“Jesus is Black because He was a Jew.” De la Blackness/Négritude dans la Christologie de James H. Cone
Cette recherche s’intéresse à l’identité contemporaine de Jésus telle que formulée par le théologien méthodiste africain américain James H. Cone. Elle vise plus particulièrement à interroger la notion de Black (Blackness) attribuée au Christ, ainsi que les enjeux théologiques qu’elle soulève.
En analysant et commentant les œuvres de Cone, la recherche rend compte de sa proposition christologique : « Jesus is Black because He was a Jew », ancrée dans l’expérience (spirituelle, politique, culturelle) particulière des Africains Américains. Pour le théologien, l’identité de Jésus juive se révèle dans son identification aux pauvres, aux opprimés, aux Noirs qu’il libère et rend capables de lutter contre les systèmes et structures d’oppression. La Blackness ou Négritude, apparaît ainsi comme une notion révolutionnaire et provocatrice, qui exprime le mystère de la personne et la mission de libération du Christ, telles dévoilés dans les Écritures.
Cependant, cette élaboration théologique laisse entrevoir certains silences, qui donneront naissance à la théologie womanist. Les critiques portées par cette dernière, ainsi que la mise en lumière des limites de la christologie de Cone, permettent une approche plus englobante et plus riche de la notion de Blackness appliquée au Christ, dans la mesure où elle prend compte l’expérience souffrante des femmes noires de même que leur capacité de survie et de résistance.
Au terme de cette étude, la Négritude, utilisée pour traduire la Blackness, acquiert un contenu théologique suffisamment dense pour exprimer l’identité du Christ à partir de l’expérience des Africains descendants du continent africain et des Caraïbes. La négritude de Jésus désigne la révélation du Christ qui transforme la nuit des opprimés en une aurore de résurrection.
Anne-Cathy Graber, sœur consacrée de la Communauté du Chemin Neuf, pasteure a participé à la rencontre entre les représentants de diverses traditions chrétiennes qui s’est tenue à Istanbul et nous partage son expérience.
« Quand les responsables exécutifs des Églises choisissent de partager et de porter les fardeaux des uns et des autres… » : tel pourrait être l’intitulé des rencontres annuelles qui existent depuis 1950 entre les responsables des différentes Communions Mondiales (« Conference of Secretaries of Christian World Communions »), tout le spectre protestant, évangélique et pentecôtiste,…, le Dicastère pour l’Unité des Chrétiens, et plusieurs patriarcats orthodoxes.
Quatre jours où il n’y a rien à négocier ! Ni déclaration finale, ni texte œcuménique, … très peu de photos, pas (ou presque pas) de comptes rendus officiels… Alors pourquoi des responsables aux agendas surchargés consacrent-ils une semaine de leur temps à une rencontre dépourvue de visibilité, une sorte de réunion « à huis clos » ?

Peut-être parce qu’ils savent qu’après avoir partagé les événements significatifs de l’année écoulée et les projets de son Église, chacun sera invité à oser dire les vulnérabilités et les tensions auxquelles sa famille ecclésiale doit faire face, notamment concernant les questions de gouvernance. Chacun s’exposera ensuite aux questions (très libres) des uns et des autres, et à leurs prières (spontanées… c’est dire aussi la confiance mutuelle). Ce tour de table de vingt à trente personnes permet une écoute mutuelle qui change le regard que nous avons sur l’institution de l’autre… comme de la sienne, grâce aux questionnements et aux encouragements des uns et des autres.
Cette année 2025, en raison de l’anniversaire de Nicée, nous étions reçus par le patriarcat œcuménique de Constantinople. L’œcuménisme tient une grande place dans ces rencontres non seulement par le fait d’être ensemble, mais aussi parce que c’est l’endroit favorable pour relire tel ou tel dialogue qui vient de se conclure. C’est la raison pour laquelle certaines Eglises viennent à cette rencontre avec leur responsable des relations œcuméniques (d’où ma participation).
