercice de la première semaine des trente jours, saint Ignace invite à relire sa vie en dialogue avec la Parole de Dieu, de se reconnaître aimé(e) de Dieu. Certaines personnes avaient besoin de s’attarder davantage lors de cette relecture, pour accueillir l’histoire de leur vie, y compris ce qui était douloureux. Revenant donc au cœur de Siloé, nous pouvons dire qu’il ne s’agit pas de guérir pour guérir, mais de recevoir la guérison et la libération pour suivre Jésus, et répondre à son appel avec plus de liberté.

A l’époque où la Communauté a commencé à proposer les premières Anamnèses, une division était manifeste dans la société française entre la perspective spirituelle et la perspective psychologique sur l’articulation de la personne. Il n’est donc pas surprenant que notre appel à l’unité ait également trouvé un écho ici, et très vite, frères et sœurs de la Communauté, de la Communion, mais aussi amis – accompagnateurs spirituels, médecins, psychologues, infirmiers – ont eu envie de travailler et réfléchir ensemble. Cette réflexion et ce travail partagés ont donné lieu à plusieurs colloques Siloé, réunissant des professionnels de la santé, des accompagnateurs spirituels et toutes les personnes intéressées par divers sujets (libération, pardon, souffrance…).

Dès ses débuts, Siloé a adopté la vision de la personne humaine non pas comme une simple composition d’éléments – corps, psychisme et esprit – mais comme une personne corporelle créée à l’image de Dieu pour la relation à soi-même, aux autres et à Dieu. Dans cette articulation la dimension spirituelle a toujours été, et demeure, prioritaire. Les accompagnateurs Siloé, même s’ils sont thérapeutes par profession, ne se présentent pas comme tels, mais comme des accompagnateurs spirituels. Les connaissances psychologiques éclairent la compréhension de ce que vit une personne, la compréhension des étapes de la vie et des blessures qui y sont associées, des mécanismes qui la protègent, mais une retraite Siloé (Anamnèse) est avant tout une retraite, un temps spirituel.

Fraternité du Centre Siloe de Montagnieu

Et ensuite ? Au sein de l’équipe internationale Siloé de cette année, largement dispersée : Mirjam à Montagnieu, Claudine à Tigery, Pierre-Louis à Bonn et Asia à Mistów, nous constatons le besoin de créer des lieux et des moyens d’unité :

• Entre les équipes Siloé dans le monde à travers la formation pour les accompagnateurs spirituels. Cette formation étant aussi un lieu de partage d’expériences et de questionnements.

• Dans le travail linguistique : en effet, l’expérience de la traduction des enseignements Siloé dans d’autres langues invite à travailler à l’adaptation de la version française à la diversité de nos cultures francophones (principalement en Afrique).

• En renforçant les liens entre Montagnieu, Mistów et l’ensemble de l’équipe internationale Siloé, tant dans l’unité de prière pour la mission que dans la réflexion. Aujourd’hui, un espace de réflexion particulier se dessine : la place du corps dans notre perspective de l’unité psychique/spirituelle. Les progrès rapides de la neurobiologie, de la biochimie et de la neuropsychologie nous permettent de mieux comprendre nos expériences, mais aussi invitent à réfléchir à la manière dont notre propre corps pourrait nous conduire vers plus de vie et d’unité dans les relations avec Dieu, avec nous-mêmes et avec autrui.

Accueillir les visiteurs à Hautecombe est une charge et une formidable opportunité pour la mission. Petit voyage historique dans l’accueil à l’abbaye !

Quelques éléments de contexte, et d’évolution de l’accueil des visiteurs

Construite au 12ème siècle pour permettre aux moines devenus Cisterciens de prier à l’écart du monde, l’Abbaye de Hautecombe s’est implantée sur un piton rocheux inhospitalier, quasiment inaccessible. Les terres pauvres et difficilement cultivables, entourées d’une forêt dense grimpant sur une abrupte montagne étaient peuplées de brigands. On y venait principalement par bateau, sur un lac capricieux où la navigation peut s’avérer dangereuse.

Pourtant, très rapidement, Hautecombe est devenue le point de repère spirituel de la famille de Savoie. Cette dynastie a régné durant plus d’un millénaire sur un territoire construit à cheval sur les Alpes, du comté de Nice à Genève, en passant par le Piémont, la Sardaigne, la Sicile…
Ils passaient avec leur cour à Hautecombe régulièrement, et s’y faisaient enterrer à leur mort.

L’abbaye était, au 14ème siècle, une puissance économique majeure, étendant ses possessions jusqu’au Dauphiné et au Lyonnais.

Mais, dégradée par le temps et le manque d’entretien, inoccupée entre 1792 et 1825, l’église est, en quelques années, tombée en ruines. C’est à ce moment que les premiers visiteurs ont commencé à se rendre dans l’abbaye désertée, à l’instar de Lamartine qui trouvait romantiques les ruines de l’église. 

Cependant, l’abbaye a repris vie rapidement à l’initiative du roi de Sardaigne, descendant des princes enterrés sur place. Il a favorisé la réinstallation des moines cisterciens en 1826, et entrepris la rénovation complète de l’église.

Magnifiée, renforcée dans son rôle de nécropole de la dynastie de Savoie, l’abbaye, devenue royale, s’est imposée comme un haut lieu de tourisme. Dès 1838, Les visiteurs affluent au point que la reine, (qui habitait Turin, mais s’était gardée de spacieux appartements à l’abbaye où elle venait une ou deux fois par an), recrute un garde royal, chargé notamment d’accompagner les visiteurs dans l’église.

A peine installé, il se plaint de la lourdeur de la tâche : le nombre croissant de visiteurs ne lui permettant pas de les accueillir dans de bonnes conditions. 


Malgré le garde, la cohabitation entre ces nombreux visiteurs « encadrés » par la maison royale et la vie de prière communautaire est difficile. Les tentatives de réduire le nombre de visiteurs dans l’église (pas de messe le jour de passage des bateaux, réduction des autorisations d’accostage) sont vaines.

En 1870, le père abbé demande la destitution du garde royal, et le remplace par des moines, qui prennent ainsi à leur charge l’accueil des touristes. Ils sont deux pour organiser les visites de l’église, un pour les appartements royaux et un pour gérer le petit magasin qui vient d’ouvrir.

