Le père Elysée NIYOKINDI, responsable de la Communauté du Chemin Neuf au Tchad, nous partage sa relecture de l’année écoulée et les nouvelles de la communauté.
« Sans le Seigneur qui était pour nous » (Psaume 124). Le psalmiste loue la présence du Seigneur aux côtés d’Israël.
Nous sommes au début de l’année pastorale 2025-2026. Nous rendons grâce pour l’année pastorale écoulée. Elle a été marquée par les départs vers le père d’un frère et d’une sœur ainsi que des membres de la fraternité cana. C’est toujours difficile de perdre un frère ou une sœur, un compagnon de lutte, un époux ou une épouse, un père ou une mère. Cela fait partie de notre vie ici au Tchad. Ces départs vers le Père du ciel nous encouragent à continuer à évangéliser. Comme les disciples après la mort et la résurrection du Christ. Nous croyons que la vie est plus forte que la mort.
C’est pourquoi malgré ces départs, nos différentes missions ont pu continuer à se tenir. C’est ainsi que nous avons organisé des sessions auprès des jeunes, des familles et leurs enfants. Le Centre de santé saint Luc de Ku-Jericho a continué sa mission de prodiguer des soins tout en offrant des conseils pour prévenir d’autres maladies ou complications. Quant à l’école monseigneur Gabriel Balet, la rigueur dans le travail fourni par les frères et sœurs et les enseignants a produit ses fruits. Nos jeunes enfants qui sortent de cette école ont de meilleurs résultats. Les parents demandent même d’avoir un collège afin que nos enfants puissent aller au bout de leur formation scolaire.

L’année qui s’ouvre devant nous est chargée d’espoir. En effet, en août 2026 nous aurons la joie d’accueillir l’ordination et les engagements à vie des frères et sœurs originaires du Tchad. Grande est notre joie d’attendre ce jour. Nous aurons aussi l’occasion de fêter les 30 ans de la mission cana et les 20 ans de la présence de la Communauté du Chemin Neuf au Tchad.
En reprenant le psaume 124, le psalmiste se pose la question de savoir d’où lui viendra le secours ?
En ce début d’année pastorale, les inquiétudes, les manques de moyens matériels et financiers occupent nos pensées. Ces manques peuvent nous faire peur. Toutefois la fin du psaume 124 nous rassure et nous donne une direction : « notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre ». C’est vers le Seigneur que nous avons à tendre nos mains.
Merci à ceux et celles qui partagent et qui permettent au Seigneur d’être généreux envers nous. Merci pour vos dons petits ou grands qui nous permettront de servir et de partager l’Evangile. Que le Seigneur vous bénisse.
Les membres de la Communauté du Chemin Neuf en Espagne ont participé à une célébration oecuménique en l’honneur de l’anniversaire du premier concile oecuménique universel.
En 325, sous l’impulsion de l’empereur Constantin, ce concile avait rassemblé à Nicée environ 300 évêques venus de toutes les provinces de l’Empire romain.
Le fruit de ce rassemblement est la formulation du Credo, connu sous le nom de Symbole de Nicée.
Le 28 novembre dernier, le Pape Léon XIV s’est rendu en Turquie pour commémorer dans la prière le 1700e anniversaire du concile de Nicée. Dans la ville d’Iznik – ancienne Nicée – le Saint-Père était accompagné du patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, de plusieurs patriarches et représentants d’Églises protestantes.
À l’unisson, les représentants des différentes Églises ont énoncé le Credo de Nicée-Constantinople, sans prononcer le Filioque.
Quelque jours avant ce rassemblement oecuménique, l’évêque de Rome a publié une lettre apostolique, « In unitate fidei », retraçant l’histoire du Concile et soulignant la valeur d’être uni. Le Pape invite à revenir au socle partagé du Concile de Nicée pour relancer un chemin œcuménique fragilisé.
« Les représentants et les fidèles de différentes Églises d’Aragon (Espagne) ont célébré dans la joie, dans une atmosphère d’intimité et de réflexion, le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, premier concile oecumenique de l’histoire chrétienne. Nous avons constaté, une fois de plus, qu’il y a plus de liens entre nous que de séparations. » nous explique Lidia Matute-Pardos, membre de la communauté du Chemin Neuf.