Une des questions centrales est celle de discerner les conséquences concrètes d’un dialogue œcuménique pour la vie concrète des Églises. Ainsi, par exemple, celles ayant ratifié la Déclaration Conjointe sur la Justification se retrouvent pour identifier les conséquences de ces signatures communes. Ou encore, cette année, avons-nous échangé autour de l’éventualité d’un jour commun de « fête de la création », l’écoute des réalités douloureuses vécues en Ukraine et de ses conséquences ecclésiales était bien présente…
Ces quatre jours sont aussi le terreau favorable pour prévoir d’autres dialogues et commencer à labourer la terre pour qu’ils puissent avoir lieu. Rien de spectaculaire donc ! Un choix de discrétion, d’un certain silence, pour écouter les questions posées aux Églises.
Des frères et sœurs, économes de pays, se sont retrouvés à Bethanian, en Suisse, pour quelques jours de travail et de prière, de formation et de partage. Un temps fort et fraternel qu’ils vivent chaque année.

Adolphe Compaore, frère de la Communauté du Chemin Neuf, nous transmet des nouvelles du foyer Saint Laurent au Burkina Faso.
« Quand les racines sont profondes, il n’y a pas lieu de craindre le vent », nous dit un proverbe africain.
Ce samedi 18 octobre 2025, la joie et l’espérance ont habité le Foyer Saint Laurent de la Communauté du Chemin Neuf au Burkina Faso.
À l’occasion de la messe de rentrée académique, dite par le Père Luciano COUTO dans une grande ferveur avec les étudiants du foyer et en présence de quelques parents, nous avons confié à Dieu, source de toute sagesse, l’année académique qui commence pour les 16 étudiants, dont :
– 11 catholiques
– 3 protestants (Évangéliques)
– 2 musulmans.
Cette célébration avait une saveur particulière : le foyer fête son deuxième anniversaire de promotion d’étudiants.
Deux années de croissance, de fraternité, de prière, d’engagement et de formation humaine et spirituelle. Deux années de semence… et déjà des fruits visibles.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. » disait Nelson Mandela.
À tous les étudiants, nous souhaitons une année académique bénie, studieuse et féconde.
Que le Seigneur vous donne l’intelligence du cœur, le courage de persévérer, et la grâce de mettre vos talents au service des autres.
« Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche. » Jacques 1,5
« Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, l’homme qui reçoit l’intelligence ! Car elle est préférable à l’argent, elle rapporte plus que l’or. » Proverbes 3,13-14
Aux responsables du foyer, merci pour votre dévouement. Votre accompagnement est une semence précieuse dans le champ de la jeunesse burkinabè. Vous êtes comme ces Anciens dont parlent nos proverbes : « Ce qu’un vieux voit assis, un jeune ne le voit pas même debout. »
Gardons tous à l’esprit « qu’un arbre ne grandit pas en un jour, mais il commence toujours par une graine. »


Puisse ce foyer continuer à grandir, enraciné dans la prière, dans l’unité, et dans l’amour fraternel.
Que cette nouvelle année soit pleine de lumière, d’engagement et de réussite pour chacun.
Infini merci au Père Luciano COUTO qui, au cours de l’homélie, a donné pour cette année les 4 piliers ci-après pour une année merveilleuse :
– Engagement.
– Fraternité.
– Spiritualité.
– Formation.
Bonne rentrée académique à tous !
Bon anniversaire au foyer Saint Laurent !
Michaela Borrmann, sœur consacrée dans la Communauté du Chemin Neuf, nous explique ce que signifie la fête de la Réforme pour l’église luthérienne en Allemagne.

Dans mon église luthérienne en Allemagne, les grandes fêtes sont : Pâques, Noël, la Pentecôte … Puis, il y a des fêtes plus petites comme la fête de la moisson en octobre et ensuite, le 31 octobre, la fête de la Réforme. Martin Luther, moine, prêtre et professeur en théologie, avait fait une rencontre fulgurante avec la miséricorde de Dieu à travers l’épître aux Romains. Le 31 octobre 1517, veille de la Toussaint, il affiche 95 Thèses pour dire que la miséricorde de Dieu est un don gratuit.
