Michaela Borrmann, sœur consacrée dans la Communauté du Chemin Neuf, nous explique ce que signifie la fête de la Réforme pour l’église luthérienne en Allemagne.

Dans mon église luthérienne en Allemagne, les grandes fêtes sont : Pâques, Noël, la Pentecôte … Puis, il y a des fêtes plus petites comme la fête de la moisson en octobre et ensuite, le 31 octobre, la fête de la Réforme. Martin Luther, moine, prêtre et professeur en théologie, avait fait une rencontre fulgurante avec la miséricorde de Dieu à travers l’épître aux Romains. Le 31 octobre 1517, veille de la Toussaint, il affiche 95 Thèses pour dire que la miséricorde de Dieu est un don gratuit.
Petit cours de rattrapage humoristique sur l’histoire de Martin Luther et les débuts de la Réforme en 5 minutes :
Que fêtons-nous donc le 31 octobre ? Trois choses :
- Sola gratia, « la grâce seule » : Il n’y a que la grâce de Dieu qui, sans mérite de notre part, nous permet d’accueillir l’amour et la miséricorde de Dieu. Si tu as déjà vécu ce pardon immérité qui libère, bienvenue à la fête !
- Sola scriptura, « l’écriture seule » : Il n’y a que dans la Parole de Dieu que nous trouvons la véritable source de notre foi. La traduction de la Bible dans des langues vulgaires est un fruit de cette découverte. Si jamais tu peux lire ta Bible dans ta langue maternelle, tu peux rendre grâce !
- Sola fide, « seule la foi » : Pour accueillir le salut que Dieu veut nous donner, ce ne sont pas nos œuvres qui comptent en premier, mais notre confiance en Dieu. Si jamais tu te trouves arriver devant Dieu les mains vides, tu peux rendre grâce, car le plus précieux pour Dieu est la confiance que tu lui fais ! Il cherche avant tout ton cœur.
Ruth Lagemann, sœur consacrée dans la même Communauté, nous partage ce que le jour de la Réforme fait résonner en elle.