Estelle Sogbou, membre de la communauté du Chemin Neuf, a participé, comme théologienne, à la révision de la Charte Œcuménique Européenne. Elle nous livre le fruit de ce travail.

Le 05 novembre dernier a eu lieu à Rome la signature de la Charte Œcuménique Européenne révisée, presque 25 ans après la première. Ce moment a rassemblé à Rome à l’abbaye des 3 fontaines, lieu historique de la décapitation de St Paul, des responsables des différentes églises en Europe. Les signataires ont été les présidents des deux instances chrétiennes, la CCEE (Consortium des Conférences Episcopales Européennes) et la CEC (la Conférence des Eglises Chrétiennes). Cette célébration fût suivie d’une audience avec le Pape Léon pour lui remettre le document en main propre.
Personnellement, j’ai eu la joie de participer au processus de révision comme théologienne catholique et membre de la Communauté du Chemin Neuf. Nous étions donc six théologiens (deux femmes), plus particulièrement 3 catholiques, un orthodoxe, un anglican, une luthérienne. Ce cheminement de 3 ans nous a permis non seulement de travailler sur le document lui-même mais de vivre aussi une amitié dans le Seigneur au fil de nos rencontres.
Godly Play est un programme d’exploration du mystère de la présence de Dieu. Cet outil s’appuie sur le conte d’un récit biblique, mis en scène avec des jouets en bois. Il fait découvrir les histoires bibliques de manière innovante et créative.
Beata Sorial, membre de la communauté du Chemin Neuf, s’est formée à la pédagogie et nous partage comment cet outil l’a rejointe.

« Je me demande si tu es heureux(se) d’animer le catéchisme ? Moi, peut-être comme toi, je voudrais qu’il y ait plus de silence, de participation active pour développer la spiritualité, que chacun puisse s’approcher de Jésus et que ça porte du fruit… Mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Avec le temps, je me suis fatiguée et lassée de faire le catéchisme avec souvent l’envie de tout arrêter.
Mon expérience avec Godly Play a commencé en mars 2024 à Nantes dans un temple protestant. Depuis tout a changé. Je suis émerveillée et passionnée par cette pédagogie qui s’adresse à tous les âges, enfants et adultes. Un vrai coup de cœur.
Dans Godly Play, il y a des étapes : accueil individuel, récit, émerveillement, temps de réponse (espace de créativité), festin, prière et bénédiction. L’Esprit Saint est partout présent.
Après l’accueil et la préparation des participants, c’est le temps de la narration. Chacun s’installe en rond sur des coussins, comme autour d’un feu. Dès le début, le silence s’installe et accompagne les personnes durant le récit.

On raconte des histoires de la Bible, on aborde les temps liturgiques, les sacrements, la vie des saints… c’est une approche œcuménique, respectueuse de chaque confession chrétienne et tout à fait adaptée pour des non-croyants.
Le moment d’émerveillement ouvre une réflexion à partir d’interpellations.
Par exemple : « Je me demande ce que vous aimez le plus dans cette histoire ? ». C’est l’occasion de mettre en commun les partages de chacun, d’entendre et se nourrir des différents témoignages.
On découvre ensemble l’impact de la parole de Dieu dans nos vies. C’est très ignatien… et c’est mon moment préféré. Les réponses sont souvent très variées et très riches. Il y a un vrai travail intérieur qui se met en place. On se sent tous un peu « théologiens ».
Pendant l’étape suivante, on propose de choisir une activité : dessiner l’histoire entendue ou une autre histoire, s’amuser à refaire le récit tout en manipulant le matériel, faire un bricolage… C’est un moment très riche d’expression libre, où l’on découvre tout ce que le récit peut faire naître d’idées et de créativité.

Godly Play, c’est aussi une école de prière spontanée. On apprend à exprimer sa prière à haute voix ou par un geste simple, comme déposer silencieusement un petit objet près de la bougie.