Dès cette époque, les acteurs du tourisme local ont intégré Hautecombe dans leurs activités. Les tentatives des moines, renouvelées régulièrement, pour limiter la fréquentation se sont toutes heurtées aux pressions économiques, et aux interventions des élus du territoire.

Au départ des moines cisterciens, vers 1920, l’archevêque décrit en ces termes le cahier des charges incombant à la communauté qui s’installera à Hautecombe : « Service à acquitter pour les défunts de la maison de Savoie, pensions à accorder aux vieux moines cisterciens, entretien dispendieux des bâtiments, domaine à rénover complètement. Mais la plus pénible charge, c’est la visite du bâtiment qu’il faut faciliter aux étrangers. De juin à octobre, c’est un flux continuel de visiteurs qu’il faut conduire et surveiller dans l’église et les appartements royaux. Il y a ainsi jusqu’à cinq tournées dans un jour. Les bateaux à vapeurs viennent 2 fois par jour, et il y a souvent des barques qui accostent et dont le personnel réclame la visite. C’est une atmosphère mondaine et très déplaisante. C’est ce qu’il faut savoir avant d’accepter.

Les Trappistes de Tamié, qui avaient un temps envisagé de s’installer à Hautecombe, ont renoncé pour cette raison.

Dés leur arrivée en 1922, les moines bénédictins ont entrepris d’améliorer l’accueil, dans le but de préserver leur lieu de prière. La clôture a été agrandie, une buvette installée. Le port a été déplacé vers la grange batelière en 1954.

Des livrets furent édités pour guider les touristes pendant la visite de l’église et en 1975, les moines ont mis en œuvre la première visite téléguidée. En 1980, une exposition sur la vie monastique a été installée dans la grange batelière.

L’auberge a été créée en 1982, sur le chemin menant au port.

Cet ensemble d’aménagements a permis aux moines de construire des relations apaisées avec les nombreux visiteurs. Ils avaient des salariés et menaient des œuvres sociales. Ils occupaient ainsi une place importante dans le cœur des habitants des environs. Mais leur nombre et leur force diminuant, ils n’étaient plus en mesure d’assurer l’entretien du lieu et de financer les travaux structurels rendus nécessaires par la vétusté des bâtiments. 

L’arrivée de la communauté du Chemin Neuf en 1992, a permis d’apporter un nouvel élan à l’abbaye, par l’accueil d’un grand nombre de jeunes, du festival et des diverses missions. Elle a également permis d’entreprendre des grands travaux de restauration et de renforcer l’entretien quotidien des bâtiments. Mais, moins présente dans la vie locale, la communauté n’a pas vraiment remplacé les moines dans le cœur des habitants. 

Cependant, aujourd’hui, les forces disponibles pour faire vivre Hautecombe faiblissent : c’est la mobilisation des jeunes en formation, et celle des jeunes volontaires venus du monde entier par le dispositif « workaway » qui permettent notamment d’accueillir les 80 000 visiteurs qui suivent la visite audioguidée chaque année. Un miracle permanent conduit par l’Esprit Saint.

Hautecombe est aujourd’hui un pilier touristique de Savoie.

La pression sur Hautecombe n’a pas diminuée. Au contraire, la Savoie est une région touristique qui s’est fortement développée grâce au ski, et dans une moindre mesure sur le tourisme d’été. L’adaptation aux changements climatiques et la modification des modes de consommation représentent un enjeu économique vital pour le territoire. Les collectivités territoriales tentent de modifier le modèle économique du tourisme, et l’abbaye de Hautecombe est un des piliers de leur stratégie. De plus elle mobilise des fonds publics (département, région, Europe) pour la rénovation du bâtiment. Il se construit donc une forme de « donnant- donnant » qui génère des attentes importantes. Les standards d’accueil du tourisme évoluent (communication, disponibilité, modalité de réservation, services, hygiène…), les attentes des visiteurs sont fortes (découverte d’un lieu emblématique fortement médiatisé).

Le défi est donc de donner à voir la foi vivante qui s’incarne dans ce lieu et de partager la spiritualité de la communauté tout en coopérant avec les organisations laïques avec qui nous sommes en alliance pour financer la rénovation de l’abbaye.

Les relations avec l’écosystème public et privé du tourisme local

L’abbaye est le lieu touristique le plus fréquenté de Savoie (en dehors des stations de ski). Nous contribuons ainsi activement au dynamisme économique de la région. Les hôtels, gites, les tour-opérateurs, les compagnies de bateaux… inscrivent Hautecombe à leur programme. Chaque année, c’est ainsi plus de 350 groupes qui viennent visiter l’église abbatiale. Les syndicats d’initiatives nous sollicitent. Les chargés de relations presse se multiplient pour donner de la visibilité au département comme destination touristique et nous adressent plusieurs fois par an des influenceurs, des journalistes, des émissions de télévision et des médias en ligne.

Même si ce n’est pas le cœur de notre appel, nous devons donc développer nos compétences sur le plan patrimonial (responsabilité d’un monument historique), historique (connaissance de l’histoire de la Savoie), et touristique (accueil des visiteurs et touristes), pour rester des partenaires fiables.

Les enjeux de la relation avec notre environnement

Poursuivre la vocation de prière de l’abbaye, continuer à accueillir des centaines de jeunes chaque année pour des retraites, le festival et la formation Hautecombe Discipleship School, passe donc par une alliance renforcée avec notre environnement. Qu’il s’agissent des collectivités territoriales et des acteurs du tourisme, nous cherchons à développer une proximité relationnelle, mais aussi, et peut être surtout, avec les chrétiens du territoire, le diocèse, les habitants dans leur diversité. Une façon également de nous renforcer pour la conduite de la mission et l’accueil des visiteurs.

Une chance pour la communauté

En ce sens, cette situation est certainement une chance pour notre communauté. Chaque année, le Seigneur nous envoie plus de 100 000 personnes, intéressées, curieuses et souvent disponibles. 