« Depuis le départ de mon pays natal, ce jour de la Réforme, qui dans d’autres pays que l’Allemagne n’est souvent pas connu, m’interpelle de plus en plus. Après une enfance dans une région majoritairement luthérienne (qu’on appelle plutôt «evangelisch / évangélique » car Luther ne souhaitait pas créer une nouvelle église portant son nom, mais plutôt faire revenir l’église catholique romaine à l’Evangile du Christ), où ce jour faisait partie des fêtes de l’année liturgique, ne pas marquer ce jour m’était difficile. Mais est-ce que c’est mieux dans un contexte œcuménique de « fêter » ce jour ou de le « commémorer » ? Comment vivre de manière juste et constructive ensemble? N’est-ce pas un jour qui pourrait nous interpeller dans nos différentes églises et fraternités pour nous remettre au pied de la croix et remettre ce qui, dans nos paroles et actes entre nos églises, n’était pas conforme à l’Evangile ? Entrer communautairement dans le « semper reformanda » ?
Ainsi, nous pourrions ensemble entrer dans la fête de notre unité en Christ, renouvelés et renforcés par le lien de la grâce et de la miséricorde, du salut ! »
Prière de Martin Luther pour l’unité : « Dieu éternel et miséricordieux, toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité, nous t’en supplions, Père, de réunir, par ton Esprit Saint, tout ce qui est divisé. Que nous n’ayons plus qu’un seul cœur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison. »
Une heure pour la justice climatique
Il y a dix ans, la COP21 à Paris débouchait sur un accord ambitieux, visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, quelques mois après la publication de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François. Véritable cri d’alarme sur la dégradation de la Création et vigoureuse exhortation à rejeter notre culture matérialiste du déchet, ce texte a eu une résonance mondiale. Déjà mobilisées sur cette question depuis longtemps, la plupart des Églises chrétiennes se sont résolument engagées pour la sauvegarde de la création et la justice climatique. Des mouvements citoyens et de grandes mobilisations populaires ont également grandi, conduisant à l’adoption de législations ambitieuses dans les Etats démocratiques.
Néanmoins, 10 ans après, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. La pandémie de covid a « confiné » les enthousiasmes des écologistes : les émissions de gaz à effet de serre ont recommencé à augmenter inexorablement d’année en année, les populations des espèces vivantes à s’effondrer, la pollution chimique et plastique à contaminer la Terre et les océans, et les inégalités et injustices à croître. Dans notre pays, plusieurs reculs sont visibles ces derniers mois sur les engagements pour la protection du climat et de la planète, jusque dans les négociations climatiques, où la France retarde la fixation d’objectifs européens de réduction des émissions carbone, affaiblissant la position européenne
C’est dans ce contexte que s’ouvre la COP 30 à Belém au Brésil le 10 novembre 2025. Entre la révision des engagements de réduction des émissions des Etats d’ici 2030, le financement de la transition pour les pays les plus pauvres ou la protection des forêts tropicales, ce sommet mondial pour le climat est annoncé comme majeur.
Face à ces enjeux cruciaux, nous, chrétiennes et chrétiens, ne pouvons rester indifférents. Les représentants des églises protestantes, catholiques et orthodoxes en France nous exhortent d’ailleurs à répondre à l’appel que Dieu nous adresse à travers les voix de la Terre et des plus vulnérables.²
Nous souhaitons faire résonner en silence cette clameur, en nous réunissant dans l’espace public. Les Cercles de silence sont une manière visible, pacifique et inclusive de faire exister les enjeux climatiques et un symbole autant qu’une manière de nous convertir, personnellement et collectivement. Quelles que soient nos convictions, spiritualité ou foi, nous serons unis pour sensibiliser et interpeller les consciences, pour faire grandir notre compassion pour les victimes du réchauffement et pour cultiver notre espérance. Pour les croyants, nous pourrons intercéder pour que les dirigeants réunis au Brésil prennent des décisions courageuses, qui se traduisent en actes.
Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à se réunir dans l’espace public pour témoigner de notre engagement pour le monde. Des pancartes, banderoles et tracts pourront porter notre voix. Nous appelons chacun et chacune à nous rejoindre pour les cercles de silence déjà recensés sur la page dédiée à cet effet ou à en proposer de nouveaux dans sa ville.
Alors que nous fêtons le 800e anniversaire du Cantique de Frère Soleil de François d’Assise, montrons-nous à la hauteur des enjeux pour Sœur notre mère la terre et tous nos frères et sœurs humains et non humains qu’elle abrite et nourrit !
1. Déclaration du CECEF du 1er septembre 2025 pour l’ouverture du Temps pour la création : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/lunite-des-chretiens-2/declarations-du-cecef/442137-proposition-conseil-deglises-chretiennes-france-temps-de-creation-2025/

Signataires :
Action catholique ouvrière
Anastasis
A Rocha
Centre de recherche et d’actions sociales (CERAS)
Communauté du Chemin neuf
Communauté du Puits de Jacob
Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne en France (WCCM France)
Chrétiens Unis pour la Terre
CVX – Réseau Laudato Si
Economy of Francesco France
Eglise Verte
Espérer pour le Vivant
Fédération protestante de France
Filles du coeur de Marie
Greenfaith
Les Amis de La Vie
Lutte & Contemplation
Mission de la mer
Mouvement des Focolari en France
Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne
Province France-Belgique des Franciscains
Province de France-Belgique des soeurs auxiliatrices
Semaines Sociales de France
Soeurs du Prado

Salut ! Moi c’est Mathilde !
J’ai eu la chance de participer trois fois à AMA. AMA ça veut dire « année missionnaire artistique ». C’est pas seulement un spectacle, c’est un engagement et une vraie expérience de vie. J’aime bien dire que ce que j’aime à AMA c’est qu’on partage tout avec les autres de la troupe. On danse ensemble, on créé ensemble, on mange ensemble, on transpire ensemble, on partage ensemble, on prie ensemble… on vit tout ensemble, et ça nous permet de créer une fraternité super soudée, ce qui est hyper important quand on a un projet artistique comme ça ensemble, ça change tout dans le spectacle. Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié c’est le fait de me sentir vraiment accueillie comme j’étais avec les talents que j’avais (ou pas). Je n’avais jamais dansé « sérieusement » avant de participer à AMA et j’y ai trouvé une vraie bienveillance, où chacun aidait et recevait, ça m’a permis de découvrir et déployer ce talent que j’avais en moi ! Chacun peut apporter quelque chose.
C’est aussi vraiment une grâce de pouvoir vivre une expérience artistique avec d’autres chrétiens, la dimension de la prière est vraiment présente et c’est un vrai plus pour construire notre spectacle, pour être inspirés, se donner de la force et surtout donner du sens.
Pouvoir confier chaque échauffement dans la prière change vraiment le sens que l’on donne à ce qu’on construit. Pouvoir partager en Frat les grâces et les difficultés avec les autres de la troupe aide vraiment à avancer et à mettre le Seigneur présent dans chaque détail. Quand on prend du recul et qu’on lui confie tout, on voit finalement que c’est Dieu le vrai directeur artistique derrière tout ça.
Ce spectacle on l’offre pour l’ouverture du festival et partager notre joie aux autres, ce qui me met en joie c’est que le but n’est pas de réaliser THE performance mais de juste PARTAGER avec les autres.