Petit cours de rattrapage humoristique sur l’histoire de Martin Luther et les débuts de la Réforme en 5 minutes :
Que fêtons-nous donc le 31 octobre ? Trois choses :
- Sola gratia, « la grâce seule » : Il n’y a que la grâce de Dieu qui, sans mérite de notre part, nous permet d’accueillir l’amour et la miséricorde de Dieu. Si tu as déjà vécu ce pardon immérité qui libère, bienvenue à la fête !
- Sola scriptura, « l’écriture seule » : Il n’y a que dans la Parole de Dieu que nous trouvons la véritable source de notre foi. La traduction de la Bible dans des langues vulgaires est un fruit de cette découverte. Si jamais tu peux lire ta Bible dans ta langue maternelle, tu peux rendre grâce !
- Sola fide, « seule la foi » : Pour accueillir le salut que Dieu veut nous donner, ce ne sont pas nos œuvres qui comptent en premier, mais notre confiance en Dieu. Si jamais tu te trouves arriver devant Dieu les mains vides, tu peux rendre grâce, car le plus précieux pour Dieu est la confiance que tu lui fais ! Il cherche avant tout ton cœur.
Ruth Lagemann, sœur consacrée dans la même Communauté, nous partage ce que le jour de la Réforme fait résonner en elle.

« Depuis le départ de mon pays natal, ce jour de la Réforme, qui dans d’autres pays que l’Allemagne n’est souvent pas connu, m’interpelle de plus en plus. Après une enfance dans une région majoritairement luthérienne (qu’on appelle plutôt «evangelisch / évangélique » car Luther ne souhaitait pas créer une nouvelle église portant son nom, mais plutôt faire revenir l’église catholique romaine à l’Evangile du Christ), où ce jour faisait partie des fêtes de l’année liturgique, ne pas marquer ce jour m’était difficile. Mais est-ce que c’est mieux dans un contexte œcuménique de « fêter » ce jour ou de le « commémorer » ? Comment vivre de manière juste et constructive ensemble? N’est-ce pas un jour qui pourrait nous interpeller dans nos différentes églises et fraternités pour nous remettre au pied de la croix et remettre ce qui, dans nos paroles et actes entre nos églises, n’était pas conforme à l’Evangile ? Entrer communautairement dans le « semper reformanda » ?
Ainsi, nous pourrions ensemble entrer dans la fête de notre unité en Christ, renouvelés et renforcés par le lien de la grâce et de la miséricorde, du salut ! »
Prière de Martin Luther pour l’unité : « Dieu éternel et miséricordieux, toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité, nous t’en supplions, Père, de réunir, par ton Esprit Saint, tout ce qui est divisé. Que nous n’ayons plus qu’un seul cœur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison. »
Une heure pour la justice climatique
Il y a dix ans, la COP21 à Paris débouchait sur un accord ambitieux, visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, quelques mois après la publication de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François. Véritable cri d’alarme sur la dégradation de la Création et vigoureuse exhortation à rejeter notre culture matérialiste du déchet, ce texte a eu une résonance mondiale. Déjà mobilisées sur cette question depuis longtemps, la plupart des Églises chrétiennes se sont résolument engagées pour la sauvegarde de la création et la justice climatique. Des mouvements citoyens et de grandes mobilisations populaires ont également grandi, conduisant à l’adoption de législations ambitieuses dans les Etats démocratiques.