Cette proposition est basée sur la pédagogie de Maria Montessori. Elle invite à un lâcher-prise de l’adulte et une remise en question du catéchisme classique. Car il s’agit de prendre conscience que chaque personne n’est pas un vase qu’il faut remplir d’informations, mais plutôt une fleur qu’il faut arroser pour l’aider à grandir par elle-même. Les enfants ont une connaissance innée de Dieu. Le catéchiste n’est plus l’enseignant qui transmet un savoir, mais celui qui accompagne l’éveil spirituel. Il grandit et apprend avec l’autre. Il se retire comme la mer qui s’efface pour que l’autre puisse grandir et petit à petit, éveiller sa spiritualité intérieure. »
Cette méthode propose ce qu’il y a de plus enthousiasmant dans l’éducation religieuse : une invitation collective et personnelle à cheminer avec Dieu, au milieu des Écritures.
“Jesus is Black because He was a Jew.” De la Blackness/Négritude dans la Christologie de James H. Cone
Cette recherche s’intéresse à l’identité contemporaine de Jésus telle que formulée par le théologien méthodiste africain américain James H. Cone. Elle vise plus particulièrement à interroger la notion de Black (Blackness) attribuée au Christ, ainsi que les enjeux théologiques qu’elle soulève.
En analysant et commentant les œuvres de Cone, la recherche rend compte de sa proposition christologique : « Jesus is Black because He was a Jew », ancrée dans l’expérience (spirituelle, politique, culturelle) particulière des Africains Américains. Pour le théologien, l’identité de Jésus juive se révèle dans son identification aux pauvres, aux opprimés, aux Noirs qu’il libère et rend capables de lutter contre les systèmes et structures d’oppression. La Blackness ou Négritude, apparaît ainsi comme une notion révolutionnaire et provocatrice, qui exprime le mystère de la personne et la mission de libération du Christ, telles dévoilés dans les Écritures.
Cependant, cette élaboration théologique laisse entrevoir certains silences, qui donneront naissance à la théologie womanist. Les critiques portées par cette dernière, ainsi que la mise en lumière des limites de la christologie de Cone, permettent une approche plus englobante et plus riche de la notion de Blackness appliquée au Christ, dans la mesure où elle prend compte l’expérience souffrante des femmes noires de même que leur capacité de survie et de résistance.
Au terme de cette étude, la Négritude, utilisée pour traduire la Blackness, acquiert un contenu théologique suffisamment dense pour exprimer l’identité du Christ à partir de l’expérience des Africains descendants du continent africain et des Caraïbes. La négritude de Jésus désigne la révélation du Christ qui transforme la nuit des opprimés en une aurore de résurrection.
Anne-Cathy Graber, sœur consacrée de la Communauté du Chemin Neuf, pasteure a participé à la rencontre entre les représentants de diverses traditions chrétiennes qui s’est tenue à Istanbul et nous partage son expérience.
« Quand les responsables exécutifs des Églises choisissent de partager et de porter les fardeaux des uns et des autres… » : tel pourrait être l’intitulé des rencontres annuelles qui existent depuis 1950 entre les responsables des différentes Communions Mondiales (« Conference of Secretaries of Christian World Communions »), tout le spectre protestant, évangélique et pentecôtiste,…, le Dicastère pour l’Unité des Chrétiens, et plusieurs patriarcats orthodoxes.
Quatre jours où il n’y a rien à négocier ! Ni déclaration finale, ni texte œcuménique, … très peu de photos, pas (ou presque pas) de comptes rendus officiels… Alors pourquoi des responsables aux agendas surchargés consacrent-ils une semaine de leur temps à une rencontre dépourvue de visibilité, une sorte de réunion « à huis clos » ?