Autant d’occasions de témoigner de l’Évangile, par le soin que nous apportons à les accueillir, l’écoute (même parfois en quelques secondes) de leur réalité et de leur histoire. Autant d’occasions pour les visiteurs de se laisser toucher par la vie de prière. Autant d’occasions de parler de ce que nous sommes, de notre façon de construire l’unité.

Mais également, une chance sur le plan économique. Bien que les tarifs d’entrée soient extrêmement bas, les recettes de la visite et du magasin permettent de financer le reste à charge après les subventions, mais également de valoriser le temps passé par la communauté à faire vivre ce lieu. 

Notre frère Karoll, membre de la communauté du Chemin Neuf nous fait découvrir l’abbaye où il est en mission aux Pays-Bas depuis 5 ans.

Quelles sont tes missions dans la communauté du Chemin Neuf ?

Depuis cinq ans, nous vivons avec ma femme et nos trois enfants dans la fraternité de vie à Oosterhout, aux Pays-Bas, dans la magnifique Abbaye Saint-Paul. Avec ma femme Kasia, nous faisons partie de l’équipe nationale de la communauté aux Pays-Bas. Je porte aussi une mission de finances et d’administration en tant qu’économe du pays. Au quotidien, je travaille également dans le jardin de l’abbaye et je m’occupe de différentes petites réparations. Deux autres missions, plus tournées vers l’extérieur, me sont confiées avec d’autres : Brouwen en Bidden (« Brasser et Prier ») et les retraites de week-end en silence basées sur les exercices ignatiens. Nous donnons aussi un coup de main sur d’autres missions — Cana, la mission jeunes, ou l’accueil de groupes à l’abbaye — et nous assurons les services pratiques.

Parle-nous un peu de tes missions

Peut-être est-il bon d’en dire un peu plus sur la mission « Brasser et Prier ». C’est une mission développée par un ancien frère de la communauté, Henk, qui a réuni son hobby du brassage et son désir d’évangéliser. C’est toujours un beau mélange ! Il a développé un système de brassage qui nous permet de brasser 150 litres de bière à la fois. L’idée de cette mission est d’accueillir à l’abbaye des personnes qui ne sont pas seulement chrétiennes — très souvent, beaucoup de participants n’ont aucun lien avec la foi. C’est un atelier où l’on peut facilement inviter tout le monde, car c’est tout simplement une très belle activité ! Brouwen en Bidden est une mission d’une journée. Elle peut accueillir jusqu’à quinze participants, et nous passons la journée ensemble à fabriquer de la bière, à partager un repas, à visiter l’Abbaye Saint-Paul, et à vivre des moments de prière. Nous faisons découvrir la prière ignatienne aux participants, et nous avons aussi beaucoup de temps pour discuter, échanger, et parler de notre foi, de la communauté, et de ce qui se passe à l’Abbaye. Jusqu’à présent, nous avons organisé cinq ateliers par an, et nous travaillons maintenant à en proposer un par mois, car nous voyons un grand intérêt. Nous explorons aussi la possibilité de lancer une production de bière à petite échelle, pour faire connaître davantage l’Abbaye à la communauté locale.

Pour moi, cette mission est personnellement liée à une autre que je porte : assurer l’équilibre de nos finances, entre une grande abbaye et une petite communauté. En même temps, de nombreux groupes et personnes viennent passer du temps ici, et y trouvent Jésus et sa paix. Nous cherchons un bon équilibre — continuer notre mission d’accueil et, en même temps, trouver les moyens de la rendre possible. Il y a sûrement bien des façons d’y parvenir. Lancer une micro-brasserie — ou plutôt une nano-brasserie — est l’une d’elles, et elle me semble très intéressante, car elle s’inscrit dans l’héritage des moines et de l’artisanat, peut engager la communauté locale et ouvrir nos portes à un plus large public. Et puis, j’aime simplement la bonne bière 🙂 Nous prions et discernons le chemin de Dieu dans ce projet. Nous posons maintenant un premier pas en rénovant une salle afin de pouvoir proposer l’atelier plus souvent. De petits commencements, les mains ouvertes, pour voir quelle est la volonté de Dieu pour cette mission.

Comment tu vis la fraternité dans ta mission au quotidien ?

Il y a différents moments — de travail, de loisir, de prière ou de partage. Chacun d’eux contribue à nourrir notre vie fraternelle. Parfois, nous aspirons à être super efficaces, et nous pouvons oublier que la vie fraternelle est le bon terreau pour que les missions puissent grandir. La mission Brouwen en Bidden ne serait pas possible sans ce contexte fraternel. Pour moi, le premier but de cette mission est de pouvoir être témoins de la joie que nous avons trouvée en Jésus et, à travers lui, dans notre vie fraternelle. Je prends beaucoup de plaisir à porter cette mission avec mes frères, et c’est aussi un lieu où nous pouvons partager plus profondément nos vies. Les gens ne cherchent pas aujourd’hui de grands mots ou des enseignements, mais de la fraternité, de la communauté et du partage. Et cela, nous ne pouvons pas le partager si nous ne le vivons pas nous-mêmes entre nous.

Qu’est-ce qu’elle t’apporte ?

La vie fraternelle m’aide à tenir dans les moments de doute et de crise, et elle m’aide aussi à découvrir davantage le grand amour de Dieu pour moi. C’est aussi pour moi un lieu pour donner ma vie, au service de mes frères et sœurs, et de toutes les personnes qui viennent visiter l’abbaye, dans leur chemin à la recherche de Jésus. C’est un grand honneur de voir comment Dieu accomplit son œuvre dans nos vies et dans celles des personnes qui viennent ici.

Quand et comment te reposes-tu sur tes frères et sœurs de communauté ?

Ce sont très souvent des moments tout simples, bien souvent juste la possibilité de parler et de partager ce que je porte. Parfois, c’est une promenade autour de l’abbaye avec mon frère, parfois c’est un café ou une bière que nous prenons ensemble, et nous partageons simplement nos difficultés, mais aussi nos désirs et nos rêves. Parfois en faisant quelques réparations ensemble, ou en brassant une cuvée de bière pour la communauté. Je pense qu’en tant qu’hommes, il est nécessaire d’avoir un espace pour travailler ensemble ; cela apporte beaucoup de joie et nourrit notre fraternité. Ce qui me donne aussi un espace pour respirer, c’est de savoir que je n’ai pas besoin d’être parfait, que je peux faire des erreurs, et que nous avons le temps de demander pardon et de nous réconcilier. Ces moments sont très précieux.