Et pour 2026?
Préparer la soirée d’ouverture du Festival « Welcome To Paradise » pour accueillir les centaines de festivaliers tout juste arrivés à l’Abbaye d’Hautecombe pour vivre l’expérience « Welcome To Paradise »: parler à travers l’art, s’émerveiller, rejoindre par le beau, et le vrai, être authentique, s’émouvoir, faire vibrer le cœur de l’homme, partager la joie, célébrer, faire la fête, danser…
Ca te donne envie ? RDV sur https://jeunes.chemin-neuf.fr/annee-missionnaire-artistique/
Le 30 août, lors d’une célébration solennelle à la cathédrale du Dôme de Riga, Rinalds Grants a été installé comme archevêque de l’Église évangélique luthérienne de Lettonie. Ami proche de la communauté Chemin Neuf, il en a lui-même fait partie et garde une profonde affection pour son ouverture à l’Esprit Saint, sa spiritualité ignatienne et son appel à l’unité des chrétiens.

« Grâce au Chemin Neuf, j’ai pu découvrir à la fois les défis de la vie communautaire et aussi sa beauté et sa richesse. J’y ai encore des amis qui vivent leur foi avec sérieux, mais toujours dans la joie », partage l’archevêque Rinalds Grants.
Pour lui, ce nouveau ministère signifie avant tout suivre l’appel de Dieu et se laisser conduire par l’Esprit Saint.
« Mes priorités sont le soin pastoral – pour les pasteurs comme pour les laïcs – et la mission, surtout auprès des familles, des jeunes et des enfants », confie-t-il.
Sa devise, tirée de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens, exprime le cœur de sa foi :
« Et je vais encore vous montrer une voie par excellence. » (1 Co 12,31) – excellentior via –, introduction au magnifique hymne à l’amour, la plus belle et la plus exigeante description de la charité que le monde connaisse.
Marié à Ieva et père de quatre enfants, l’archevêque a servi pendant vingt-cinq ans à la paroisse de l’Église de Vieille Sainte-Gertrude de Riga. Dans son temps libre, il aime jouer au tennis de table et apprend à danser le tango.
Chaque premier dimanche du mois, KTO et la communauté du Chemin Neuf proposent une veillée de louange en direct de l’église Saint-Louis de Vincennes à 21 h 30.
Une bonne occasion d’inviter de la famille, des amis ou des frères et sœurs de communauté pour partager ensemble une heure de prière rythmée par les jeunes de la communauté et du père Vincent Breynaert, entrecoupée de méditations, et d’invocations du Saint-Esprit.
Une des conductrices de la louange, Aglaé, nous partage son expérience d’une veillée de prière en distanciel.