Néanmoins, 10 ans après, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. La pandémie de covid a « confiné » les enthousiasmes des écologistes : les émissions de gaz à effet de serre ont recommencé à augmenter inexorablement d’année en année, les populations des espèces vivantes à s’effondrer, la pollution chimique et plastique à contaminer la Terre et les océans, et les inégalités et injustices à croître. Dans notre pays, plusieurs reculs sont visibles ces derniers mois sur les engagements pour la protection du climat et de la planète, jusque dans les négociations climatiques, où la France retarde la fixation d’objectifs européens de réduction des émissions carbone, affaiblissant la position européenne
C’est dans ce contexte que s’ouvre la COP 30 à Belém au Brésil le 10 novembre 2025. Entre la révision des engagements de réduction des émissions des Etats d’ici 2030, le financement de la transition pour les pays les plus pauvres ou la protection des forêts tropicales, ce sommet mondial pour le climat est annoncé comme majeur.
Face à ces enjeux cruciaux, nous, chrétiennes et chrétiens, ne pouvons rester indifférents. Les représentants des églises protestantes, catholiques et orthodoxes en France nous exhortent d’ailleurs à répondre à l’appel que Dieu nous adresse à travers les voix de la Terre et des plus vulnérables.²
Nous souhaitons faire résonner en silence cette clameur, en nous réunissant dans l’espace public. Les Cercles de silence sont une manière visible, pacifique et inclusive de faire exister les enjeux climatiques et un symbole autant qu’une manière de nous convertir, personnellement et collectivement. Quelles que soient nos convictions, spiritualité ou foi, nous serons unis pour sensibiliser et interpeller les consciences, pour faire grandir notre compassion pour les victimes du réchauffement et pour cultiver notre espérance. Pour les croyants, nous pourrons intercéder pour que les dirigeants réunis au Brésil prennent des décisions courageuses, qui se traduisent en actes.
Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à se réunir dans l’espace public pour témoigner de notre engagement pour le monde. Des pancartes, banderoles et tracts pourront porter notre voix. Nous appelons chacun et chacune à nous rejoindre pour les cercles de silence déjà recensés sur la page dédiée à cet effet ou à en proposer de nouveaux dans sa ville.
Alors que nous fêtons le 800e anniversaire du Cantique de Frère Soleil de François d’Assise, montrons-nous à la hauteur des enjeux pour Sœur notre mère la terre et tous nos frères et sœurs humains et non humains qu’elle abrite et nourrit !
1. Déclaration du CECEF du 1er septembre 2025 pour l’ouverture du Temps pour la création : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/lunite-des-chretiens-2/declarations-du-cecef/442137-proposition-conseil-deglises-chretiennes-france-temps-de-creation-2025/

Signataires :
Action catholique ouvrière
Anastasis
A Rocha
Centre de recherche et d’actions sociales (CERAS)
Communauté du Chemin neuf
Communauté du Puits de Jacob
Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne en France (WCCM France)
Chrétiens Unis pour la Terre
CVX – Réseau Laudato Si
Economy of Francesco France
Eglise Verte
Espérer pour le Vivant
Fédération protestante de France
Filles du coeur de Marie
Greenfaith
Les Amis de La Vie
Lutte & Contemplation
Mission de la mer
Mouvement des Focolari en France
Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne
Province France-Belgique des Franciscains
Province de France-Belgique des soeurs auxiliatrices
Semaines Sociales de France
Soeurs du Prado

Salut ! Moi c’est Mathilde !
J’ai eu la chance de participer trois fois à AMA. AMA ça veut dire « année missionnaire artistique ». C’est pas seulement un spectacle, c’est un engagement et une vraie expérience de vie. J’aime bien dire que ce que j’aime à AMA c’est qu’on partage tout avec les autres de la troupe. On danse ensemble, on créé ensemble, on mange ensemble, on transpire ensemble, on partage ensemble, on prie ensemble… on vit tout ensemble, et ça nous permet de créer une fraternité super soudée, ce qui est hyper important quand on a un projet artistique comme ça ensemble, ça change tout dans le spectacle. Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié c’est le fait de me sentir vraiment accueillie comme j’étais avec les talents que j’avais (ou pas). Je n’avais jamais dansé « sérieusement » avant de participer à AMA et j’y ai trouvé une vraie bienveillance, où chacun aidait et recevait, ça m’a permis de découvrir et déployer ce talent que j’avais en moi ! Chacun peut apporter quelque chose.