Peut-être parce qu’ils savent qu’après avoir partagé les événements significatifs de l’année écoulée et les projets de son Église, chacun sera invité à oser dire les vulnérabilités et les tensions auxquelles sa famille ecclésiale doit faire face, notamment concernant les questions de gouvernance. Chacun s’exposera ensuite aux questions (très libres) des uns et des autres, et à leurs prières (spontanées… c’est dire aussi la confiance mutuelle). Ce tour de table de vingt à trente personnes permet une écoute mutuelle qui change le regard que nous avons sur l’institution de l’autre… comme de la sienne, grâce aux questionnements et aux encouragements des uns et des autres.
Cette année 2025, en raison de l’anniversaire de Nicée, nous étions reçus par le patriarcat œcuménique de Constantinople. L’œcuménisme tient une grande place dans ces rencontres non seulement par le fait d’être ensemble, mais aussi parce que c’est l’endroit favorable pour relire tel ou tel dialogue qui vient de se conclure. C’est la raison pour laquelle certaines Eglises viennent à cette rencontre avec leur responsable des relations œcuméniques (d’où ma participation).
Une des questions centrales est celle de discerner les conséquences concrètes d’un dialogue œcuménique pour la vie concrète des Églises. Ainsi, par exemple, celles ayant ratifié la Déclaration Conjointe sur la Justification se retrouvent pour identifier les conséquences de ces signatures communes. Ou encore, cette année, avons-nous échangé autour de l’éventualité d’un jour commun de « fête de la création », l’écoute des réalités douloureuses vécues en Ukraine et de ses conséquences ecclésiales était bien présente…
Ces quatre jours sont aussi le terreau favorable pour prévoir d’autres dialogues et commencer à labourer la terre pour qu’ils puissent avoir lieu. Rien de spectaculaire donc ! Un choix de discrétion, d’un certain silence, pour écouter les questions posées aux Églises.
Des frères et sœurs, économes de pays, se sont retrouvés à Bethanian, en Suisse, pour quelques jours de travail et de prière, de formation et de partage. Un temps fort et fraternel qu’ils vivent chaque année.

Adolphe Compaore, frère de la Communauté du Chemin Neuf, nous transmet des nouvelles du foyer Saint Laurent au Burkina Faso.
« Quand les racines sont profondes, il n’y a pas lieu de craindre le vent », nous dit un proverbe africain.
Ce samedi 18 octobre 2025, la joie et l’espérance ont habité le Foyer Saint Laurent de la Communauté du Chemin Neuf au Burkina Faso.
À l’occasion de la messe de rentrée académique, dite par le Père Luciano COUTO dans une grande ferveur avec les étudiants du foyer et en présence de quelques parents, nous avons confié à Dieu, source de toute sagesse, l’année académique qui commence pour les 16 étudiants, dont :
– 11 catholiques
– 3 protestants (Évangéliques)
– 2 musulmans.
Cette célébration avait une saveur particulière : le foyer fête son deuxième anniversaire de promotion d’étudiants.
Deux années de croissance, de fraternité, de prière, d’engagement et de formation humaine et spirituelle. Deux années de semence… et déjà des fruits visibles.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. » disait Nelson Mandela.
À tous les étudiants, nous souhaitons une année académique bénie, studieuse et féconde.
Que le Seigneur vous donne l’intelligence du cœur, le courage de persévérer, et la grâce de mettre vos talents au service des autres.
« Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche. » Jacques 1,5
« Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, l’homme qui reçoit l’intelligence ! Car elle est préférable à l’argent, elle rapporte plus que l’or. » Proverbes 3,13-14
Aux responsables du foyer, merci pour votre dévouement. Votre accompagnement est une semence précieuse dans le champ de la jeunesse burkinabè. Vous êtes comme ces Anciens dont parlent nos proverbes : « Ce qu’un vieux voit assis, un jeune ne le voit pas même debout. »
Gardons tous à l’esprit « qu’un arbre ne grandit pas en un jour, mais il commence toujours par une graine. »


Puisse ce foyer continuer à grandir, enraciné dans la prière, dans l’unité, et dans l’amour fraternel.
Que cette nouvelle année soit pleine de lumière, d’engagement et de réussite pour chacun.
Infini merci au Père Luciano COUTO qui, au cours de l’homélie, a donné pour cette année les 4 piliers ci-après pour une année merveilleuse :
– Engagement.
– Fraternité.
– Spiritualité.
– Formation.
Bonne rentrée académique à tous !
Bon anniversaire au foyer Saint Laurent !
Michaela Borrmann, sœur consacrée dans la Communauté du Chemin Neuf, nous explique ce que signifie la fête de la Réforme pour l’église luthérienne en Allemagne.