« Le décompte est là : 3, 2, 1… Puis le top silencieux. Sur le plateau, rien n’a changé et pourtant, des milliers d’auditeurs sont désormais là, derrière la caméra.
Le premier live est plutôt déstabilisant pour moi : comment louer avec d’autres que je ne vois pas ? Rien ne me permet d’imaginer tous ces visages, ces cœurs tournés vers le Seigneur. Et pourtant, la régie commence à nous transmettre certaines demandes d’intercession laissés sur le chat.
L’Esprit fidèle est là, il me rassure. « Seigneur, je ne suis pas capable, mais avec Toi je peux tout ». D’abord ce cœur à cœur avec le Père, qui s’ouvrira ensuite aux autres.
Au fil des mois, les lives deviennent un torrent de grâce de l’Esprit. Outre le lâcher-prise sur mes faiblesses, c’est l’apprentissage d’une nouvelle manière d’être avec Lui : me mettre à son écoute et lui ouvrir mon cœur. J’ai appris à me tenir petite et vulnérable devant Dieu, mais aussi devant les autres. J’ai goûté à la beauté de m’appuyer sur mes frères et sœurs pour « être » avec Dieu, de prier avec leurs prières, de faire corps avec eux pour entrer dans la communion de l’Église. Le Berger a mené sa brebis au milieu du troupeau après l’avoir ramenée sur ses épaules.
C’est donc une liberté toujours croissante que j’ai découverte. Une liberté dans l’audace. Une liberté dans l’unité. Une joie profonde de simplement pouvoir me tenir devant le Père, avec mes frères et sœurs sur le plateau, mais aussi avec ceux qui suivent à travers le monde. Une joie d’être unis pour louer Son Nom et de nous mettre en mouvement ensemble en suivant Son appel. »
Il y a soixante ans, le 28 octobre 1965, le concile Vatican II publiait Nostra Aetate, une déclaration historique qui allait transformer la relation de l’Église catholique avec les autres religions. En quelques pages seulement, ce texte marquait une rupture profonde avec des siècles de méfiance et ouvrait la voie au dialogue, à la reconnaissance des valeurs spirituelles présentes dans d’autres traditions et à la condamnation de toute forme d’antisémitisme. Soixante ans plus tard, Nostra Aetate demeure une référence essentielle pour la compréhension mutuelle, la paix et la fraternité entre croyants du monde entier.
À la veille de ce soixantième anniversaire, nous vous proposons de lire ou de relire ce texte fondateur.
PAUL, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE,
POUR QUE LE SOUVENIR S’EN MAINTIENNE À JAMAIS.
DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L’ÉGLISE
AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES
NOSTRA AETATE
1. Préambule
À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.
Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre [1] ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous [2], jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière [3].
Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ?
2. Les diverses religions non chrétiennes
Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller, de façons diverses, au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.
L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses [4]. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.
3. La religion musulmane
L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.
4. La religion juive
Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.
L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils [7]. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].
L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ.
Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée [9] ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion [10]. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance [11]. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9) [12].
Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ [13], ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.
En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.
D’ailleurs, comme l’Église l’a toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l’Église, dans sa prédication, est donc d’annoncer la croix du Christ comme signe de l’amour universel de Dieu et comme source de toute grâce.
5. La fraternité universelle excluant toute discrimination
Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Écriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jn 4, 8). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.
L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. En conséquence, le saint Concile, suivant les traces des saints Apôtres Pierre et Paul, prie ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une belle conduite » (1 P 2, 12), si c’est possible, et de vivre en paix, pour autant qu’il dépend d’eux, avec tous les hommes [14], de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux [15].
Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.
Rome, à Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.
Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.
[1] Ac 17, 26.
[2] Sg 8, 1 ; Ac 14, 17 ; Rm 2, 6-7 ; 1 Tm 2, 4.
[3] Ap 21, 23-24.
[4] 2 Co 5, 18-19.
[5] Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ; PL 148, 451 A.
[6] Ga 3, 7.
[7] Rm 11, 17-24.
[8] Ep 2, 14-16.
[9] Lc 19, 44.
[10] Rm 11, 28.
[11] Rm 11, 28-29. – Conc. Vat. II, Lumen gentium : 16 AAS (1965), p. 57.
[12] Is 66, 23 ; Ps 65, 4 ; Rm 11, 11-32.
[13] Jn 19, 6.
[14] Rm 12, 18.
[15] Mt 5, 45.

« Sur ta parole, je vais jeter les filets »
Chers frères et sœurs, chers amis,
Durant des années, nous nous sommes reconnus dans ces paroles de Luc 5, 5-7 :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
Le 11 octobre 2025, jour de l’inauguration solennelle du LUMEUM, cette Parole a pris chair sous nos yeux. Ce que nous avons vécu depuis l’ouverture, dépasse tout ce que nous aurions pu imaginer. Mgr Bonnemain pour l’Église catholique, le pasteur Michaël Candrian pour l’Église réformée d’Obwald et le pasteur Andy Owen de l’Église évangélique pentecôtiste de Lucerne étaient présents pour bénir ce lieu. Un signe œcuménique magnifique, à l’image du message de paix de Nicolas et Dorothée.
Les autorités civiles étaient représentées par Monsieur Hubert Schumacher, député auprès du gouvernement fédéral de Suisse. Monsieur Christian Schäli, président du département de la culture et de l’éducation du canton d’Obwald a déclaré dans son discours : « Nous sommes fiers d’accueillir « Nicolas et Dorothée Alive » et le Lumeum dans notre canton. Frère Nicolas et Dorothée dont le rayonnement demeure exceptionnel, incarnent encore aujourd’hui des valeurs fondamentales orientées vers la paix. » Il a souligné que les pensées, les images et la force intérieure de Nicolas, conseiller et artisan de paix continuent d’exercer une influence profonde bien au-delà des frontières de la Suisse.
Une vision née dans le silence
Paradoxalement, c’est le Covid qui nous a offert ce cadeau inattendu : lorsque toute l’activité du monastère s’est arrêtée, un espace de prière s’est ouvert. Dans ce désert forcé, le Seigneur a déposé une vision. Mon épouse Anny et moi-même avons initié ce projet encouragé par nos responsables de la communauté. Ils ont rapidement donné leur feu vert par ces mots simples et pleins de confiance : « Allez-y, foncez ! » Cette réponse audacieuse nous a permis de transformer un rêve en projet concret.