C’est aussi vraiment une grâce de pouvoir vivre une expérience artistique avec d’autres chrétiens, la dimension de la prière est vraiment présente et c’est un vrai plus pour construire notre spectacle, pour être inspirés, se donner de la force et surtout donner du sens.
Pouvoir confier chaque échauffement dans la prière change vraiment le sens que l’on donne à ce qu’on construit. Pouvoir partager en Frat les grâces et les difficultés avec les autres de la troupe aide vraiment à avancer et à mettre le Seigneur présent dans chaque détail. Quand on prend du recul et qu’on lui confie tout, on voit finalement que c’est Dieu le vrai directeur artistique derrière tout ça.
Ce spectacle on l’offre pour l’ouverture du festival et partager notre joie aux autres, ce qui me met en joie c’est que le but n’est pas de réaliser THE performance mais de juste PARTAGER avec les autres.



Et pour 2026?
Préparer la soirée d’ouverture du Festival « Welcome To Paradise » pour accueillir les centaines de festivaliers tout juste arrivés à l’Abbaye d’Hautecombe pour vivre l’expérience « Welcome To Paradise »: parler à travers l’art, s’émerveiller, rejoindre par le beau, et le vrai, être authentique, s’émouvoir, faire vibrer le cœur de l’homme, partager la joie, célébrer, faire la fête, danser…
Ca te donne envie ? RDV sur https://jeunes.chemin-neuf.fr/annee-missionnaire-artistique/
Le 30 août, lors d’une célébration solennelle à la cathédrale du Dôme de Riga, Rinalds Grants a été installé comme archevêque de l’Église évangélique luthérienne de Lettonie. Ami proche de la communauté Chemin Neuf, il en a lui-même fait partie et garde une profonde affection pour son ouverture à l’Esprit Saint, sa spiritualité ignatienne et son appel à l’unité des chrétiens.

« Grâce au Chemin Neuf, j’ai pu découvrir à la fois les défis de la vie communautaire et aussi sa beauté et sa richesse. J’y ai encore des amis qui vivent leur foi avec sérieux, mais toujours dans la joie », partage l’archevêque Rinalds Grants.
Pour lui, ce nouveau ministère signifie avant tout suivre l’appel de Dieu et se laisser conduire par l’Esprit Saint.
« Mes priorités sont le soin pastoral – pour les pasteurs comme pour les laïcs – et la mission, surtout auprès des familles, des jeunes et des enfants », confie-t-il.
Sa devise, tirée de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens, exprime le cœur de sa foi :
« Et je vais encore vous montrer une voie par excellence. » (1 Co 12,31) – excellentior via –, introduction au magnifique hymne à l’amour, la plus belle et la plus exigeante description de la charité que le monde connaisse.
Marié à Ieva et père de quatre enfants, l’archevêque a servi pendant vingt-cinq ans à la paroisse de l’Église de Vieille Sainte-Gertrude de Riga. Dans son temps libre, il aime jouer au tennis de table et apprend à danser le tango.
Chaque premier dimanche du mois, KTO et la communauté du Chemin Neuf proposent une veillée de louange en direct de l’église Saint-Louis de Vincennes à 21 h 30.
Une bonne occasion d’inviter de la famille, des amis ou des frères et sœurs de communauté pour partager ensemble une heure de prière rythmée par les jeunes de la communauté et du père Vincent Breynaert, entrecoupée de méditations, et d’invocations du Saint-Esprit.
Une des conductrices de la louange, Aglaé, nous partage son expérience d’une veillée de prière en distanciel.

« Le décompte est là : 3, 2, 1… Puis le top silencieux. Sur le plateau, rien n’a changé et pourtant, des milliers d’auditeurs sont désormais là, derrière la caméra.
Le premier live est plutôt déstabilisant pour moi : comment louer avec d’autres que je ne vois pas ? Rien ne me permet d’imaginer tous ces visages, ces cœurs tournés vers le Seigneur. Et pourtant, la régie commence à nous transmettre certaines demandes d’intercession laissés sur le chat.