Quelles peuvent être les exigences dans la fraternité pour porter une mission ?

Le plus important dans la mission est, me semble-t-il, le lieu de la relecture. Si nous pouvons partager honnêtement ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, cela peut nous aider à ne pas investir notre temps et notre énergie (et notre argent) dans des œuvres pour Dieu, mais à chercher Ses œuvres. Un autre aspect est la fraternité. Je pense qu’il est bon de se demander l’un à l’autre : est-ce que cette mission aide mon cœur à vivre pleinement ? Est-ce que je porte une joie dans ce que je fais ? Parfois, il y a des moments où il faut persévérer fidèlement, mais sans joie, aucune mission ne serait complète. Les apôtres avaient sûrement beaucoup de joie à marcher aux côtés de Jésus, même si c’était très souvent exigeant. Le lieu de la réconciliation dans la mission est aussi très important. Chacun de nous devrait être prêt à demander pardon et à reconnaître son erreur ou son péché. De cette façon, nous pouvons nous porter les uns les autres avec nos faiblesses, et cela donne beaucoup de force.

En République démocratique du Congo, la Communauté du Chemin Neuf est implantée à Kinshasa et à Menkao. À Kinshasa, elle porte plusieurs missions : une maison communautaire, le foyer Saint-Paul pour étudiants, la paroisse Sainte-Christine et son école. À une soixantaine de kilomètres au nord-est de la capitale, à Menkao, elle anime également le centre spirituel Ubuntu.

À Kinshasa, la fraternité se vit au quotidien avec une grande intensité. Prêtre et responsable de la mission auprès des 18-30 ans, le père Thomas Prévost habite la maison communautaire. Il parle d’une vie fraternelle « puissance dix ». Sa mission se déploie au sein d’une association fondée par la communauté, qui mène des actions sociales auprès des enfants de la rue.

Sur ce même lieu de mission, trois frères et sœurs de la communauté, qui vivent à l’extérieur de la maison communautaire, sont salariés et partagent leur bureau avec lui.

Rencontre de la mission Jeunes à Kinshasa

Pour le père Doudou Nduelo, responsable du pays pour la Communauté du Chemin Neuf, les liens fraternels sont un moyen de « sortir de soi-même pour rencontrer l’autre ». La vie fraternelle lui permet « d’aller plus loin dans l’accueil de l’autre, y compris de ce qui m’est plus difficile à supporter. Elle élargit aussi ma manière de considérer mon prochain », reconnaît-il.

Un élan missionnaire nourri par les liens créés

À Kinshasa, les membres de la communauté partagent de nombreux moments de vie. Les invitations fréquentes chez les frères et sœurs vivant à l’extérieur de la maison communautaire nourrissent la fraternité au quotidien. La proximité des différents lieux de la communauté « renforce l’impression que tous les communautaires habitent un même quartier », souligne Doudou. Et, ajoute-t-il, « l’élan missionnaire est nourri par le fait d’être ensemble ».

« Je pense qu’il n’y aurait pas de mission s’il n’y avait pas la fraternité en premier ici à Kinshasa »

Thomas Prevost, prêtre de la communauté du Chemin neuf

Du côté des missions sociales, « je pense qu’il n’y aurait pas de mission s’il n’y avait pas la fraternité en premier à Kinshasa », observe Thomas.
« Ces différentes missions sociales sont nées de la vie de prière et de la vie fraternelle des premiers frères arrivés ici. C’est parce que les frères et sœurs étaient ensemble, priaient et cherchaient la volonté de Dieu que les missions ont commencé à naître. C’est ce que je garde chaque jour en mémoire lorsque je me rends au bureau, et ce qui me motive dans les tâches plus ingrates qu’il me faut assumer », poursuit-il.

Pour Doudou, responsable du pays, la fraternité « est une force et un témoignage pour la mission ».

Depuis plus de vingt ans, ces liens fraternels continuent ainsi de porter la mission. Ils se nourrissent de la prière, des démarches de réconciliation vécues ensemble et des encouragements mutuels.

Face aux nombreuses sollicitations, la vigilance reste de mise. « Elle est d’autant plus nécessaire en raison des missions quotidiennes que nous portons et qui nous conduisent souvent à être à l’extérieur de la maison pendant la journée », explique Thomas.

Souvent en mission le week-end dans le cadre de sa responsabilité auprès des jeunes, il veille néanmoins à préserver des temps de repos et de vie fraternelle. « J’ai choisi d’être présent, autant que possible, au repas du dimanche midi pour retrouver les frères présents dans la maison », affirme-t-il.

La fraternité comme lieu de combat 

Pour Thomas, originaire de France, la vie fraternelle est à la fois une source de grande joie et un lieu d’apprentissage exigeant. « Malgré mes six années ici, je reste un étranger. Il y a encore beaucoup d’aspects de la culture congolaise que je n’ai pas intégrés. Cela entraîne parfois des incompréhensions, voire des frustrations. Mais l’avantage de notre vie ensemble est que le dialogue reste possible et que, en tant que Français, je n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat.

Il est aussi plus facile pour quelqu’un d’extérieur de remarquer certains travers culturels, mais ce n’est jamais évident de les mettre en face de son frère ou de sa sœur », confie-t-il.

À Kinshasa, un autre défi consiste à « libérer la parole pour que les frères et sœurs osent se parler directement et se réconcilier, plutôt que de parler les uns des autres ». Les membres engagés de la communauté se connaissent depuis longtemps et partagent une histoire commune. Comme dans toute famille, les relations peuvent parfois se tendre. Certaines blessures ou irritations risquent alors de s’installer et de nourrir la rancœur.

Face à ces situations, un accompagnement attentif est souvent nécessaire. « Cela demande parfois de désamorcer certaines tensions afin de rechoisir la fraternité », conclut-il.

Et pour continuer à grandir ensemble dans la confiance et la vérité, la fraternité demeure un chemin précieux qui permet de traverser les difficultés et de garder l’espérance.