Un projet fou devenu réalité
Transformer l’ancienne piscine du monastère de Bethanien en un espace immersif à 360° racontant la vie de Nicolas de Flüe et de Dorothée Wyss : qui aurait pu croire qu’un tel projet verrait le jour ? Cinq années de travail ardu, 2’160’000 €uros investis grâce au soutien de tant de mains tendues – collectivités, fondations, paroisses, entrepreneurs et donateurs particuliers. Trouver les fonds fut un chemin difficile, laborieux, mais aussi rempli de moments de grande joie et d’émerveillement devant l’action de la providence. « N’ayez pas peur » fut la parole méditée au quotidien. Le Seigneur a agi. Au début, les sœurs et frères de la maison ont accueilli le projet avec prudence et questionnements légitimes. Mais en constatant le sérieux de la démarche et les signes concrets de l’action du Seigneur, ils se sont progressivement ralliés au projet.
Durant ces années, une soixantaine de bénévoles ont donné temps et énergie. Les sessions Ora et Labora, les travaux lors d’exercices de Saint Ignace, les jeunes du service civique, des membres de nos familles et l’engagement de frères et sœurs de la communion ont pris une grande part dans les travaux de rénovations. Ensemble, nous avons prié, de concert avec les sœurs Dominicaines de Béthanie pour que nous sachions entendre ce que le Seigneur veut pour ce lieu.
Le fruit est là : 325 m² de projection, 100 peintures originales de l’artiste peintre Olivier Desvaux animées avec virtuosité par Abeille Brissaud, des compositions musicales de Joel von Moos, Nadja Räss, les Geschwistern Küng, Lauren Daigle et Marina Poydenot – membre de notre communauté. Un voyage où l’histoire devient tangible, où la spiritualité se fait expérience sensorielle qui interpelle.


La pêche miraculeuse : plus de 2500 visiteurs
Et voici que depuis l’ouverture, plus de 2500 personnes ont franchi les portes de Bethanien et de Lumeum. Des familles, des classes scolaires, des groupes de pèlerins, des curieux de 7 à 77 ans et au-delà. Ils viennent découvrir ce nouveau fleuron culturel et spirituel de Suisse centrale, cette expérience unique en son genre.
« Que le nom de Jésus soit votre salut ! » – la salutation habituelle de Nicolas de Flüe résonne aujourd’hui dans le cœur de milliers de visiteurs. Ils repartent touchés par ce couple du 15ème siècle qui parle si fort à notre époque : responsabilité, famille, bouleversements sociétaux, paix, consentement au quotidien, joie du don, force puisée dans la prière.
Les filets se remplissent. Et comme les disciples, nous découvrons que la barque ne peut plus contenir seule toute cette abondance.