L’Esprit fidèle est là, il me rassure. « Seigneur, je ne suis pas capable, mais avec Toi je peux tout ». D’abord ce cœur à cœur avec le Père, qui s’ouvrira ensuite aux autres.
Au fil des mois, les lives deviennent un torrent de grâce de l’Esprit. Outre le lâcher-prise sur mes faiblesses, c’est l’apprentissage d’une nouvelle manière d’être avec Lui : me mettre à son écoute et lui ouvrir mon cœur. J’ai appris à me tenir petite et vulnérable devant Dieu, mais aussi devant les autres. J’ai goûté à la beauté de m’appuyer sur mes frères et sœurs pour « être » avec Dieu, de prier avec leurs prières, de faire corps avec eux pour entrer dans la communion de l’Église. Le Berger a mené sa brebis au milieu du troupeau après l’avoir ramenée sur ses épaules.
C’est donc une liberté toujours croissante que j’ai découverte. Une liberté dans l’audace. Une liberté dans l’unité. Une joie profonde de simplement pouvoir me tenir devant le Père, avec mes frères et sœurs sur le plateau, mais aussi avec ceux qui suivent à travers le monde. Une joie d’être unis pour louer Son Nom et de nous mettre en mouvement ensemble en suivant Son appel. »
Il y a soixante ans, le 28 octobre 1965, le concile Vatican II publiait Nostra Aetate, une déclaration historique qui allait transformer la relation de l’Église catholique avec les autres religions. En quelques pages seulement, ce texte marquait une rupture profonde avec des siècles de méfiance et ouvrait la voie au dialogue, à la reconnaissance des valeurs spirituelles présentes dans d’autres traditions et à la condamnation de toute forme d’antisémitisme. Soixante ans plus tard, Nostra Aetate demeure une référence essentielle pour la compréhension mutuelle, la paix et la fraternité entre croyants du monde entier.
À la veille de ce soixantième anniversaire, nous vous proposons de lire ou de relire ce texte fondateur.
PAUL, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE,
POUR QUE LE SOUVENIR S’EN MAINTIENNE À JAMAIS.
DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L’ÉGLISE
AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES
NOSTRA AETATE
1. Préambule
À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.
Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre [1] ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous [2], jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière [3].
Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ?
2. Les diverses religions non chrétiennes
Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller, de façons diverses, au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.
L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses [4]. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.
3. La religion musulmane
L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.
4. La religion juive
Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.
L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils [7]. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].
L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ.
Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée [9] ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion [10]. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance [11]. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9) [12].
Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.
En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.
D’ailleurs, comme l’Église l’a toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l’Église, dans sa prédication, est donc d’annoncer la croix du Christ comme signe de l’amour universel de Dieu et comme source de toute grâce.
5. La fraternité universelle excluant toute discrimination
Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Écriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jn 4, 8). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.
L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. En conséquence, le saint Concile, suivant les traces des saints Apôtres Pierre et Paul, prie ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une belle conduite » (1 P 2, 12), si c’est possible, et de vivre en paix, pour autant qu’il dépend d’eux, avec tous les hommes [14], de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux [15].
Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.
Rome, à Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.
Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.
[1] Ac 17, 26.
[2] Sg 8, 1 ; Ac 14, 17 ; Rm 2, 6-7 ; 1 Tm 2, 4.
[3] Ap 21, 23-24.
[4] 2 Co 5, 18-19.
[5] Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ; PL 148, 451 A.
[6] Ga 3, 7.
[7] Rm 11, 17-24.
[8] Ep 2, 14-16.
[9] Lc 19, 44.
[10] Rm 11, 28.
[11] Rm 11, 28-29. – Conc. Vat. II, Lumen gentium : 16 AAS (1965), p. 57.
[12] Is 66, 23 ; Ps 65, 4 ; Rm 11, 11-32.
[13] Jn 19, 6.
[14] Rm 12, 18.
[15] Mt 5, 45.