Traduit par l’intelligence artificielle

Au Burundi, la communauté du Chemin Neuf est implantée à Bujumbura. La paroisse Saint Jean-Baptiste lui a été confiée. La maison communautaire se trouve de l’autre côté de la rue. Sept communautaires y habitent et soixante-dix-sept vivent dans leur maison à la capitale. La mission Cana, les missions pour les jeunes de 14 à 18 ans et de 18 à 30 ans, ainsi que la retraite autour de la relecture de son histoire de vie, appelée « Siloé », sont proposées dans le pays.

Sur la paroisse, chaque dimanche sont célébrées 4 messes. Pour chacune, il faut compter de 700 à 1200 paroissiens. 99 catéchumènes seront baptisés d’ici la fin du mois de juin. 60 couples suivent la préparation au mariage. La dimension missionnaire y est très présente.


Toutes ces missions sont possibles car elles « naissent de la fraternité », rappelle Jean de Dieu Nimubona, membre de la communauté du Chemin Neuf et vicaire sur la paroisse. « Jésus nous dit aussi que c’est à l’amour que nous avons les uns les autres qu’on nous reconnaitra comme ses disciples », poursuit-il.
Dans son quotidien, Jean de Dieu vit la fraternité comme « un appel, une vocation et comme une exigence évangélique ».

En parallèle de sa mission de vicaire à la paroisse Saint Jean-Baptiste, il est également responsable de la mission des jeunes âgés de 18 à 30 ans.

La pastorale paroissiale lui demande une grande quantité d’investissements sur tous les niveaux. « Il y a une soif immense qui fortifie et propulse l’élan missionnaire qui m’habite depuis longtemps », explique-t-il.

« La fraternité entre frères et sœurs est comme une source qui irrigue ma mission »

père Jean de Dieu, vicaire sur la paroisse Saint Jean-Baptiste à Bujumbura.

En vivant au sein de la communauté du Chemin Neuf, la fraternité entre frères et sœurs est « comme une source qui irrigue ma mission », partage le responsable de la mission jeune. Pour lui, les liens communautaires sont « un trésor visible et invisible » qui l’aide à traverser les obstacles. Ces relations fraternelles le protègent contre la tentation de ne compter que sur lui-même. Elles sont sources de consolation lors des partages ou des moments de qualité vécus avec des membres de la communauté.

« Je sens que le Seigneur me console et me fortifie quand je m’ouvre à un frère ou une sœur. Cette force permet de repartir et d’espérer. En ce sens, l’écoute fraternelle est un grand cadeau sur le chemin de la vie missionnaire », confie le vicaire.

Les membres de la communauté du Chemin Neuf, habitant la maison communautaire, accueillent une sœur de passage au Burundi.

La fraternité comme soutien spirituel et humain

Du côté de la mission auprès des jeunes de 14 à 18 ans, 11 communautaires sont au service. Pour porter avec eux l’organisation et l’animation des sessions, plusieurs jeunes viennent aider. La responsable Ange Paquitta Iradukunda, membre de la communauté du Chemin Neuf, est « touchée de voir les liens que le Seigneur peut tisser entre jeunes et vieux, comme nous aimons le dire ». La fraternité lui apporte une « immense joie ». Que ce soit lors des rencontres communautaires ou dans des moments plus simples en dehors de la communauté, « je rentre souvent chez moi remplie de gratitude et d’émerveillement », raconte la responsable.

La fraternité prend aussi la forme d’un soutien concret. Lorsque Ange Paquitta porte un souci, une question ou un service à demander, elle s’appuie sur ses frères et sœurs de communauté.

Dans la mission 14-18 ans, les serviteurs sont soit des communautaires, soit des jeunes ayant déjà participé à des sessions organisées par la communauté du Chemin Neuf. Après une journée de rencontre ou à la fin d’une session, « je ressens une fraternité très forte entre nous, malgré nos parcours différents », partage la responsable de la mission 14-18 ans au Burundi.

Les liens communautaires nourrissent son désir d’être missionnaire. Ils lui rappellent que « le Seigneur nous envoie ensemble en mission ». La fraternité « m’aide à reconnaître et à accueillir les dons que Dieu a déposés dans chacun de mes frères et sœurs », enchaîne Ange Paquitta. Les membres de la communauté ne sont pas appelés à tout porter seuls, mais à se compléter les uns les autres.

La fraternité est un soutien spirituel et humain. L’intercession est un appui « lorsque j’ai une intention de prière ou que je traverse une difficulté. C’est une grande force de savoir que je ne porte pas seule ce qui me tient à cœur », explique la communautaire. D’un point de vue humain, les discussions simples du quotidien sur la vie et les expériences vécues l’aident à avancer avec « davantage de confiance et de sérénité », récapitule-t-elle.

Un trésor à chérir

La fraternité est un trésor à chérir chaque jour. Ce n’est pas à tenir pour acquis. Les enjeux sont nombreux. Accueillir les différences de sensibilité, de rythme de vie et des engagements, mais aussi trouver du temps pour se rencontrer gratuitement, en dehors des réunions et des préparatifs, demande du temps et un investissement personnel. Dans la mission 14-18, les moments simples pour se rencontrer « nous permettent de mieux nous connaître, de renforcer nos liens fraternels et de mieux nous porter mutuellement dans la prière », reconnait Ange Paquitta.

Dans les lieux de missions sur la paroisse, l’important est de « continuer à créer le lien fraternel avec les personnes vers qui le Seigneur nous envoie », insiste le père Jean de Dieu. « Nous sommes dans un pays qui a une culture de fraternité, d’Ubuntu et aussi un pays qui a traversé des époques de violences politiques qui ont provoqué des blessures, de la pauvreté, du désespoir, de la méfiance, etc.

La fraternité est une solution à la division, un médicament pour les cœurs brisés par la haine de l’autre, une source d’espérance pour la génération future », ajoute-t-il.

« Être frère, c’est un combat pour regarder le passé avec foi et courage, vivre le présent avec la grâce du ressuscité qui nous invite à être frères et sœurs dans le Christ, et envisager l’avenir avec l’espérance d’un pays et d’une Église unie, réconciliée et fraternelle. Cela est possible parce que le Seigneur nous envoie ensemble pour être la Parabole de la fraternité joyeuse et porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut », conclut Jean de Dieu.