Bethanien se transforme : une nouvelle mission prend forme
Cette affluence inattendue transforme sous nos yeux la mission même du monastère de Bethanien. Ce n’est plus seulement un lieu de retraites spirituelles pour quelques-uns, mais un carrefour vivant où se croisent des centaines de chercheurs de sens et de paix.
Le foyer d’accueil où l’on achète les billets est devenu spontanément un espace de rencontre. Une littérature sur les témoins de la paix universelle y est proposée. Les visiteurs s’arrêtent, feuillètent, questionnent. Des conversations naissent. Notre site www.lumeum.ch rayonne maintenant en allemand, français, anglais, et bientôt italien. Le message traverse les frontières linguistiques.
L’espace de restauration connaît une croissance qu’il nous faut accompagner. Mais plus qu’une question d’intendance, c’est une opportunité : ce lieu devient le point de rencontre naturel où les visiteurs découvrent nos propositions de retraites pour couples, familles, individuels – toute la richesse des activités de la Communauté du Chemin Neuf.
Frères et sœurs, contemplez ce que le Seigneur fait ! Il ne nous donne pas une simple croissance numérique, mais un terreau fertile pour une vie communautaire fraternelle, évangélisatrice et épanouissante. Ce que nous vivons à Bethanien n’est pas qu’un succès culturel. C’est une porte ouverte sur une nouvelle forme de mission : accueillir, émerveiller, accompagner des milliers de personnes qui, touchées par la beauté et la profondeur de l’expérience LUMEUM, peuvent ensuite découvrir le Christ vivant dans nos communautés.
Nous croyons avec force que c’est le désir du Seigneur, non seulement pour nous, mais pour la Suisse tout entière et bien au-delà des frontières.
Rendre grâce et accueillir l’inattendu
La moisson est abondante. Les barques sont pleines à enfoncer. Et comme les disciples de Luc 5, nous sommes appelés à faire signe aux « compagnons de l’autre barque » pour accueillir ensemble cette surabondance.
Rendons grâce pour ce miracle qui se déploie sous nos yeux. Et demandons au Seigneur la grâce d’accueillir avec sagesse, joie et disponibilité cette nouvelle étape de la mission qu’Il nous confie à Bethanien.
Pour le BethanienTeam
Silvère Lang
Informations pratiques
LUMEUM – Monastère de Bethanien.
Mercredi à dimanche, 13h00 – 17h00 (dernière entrée 17h00)
Groupes sur rendez-vous
www.lumeum.ch

Rūta et Kaspars Poikāni sont un couple artiste de la Communauté. Originaires de Lettonie, ils travaillent la mosaïque, la peinture et la sculpture. Ils ont créé l’atelier Saint-Luc et réalisent des œuvres dans des églises, chapelles, ainsi que des œuvres plus petites. L’un de leurs projets actuels est celui de la chapelle de la maison de la Communauté à Liepāja, en Lettonie. Ils organisent chaque année un stage d’icônes, ouvert à tous. Nous revenons avec eux sur ces deux projets qu’ils portent ensemble.

Où en est le projet d’œuvre mosaïque de la chapelle de la maison communautaire à Liepāja, en Lettonie ?
C’est à Liepāja, dans une ville au bord de la mer Baltique en Lettonie, dans un ancien quartier militaire russe, que se trouve la maison de la Communauté du Chemin Neuf. C’est une bâtisse de l’époque des tsars russes, qui a été transformée en maison de retraites spirituelles. À partir des ruines d’un vieil entrepôt, une nouvelle chapelle fut créée. C’est symbolique dans notre monde incertain et, vu le contexte politique actuel, c’est un signe que la force spirituelle domine la force brutale et dégradante.
L’intérieur de la chapelle est blanc, lumineux et épuré. L’autel et l’ambon sont en travertin clair, quelques icônes ornent la chapelle et sur le mur derrière l’autel une grande mosaïque murale a été créée. Tout est fait pour que l’art et le beau règnent et puisse toucher et consoler les âmes.
La mosaïque représente la Jérusalem Céleste, selon l’Apocalypse. Les grands personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les saints importants pour notre Communauté louent le Seigneur. La figure du Christ et au centre, et de son trône coule le fleuve, celui qui apporte la vie partout (selon le livre d’Ézéchiel, chapitre 47). Dans le livre que Jésus tient à la main, il y a cette parole « je fais toute chose nouvelle ».
Nous avons déjà réalisé 15 personnages de l’Ancien Testament et la figure du Christ au centre. Maintenant nous travaillons sur le fleuve, qui apporte la vie. Pour continuer le travail, nous avons besoin les dons. Vous pouvez soutenir ce projet exceptionnel par votre participation.
Vous pouvez nous soutenir avec votre don, en précisant sa destination : https://dons.chemin-neuf.fr/page-mosaique/







Quel est le stage d’icônes que vous animez ?
Dans l’abbaye des Dombes depuis 2002, il y a atelier de Saint Luc, où nous créons les icônes , les mosaïques et les fresques. Nous avons nommé notre atelier au nom de Saint Luc, évangéliste, qui, selon la tradition est le premier peintre des icônes et donc aussi saint-patron des peintres d’icônes. Nous avons la chance être les auteurs de beaucoup d’œuvres.
Nous avons la joie aussi partager notre expérience et notre passion, en donnant les stages depuis 20 ans déjà. Pendant une semaine vous pouvez découvrir cet art particulier et passionnant, qui est profondément habité par la présence du Seigneur. Dans cadre verdoyant et apaisant, en présence de liturgie communautaire, qui rythme les journées, nous pouvons apprendre à nous plonger dans cet art, qui est aussi une prière avec le pinceau à la main. Nous apprenons la technique de tempéra, les dessins selon les principes d’iconographie, comment on utilise les matériaux naturels ( pigments, la tempéra a l’œuf, etc..) Nous étudions aussi la spiritualité, la symbolique, la langage des icônes. Pendant la semaine nous prions devant les icônes. Nous sommes tous profondément touchés à quel point les icônes parlent à nos cœurs, un peu comme l’Écriture. Les orthodoxes disent, que les icônes sont la Bible en couleurs, et c’est bien ça que nous expérimentons.
Tous ceux qui veulent découvrir la peinture des icônes, soyez les bienvenus. Aucune formation préalable est nécessaire, les stages sont adressés à tous. Vous pouvez découvrir les stages de mosaïque (byzantine ou romaine) aussi.
Prochaines dates des stages à l’abbaye Notre-Dame-des-Dombes :
- 16 – 20 mars 2026
- 8 – 12 juin 2026
Inscription pour les stages icônes sur ce site : https://dombes.chemin-neuf.fr/se-former/stage-icones/
Découvrir le site internet de l’atelier Saint-Luc : https://ateliersaintluc.fr/fr/icones-mosaiques-fresques/






Les 4 cycles de formation animés par la Communauté du Chemin Neuf ont débuté au cours du mois de septembre aux quatre coins du monde :
- A la Chartreuse de Saragosse en Espagne ce sont 47 participants, originaires de 13 pays, en majorité des familles qui prennent part à Aula Dei Experiment. Ils ont débuté la formation par une semaine sur la Genèse.
- Au Centre International de Tibériade en Côte d’Ivoire, pas moins de 20 participants de 8 nationalités différentes commencent le cycle de formation.
- A l’abbaye d’Hautecombe, en France, 42 jeunes issus de 13 pays sont aussi réunis et vivent cette année au travers des 5 piliers : la formation, la prière, la vie communautaire, la mission et l’écologie intégrale.
- Enfin, pour la troisième année, The Community at the Crossing rassemble 13 jeunes à New York dans la cathédrale épiscopalienne, pour une année de formation. Ces 13 jeunes sont issus de 3 pays et de 6 églises différentes (épiscopalienne, presbytérienne, catholique-romaine, évangélique-luthérienne, protestantes et non confessionnelles).
Retrouvez quelques photos des rentrées et des témoignages :
Témoignages :

Jean-Baptiste David, France, en formation au Centre International de Tibériade :
Me former avec le Chemin Neuf a été la conséquence d’une décision, celle de faire le parcours JET, qui inclut la formation avant de partir en mission à l’étranger, pour une expérience de volontariat international. Évidemment, ce choix était mûrement réfléchi, mais demandait de franchir un pas et d’accepter l’inconnu. J’ai donc reçu puis accepté la proposition de suivre l’École de disciples de Tibériade 1 en Côte d’Ivoire.
Je me retrouvais ainsi entouré de treize jeunes, et deux couples, aux origines culturelles très diverses. L’aspect le plus marquant de cette formation pour moi a sans aucun doute été la fraternité. Qui est mon frère, qui est ma sœur ? Celui ou celle que je choisis ? Ou celui ou celle qui m’est donné ? Une semaine y était dédiée, au milieu de la formation. Ainsi, une fille m’a avoué: « Je te trouve froid avec moi, j’ai l’impression que tu n’aimes pas ma tête ». Le moment était fort, intense, et la remise en question réelle. Je n’avais rien contre cette fille, pourtant, je pensais être cordial avec elle. Mais mon comportement n’était selon elle pas en accord avec ce que je pensais. La notion de fraternité a ainsi pris encore plus de sens. Etre chrétien, c’est aimer son prochain. Pas juste l’accepter, mais l’aimer.