Les frères et sœurs qui habitent la maison communautaire à côté de la paroisse Saint Jean-Baptiste

Traduit par l’intelligence artificielle

Le vendredi 21 août, à l’Abbaye Notre-Dame des Dombes, auront lieu les engagements à vie de 11 célibataires consacrés et de 7 couples dans la communauté du Chemin Neuf. Ces engagements auront lieu au cours d’une eucharistie présidée par Monseigneur Olivier de Germay, archevêque de Lyon. 4 d’entre eux nous partagent les itinéraires intérieurs qui les ont amenés à ce choix.

Traduit par l’intelligence artificielle

Six ans après sa première édition, le retour de Just The Beginning à La Salette s’annonce comme un temps fort pour les jeunes de l’île Maurice et de l’océan Indien, placé sous le signe de la rencontre, de la joie et de l’espérance.

Le festival Just The Beginning se déroulera du 22 au 26 juillet 2026 à Notre-Dame de La Salette, à Grand-Baie, à l’île Maurice. Près de 500 jeunes de 18 à 35 ans sont attendus pour cette nouvelle édition, accompagnés de plus de 250 serviteurs et bénévoles mobilisés afin d’assurer l’accueil, la logistique, l’animation et le bon déroulement du festival.

Le retour du festival à La Salette constitue un événement particulièrement attendu. La première édition de Just The Beginning, organisée en 2019, avait réuni plusieurs centaines de jeunes de l’île Maurice ainsi que des jeunes venus des différentes îles de l’océan Indien. Les organisateurs espèrent renouveler cette dimension régionale en accueillant, cette année encore, des participants des îles sœurs.

Le retour du festival à La Salette constitue un événement particulièrement attendu. La première édition de Just The Beginning, organisée en 2019, avait réuni plusieurs centaines de jeunes de l’île Maurice ainsi que des jeunes venus des différentes îles de l’océan Indien. Les organisateurs espèrent renouveler cette dimension régionale en accueillant, cette année encore, des participants des îles sœurs.

Le thème retenu pour cette édition 2026 est « Rooted in Christ » (« Enracinés dans le Christ »). À travers ce thème, les organisateurs souhaitent offrir aux jeunes un véritable retour à l’essentiel et aux sources. Dans un monde où tout va toujours plus vite et où chacun est constamment sollicité, le festival se veut une invitation à faire une pause, à prendre du temps pour soi et à se recentrer sur ce qui compte vraiment.

Pendant 5 jours, les participants seront invités à vivre des temps de prière, de célébration, de fraternité et de ressourcement. De nombreux ateliers et workshops leur seront également proposés afin de favoriser les échanges et la croissance personnelle.

Mais Just The Beginning se veut aussi un festival festif et convivial. Les jeunes pourront participer à de nombreuses activités telles que le kayak, le football, la natation, le paddle, le dragon boat, des ateliers d’initiation à la fabrication de bougies ou encore la Fresque du Climat. Autant d’occasions de créer des liens, de se détendre et de vivre une expérience humaine et spirituelle forte.

Ce grand rassemblement se vivra sous un format résidentiel. Les participants pourront être hébergés soit en camping, soit dans des salles de classe spécialement aménagées pour l’occasion.

Depuis le mois d’octobre 2025, une quinzaine de personnes se sont engagées dans la préparation du festival. Chaque mois, elles se retrouvent pour un week-end complet de travail afin de préparer les différents aspects de l’événement, tant sur le plan logistique que sur le contenu spirituel.

Vendredi 15 mai, à la cathédrale d’Évry, 5 frères de la Communauté du Chemin Neuf ont été ordonnés prêtres par Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort.

Dans son homélie, Mgr Eric de Moulins-Beaufort a notamment souligné, à propos de la Communauté du Chemin Neuf, qu’elle était « un signe pour l’Église, par delà la différence habituelle des états de vie et aussi la différence des confessions chrétiennes ». Mgr de Moulins-Beaufort a ajouté que la Communauté était « une lumière et un gage d’espérance pour l’Eglise de Dieu en sa totalité ».

Qui sont-ils ?

Charles-Étienne Lepitre

Avant la communauté, tu faisais quoi ?

J’ai terminé mes études d’ingénieur, plutôt orienté production et logistique dans l’aéronautique.

Qu’est-ce qui te ressource ?

Marcher dans la nature, en montagne, lire un bon bouquin et passer un bon temps de sport avec les frères et sœurs.

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?

Je réponds à l’appel du Christ et j’ai le grand désir de le faire connaître et de dire au monde: « C’est vrai, il existe ! Il est celui que vous cherchez, celui qui vous apportera le vrai bonheur ! »

Je sens dans mon cœur le désir d’être pasteur et de conduire, autant que je pourrais, par les sacrements, la parole et le don de moi-même au Christ qui nous sauve. Tant de personnes le méconnaissent ou le connaissent si peu, le cherchent consciemment ou inconsciemment, parce qu’ils ont soif de lumière et de vraie vie !

Une parole de la Bible ?

« ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus.
Car Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.
Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases 
d’argile »

2 Corinthiens 4, 5-7

Rémi Charpigny

Avant la communauté, tu faisais quoi ?

Veuf, père de 4 enfants et grand-père de 9 petits-enfants, j’aurais pu profiter d’une retraite agréable au bord de la mer à servir le Seigneur dans la continuité des engagements que j’avais avec mon épouse. Mais, répondre à l’appel de Dieu est l’assurance d’être à ma place, d’y être heureux, avec aussi l’assurance que mes enfants en recevront des grâces. 

Qu’est-ce qui te ressource ?

Avoir des temps forts avec mes enfants, faire du sport régulièrement, me promener dans la nature, ramasser des champignons.

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?

Parce que c’est la place à laquelle le Seigneur m’a appelé et qu’ainsi c’est la place où je suis assuré de la fécondité de ma vie, tout en étant conscient que cette fécondité m’échappe car elle appartient à Dieu. 

Un moment clé où tu as compris que Dieu t’appelait ?

Mon épouse est décédée dans la paix après que les souffrances qu’elle endurait aient disparu. Elle s’est éteinte tout doucement, comme une petite bougie. À minuit, 3 h 30 après son décès, j’étais sous la douche et j’ai entendu la parole suivante : « Tu vas devenir prêtre. » Une telle parole s’entend non seulement par les oreilles, mais, je dirais, par tous les pores de ma peau. Il est impossible d’oublier une telle parole ainsi révélée.

Timothée Tillard

Avant la communauté, tu faisais quoi ?

J’ai fait des études de menuiserie pendant 3 ans. J’ai obtenu mon diplôme en 2012, juste avant de commencer la formation à l’Abbaye d’Hautecombe. Je me suis ensuite engagé dans la communauté. 

Qu’est-ce qui te ressource ?

La vie fraternelle, la musique et le silence en montagne !

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?

D’abord parce que le Seigneur m’y a appelé. Je suis convaincu que c’est par obéissance à Sa voix que mon appel s’est fait plus précis dans ma vie et qu’il sera solide.

Ensuite, parce que j’aimerais rendre plus visible le visage de Miséricorde et d’Amour du Père dans ce monde. 

« Celui qui m’a vu a vu le Père »

Jean 14, 9

Le prêtre est le visage de Jésus sur Terre, par les sacrements, mais aussi par toute sa vie. Enfin, il essaie de l’être. J’espère pouvoir être ce visage pour ceux que je vais servir dans mon sacerdoce. Rendre plus visible la présence de Jésus qui Lui-même cherchait à rendre visible le visage de Son Père.

Une parole de la Bible ?

2 Timothée 4, 17.

« Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion »

Emmanuel de Langle

Avant la communauté, tu faisais quoi ?

Je travaillais comme consultant dans la cybersécurité à la Défense chez WaveStone.
J’habitais à Levallois-Perret, où j’ai rencontré la communauté.

Qu’est-ce qui te ressource ?

  • La course à pied
  • La théologie (et oui, j’aime suivre des cours en ligne pendant mes vacances)
  • Boire un verre avec des frères (ça c’est l’incontournable) 

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?

Cela me donne tellement de joie et de sens d’annoncer le Christ, notamment aujourd’hui auprès des jeunes !

J’aime la pastorale et je souhaite répondre à l’appel du Christ qui m’invite à l’annoncer aussi dans la célébration des sacrements, afin qu’il se donne aux hommes et puisse répandre sa miséricorde.

Une parole de la Bible ?

« entraine moi à ta suite, courrons ».

Cantique des Cantiques 1, 4

Ce verset me rappelle que je ne peux rien sans le Seigneur et que c’est lui qui m’attire et me donne sa grâce afin que je me mette à sa suite…. et quelle suite : le Cantique retrace le chemin de l’âme vers l’union au Christ-Époux !

Nicolas Rhoné

Avant la communauté, tu faisais quoi ?

J’étudiais à l’école Polytechnique avec un master de recherche en physique fondamentale.

Qu’est-ce qui te ressource ?

Marcher dans les montagnes suisses et passer la nuit sous les étoiles à photographier nébuleuses et galaxies.

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?

Pour servir l’Eglise et annoncer la miséricorde de Dieu pour chacun !

Un moment clé où tu as compris que Dieu t’appelait ?

Lors de mon Baptême dans l’Esprit Saint à l’Abbaye d’Hautecombe, en 2006.

Une parole de la Bible ?

« Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. »

 Éphésiens 2, 4-5

Traduit par IA

Cette année les frères et soeurs de République Tchèque ont eu la grande joie de recevoir, à l’occasion de la Pentecôte, la visite du Père Laurent Fabre, le fondateur de la communauté du Chemin Neuf. Laurent était accompagné de Sr Marika, sa nouvelle secrétaire. Retour sur cette rencontre qui a eu lieu dans la maison de Tuchoměřice.

Laurent Fabre, bien qu’âgé, a eu à coeur de répondre aux nombreuses sollicitations durant ce temps de Pentecôte : notamment une rencontre vendredi soir avec 10 Jeunes du Chemin Neuf qui ont beaucoup apprécié de l’entendre donner son témoignage.

Samedi plusieurs rencontres ont eu lieu avec les frères et soeurs de la communauté et de la communion du Chemin Neuf (une centaine de personnes), où Laurent nous a parlé de différents sujets, en particulier cette vision qu’il avait pour l’Europe dès 1982, où, lors d’un rassemblement à Strasbourg, il avait eu cette phrase « Europe, Europe, si tu ne partages pas, tu mourras ». Laurent a également insisté sur la vocation oecuménique de la communauté, un aspect important en Tchéquie, qui compte, dans la communauté sur place, plusieurs membres d’autres Eglises. Laurent a aussi beaucoup parlé des débuts de la communauté, de son baptême dans l’Esprit Saint et des histoires de providences dans l’histoire de la communauté. L’unité était au coeur de tous cela.

Autre fait marquant : une célébration oecuménique a été célébrée le mercredi soir précédent Pentecôte dans une petite ville à 2h et demi de Prague. Pendant deux heures se sont succédés des intervenants et priants pour vivre une revisitation de l’histoire de cette ville avec des demandes de pardon réciproques : qu’il s’agisse de la guerre hussite au début du 15e siècle, de la guerre de trente ans entre catholiques et protestants, de la période de la Réforme, la contre-Réforme, la persécutions de juifs, l’expulsion des Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale ou encore la persécution des chrétiens pendant le communisme. C’est toute une histoire qui demande à être travaillée et guérie.

Le dimanche après-midi la paroisse et des amis extérieurs à la communauté étaient invités. Il y avait même un jésuite venu de Prague : un très beau moment, où Laurent a donné son témoignage personnel, autour du baptême dans Esprit Saint.

L’Esprit saint a donc soufflé en particulier lors de la vigile de Pentecôte avec un temps de louange accompagné de nombreuses demandes de prières.

Traduction par l’intelligence artificielle

Par Katrīna Reda, mariée, membre de la Communauté

Jésus-Christ est ressuscité ! Alléluia ! Cette année, pour la première fois, la communauté Chemin Neuf en Lettonie a invité ses frères et sœurs, les jeunes, les amis et tous ceux qui le souhaitaient à célébrer ensemble Pâques. Ce furent quatre jours pour s’arrêter ensemble et vivre l’événement pascal, expérimenter la communion fraternelle et se servir les uns les autres, consacrer du temps à la prière personnelle et méditer le chemin de Jésus vers la résurrection.