Marie Epiphanie Kagamé, Côte d’Ivoire, en formation au Centre International de Tibériade :
Mon cheminement avec la communauté est relativement récent, et le parcours à Tibériade m’a été proposé à la fin de la retraite Jéricho. Ce parcours a été pour moi un élan vers Jésus et la découverte d’un univers qui m’était inconnu, à savoir notamment : la prière ignatienne, la lecture de la bible, la compréhension de la messe, l’adoration eucharistique, la vie communautaire (fraternité)… Je retiens particulièrement deux temps forts. Tout d’abord la semaine de la « vie dans l’Esprit », qui m’a permis de découvrir la personne du Saint-Esprit et de l’inviter dans ma vie. La retraite des exercices spirituels a également été un moment déterminant, au cours duquel j’ai pu pardonner à des personnes qui m’avaient blessée, mais aussi confesser mes péchés et y renoncer. Pour laisser tout cela s’affermir et rester à l’écoute du Seigneur, j’ai choisi de faire la deuxième année du parcours, ce qui n’était pas prévu. Que le Seigneur qui est riche en surprises continue son œuvre !

Nikolett Váradi, Hongrie, en formation à Hautecombe Discipleship School (HDS) :
Avant la formation HDS, je travaillais comme institutrice de maternelle à Budapest. J’ai quitté mon travail. Ma famille ne comprenait pas vraiment pourquoi j’allais dans un autre pays, apprendre une autre langue et vivre dans une abbaye pendant un an.
La devise de l’Ecole de disciples, à Hautecombe est : « Devenez disciple, façonnez le monde ». Les cinq piliers de la formation (la prière, la formation, la vie communautaire, l’écologie intégrale et la mission) forment une unité qui nous aide à suivre Jésus dans la vie de tous les jours.
Le moment le plus important de la formation a été la retraite ignatienne. Durant la formation, j’ai senti que Dieu travaillait beaucoup en moi par rapport à mon enfance. Au cours de la retraite, j’ai vécu une réconciliation importante qui m’a montré le pouvoir de guérison de Dieu. J’ai compris que je peux offrir à Dieu non seulement mes talents, mais aussi ce qui est difficile ou qui a besoin de guérison.
La semaine de rentrée à HDS (Hautecombe, France)




La semaine de rentrée à Aula Dei Experiment (Saragosse, Espagne)




La semaine de rentrée à Community at the Crossing (New York)

Le semaine de rentrée à l’Ecole de Disciple de Tibériade (Côte d’Ivoire)




« Pour moi, il n’y a d’autre gloire que celle de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » Gal 6, 14
C’est avec ce verset de la lettre aux Galates que le pape Léon XIV a introduit son homélie lors de la Commémoration des Martyrs et des témoins de la foi du XXIe siècle, le 14 septembre 2025, jour de l’Exaltation de la Sainte Croix. Ces témoins/martyrs manifestent que l’amour du prochain et de la justice, au nom de l’Evangile, « est plus fort que la mort ». En cela, ils sont témoins de l’espérance qui va au-delà de toute espérance : une telle célébration s’inscrit donc logiquement dans le Jubilé de l’espérance. Or, lors de cette commémoration, le pape était entouré de vingt-quatre responsables d’Eglises. Pourquoi un tel choix ?
Ce signe œcuménique indique que les nouveaux martyrs dont il est fait mémoire (environ 1700) appartiennent à diverses Eglises, comme l’a souligné le dernier synode sur la synodalité : « Dans quelques régions du monde, il existe surtout un œcuménisme du sang : des chrétiens de différentes appartenances donnent ensemble leur vie pour la foi en Jésus-Christ. Le témoignage de leur martyre est plus éloquent que toute parole : l’unité vient de la Croix du Seigneur. » (Pour une Eglise synodale, §23). Conscient de ce fait, le pape François a nommé il y a quelques années une commission chargée d’établir la liste des personnes qui ont témoigné de leur foi jusqu’à la mort, quelle que soit leur appartenance ecclésiale. Le pape Léon XIV a confirmé cette tâche confiée à la « Commission pour les nouveaux martyrs » (du dicastère pour la cause des Saints), en collaboration avec le dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens.
Autour du pape, représentants et responsables orthodoxes (Patriarcat de Moscou, Eglise apostolique arménienne, Eglise copte d’Egypte, Eglise orthodoxe roumaine,…), protestants (luthéro-réformé, mennonite, méthodiste, baptiste,…), anglicans, étaient donc ensemble pour écouter la voix de ces martyrs car « leur témoignage demeure comme une prophétie de la victoire du bien sur le mal » a souligné Léon XIV.