Le Jeudi Saint

Nous avons commencé ce temps particulier ensemble avec la Sainte Messe de la Cène du Seigneur, qui fut pour beaucoup un moment important pour entrer dans ce temps liturgique. Liene, en repensant à cette expérience, dit : « Cette année, j’ai eu la possibilité de vivre Pâques dans la communauté Chemin Neuf à Liepāja. C’était la première fois que nous célébrions ensemble, et dès le jeudi soir, cette expérience fut profonde et spirituellement riche. Dans la chapelle, une table avait été préparée, symbolisant la dernière Cène des disciples. Cela m’a aidée à entrer plus profondément dans la liturgie et à prendre conscience du début du mystère pascal. »

Le Vendredi Saint

Le vendredi a commencé par une introduction à la journée, un temps de prière personnelle, de silence et la célébration de la vénération de la Croix. Liene ajoute :

« Chaque matin, nous recevions un enseignement et des points pour la prière, ce qui aidait à s’arrêter, réfléchir et entrer plus profondément dans ces jours. La vénération de la Croix m’a particulièrement touchée. »

Ce jour-là, nous avons également participé au chemin de croix œcuménique de Liepāja et, le soir, nous avons regardé ensemble le film La Passion du Christ de Mel Gibson. C’est précisément le chemin de croix qui a permis à beaucoup de vivre une grande unité avec le Christ. Elīna souligne l’importance de cette journée : « Pâques a été un temps vraiment beau et riche — notamment la possibilité de vivre plus profondément la souffrance de Jésus, tant lors du chemin de croix qu’en regardant le film. » Gunta se souvient aussi du chemin de croix : « Nous pouvions presque physiquement ressentir avec Lui le chemin de la croix, en expérimentant le froid, le désespoir et la solitude, mais aussi une joie indescriptible en étant témoins et participants véritables de la victoire de son amour ! »

La Vigile pascale

Le Samedi saint a commencé par une prière commune, un enseignement et un temps de prière personnelle, suivis de la préparation commune de la Messe de la Vigile pascale et de la fête. Chacun avait sa tâche ou son service, pour se mettre au service des autres. Ce fut un temps vraiment beau et fraternel. « Pâques à Liepāja a dépassé mes attentes. La beauté particulière de ces Pâques résidait dans le fait que nous agissions et nous sentions comme les différents membres d’un seul corps, chacun avec sa fonction, mais chacun important et apportant sa contribution ! », écrit Gunta.

La richesse de cette fête résidait aussi dans la diversité des générations, des nationalités et des confessions chrétiennes présentes, ce qui a rendu ce temps particulièrement riche et profond. Valts souligne également son importance :

« L’environnement international et œcuménique nous a touchés, où des personnes si différentes étaient unies par une seule foi. La vigile nocturne et la messe de Pâques, avec leur liturgie belle et riche, ont été une expérience très spéciale et émouvante. »

Sarmīte, de l’Église luthérienne, se souvient : « Nous avons vécu une merveilleuse communion fraternelle et, pour la première fois, j’ai vécu une vigile nocturne. Je suis luthérienne depuis 20 ans, et c’était une première pour moi. Ce furent les meilleures Pâques. Nous avons expérimenté que lorsque nous rendons gloire à Dieu, Il nous élève, nous réjouit et nous surprend — Il a préparé pour nous tant de bonnes choses que nous ne pouvons même pas imaginer. »

Lors de la Messe de la Vigile, nous avons pu vivre la beauté de la liturgie, où certains passages des Écritures ont été mis en scène. Les lectures et les chants étaient en anglais, russe, allemand, français, lituanien et népalais. Anna dit : « J’ai aimé que les enfants soient très impliqués et combien ils étaient attentifs ! C’était super que les chants et les lectures soient dans différentes langues ! »

Les enfants présents nous ont permis de vivre d’une manière particulière le passage de la mer Rouge en le mettant en scène : « Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la Vigile pascale, où les Écritures ont été représentées en petites scènes. Cela a permis de vivre encore plus profondément la Parole de Dieu. »

Un moment inoubliable de cette nuit fut également celui des baptêmes, où deux nouveaux enfants de Dieu se sont joints à nous : « Lors de la vigile pascale, ce fut une joie de voir les baptêmes et d’entendre les témoignages des personnes sur leur chemin vers Dieu. » Pankaj, qui a été baptisé cette nuit-là et a reçu sa première communion, partage avec nous : « J’ai eu l’impression d’être réuni avec quelqu’un que je connaissais, qui me connaissait, et qui m’était cher. Je me suis senti complet. Lors de la très sainte communion, auparavant je croisais les bras sur la poitrine ; maintenant ils étaient ouverts. Ouverts à la lumière, à la grâce, prêts à participer à la très sainte communion. Même en écrivant cela, je ressens la paix de Dieu et sa miséricorde. »

La dimanche de Pâques

Le dimanche matin, nous nous sommes réjouis ensemble, avons loué Dieu et partagé sur ce que nous avions vécu. Pour beaucoup, ce fut une expérience nouvelle et inoubliable :

« Pour la première fois, nous avons vécu une vraie joie pascale avec nos frères et sœurs dans le Christ. Jusqu’à présent, ces fêtes consistaient généralement à assister à un office et à partager un repas en famille ou entre amis. Cette année, nous avons pu passer trois jours en communauté, à louer, prier et nous préparer ensemble à la fête. Nous avons traversé la mer, nous avons vu le tombeau vide, nous avons exulté avec les chœurs célestes, nous avons vécu la renaissance dans les baptêmes et nous nous sommes lancés dans la danse de la victoire de la vie ! Des personnes de différentes nations, âges et parcours de foi, mais pleinement unies dans la joie et dans la conscience que nous sommes choisis par Lui et que rien — ni puissances ni événements de ce monde — ne pourra nous séparer de l’amour du Dieu Trinité », partage Gunta.

Que la joie et la lumière de la résurrection du Christ accompagnent chacun de nous dans notre vie quotidienne.