Dans mon église luthérienne en Allemagne, les grandes fêtes sont : Pâques, Noël, la Pentecôte … Puis, il y a des fêtes plus petites comme la fête de la moisson en octobre et ensuite, le 31 octobre, la fête de la Réforme. Martin Luther, moine, prêtre et professeur en théologie, avait fait une rencontre fulgurante avec la miséricorde de Dieu à travers l’épître aux Romains. Le 31 octobre 1517, veille de la Toussaint, il affiche 95 Thèses pour dire que la miséricorde de Dieu est un don gratuit.
Petit cours de rattrapage humoristique sur l’histoire de Martin Luther et les débuts de la Réforme en 5 minutes :
Que fêtons-nous donc le 31 octobre ? Trois choses :
- Sola gratia, « la grâce seule » : Il n’y a que la grâce de Dieu qui, sans mérite de notre part, nous permet d’accueillir l’amour et la miséricorde de Dieu. Si tu as déjà vécu ce pardon immérité qui libère, bienvenue à la fête !
- Sola scriptura, « l’écriture seule » : Il n’y a que dans la Parole de Dieu que nous trouvons la véritable source de notre foi. La traduction de la Bible dans des langues vulgaires est un fruit de cette découverte. Si jamais tu peux lire ta Bible dans ta langue maternelle, tu peux rendre grâce !
- Sola fide, « seule la foi » : Pour accueillir le salut que Dieu veut nous donner, ce ne sont pas nos œuvres qui comptent en premier, mais notre confiance en Dieu. Si jamais tu te trouves arriver devant Dieu les mains vides, tu peux rendre grâce, car le plus précieux pour Dieu est la confiance que tu lui fais ! Il cherche avant tout ton cœur.
Ruth Lagemann, sœur consacrée dans la même Communauté, nous partage ce que le jour de la Réforme fait résonner en elle.

« Depuis le départ de mon pays natal, ce jour de la Réforme, qui dans d’autres pays que l’Allemagne n’est souvent pas connu, m’interpelle de plus en plus. Après une enfance dans une région majoritairement luthérienne (qu’on appelle plutôt «evangelisch / évangélique » car Luther ne souhaitait pas créer une nouvelle église portant son nom, mais plutôt faire revenir l’église catholique romaine à l’Evangile du Christ), où ce jour faisait partie des fêtes de l’année liturgique, ne pas marquer ce jour m’était difficile. Mais est-ce que c’est mieux dans un contexte œcuménique de « fêter » ce jour ou de le « commémorer » ? Comment vivre de manière juste et constructive ensemble? N’est-ce pas un jour qui pourrait nous interpeller dans nos différentes églises et fraternités pour nous remettre au pied de la croix et remettre ce qui, dans nos paroles et actes entre nos églises, n’était pas conforme à l’Evangile ? Entrer communautairement dans le « semper reformanda » ?
Ainsi, nous pourrions ensemble entrer dans la fête de notre unité en Christ, renouvelés et renforcés par le lien de la grâce et de la miséricorde, du salut ! »
Prière de Martin Luther pour l’unité : « Dieu éternel et miséricordieux, toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité, nous t’en supplions, Père, de réunir, par ton Esprit Saint, tout ce qui est divisé. Que nous n’ayons plus qu’un seul cœur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison. »
Une heure pour la justice climatique
Il y a dix ans, la COP21 à Paris débouchait sur un accord ambitieux, visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, quelques mois après la publication de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François. Véritable cri d’alarme sur la dégradation de la Création et vigoureuse exhortation à rejeter notre culture matérialiste du déchet, ce texte a eu une résonance mondiale. Déjà mobilisées sur cette question depuis longtemps, la plupart des Églises chrétiennes se sont résolument engagées pour la sauvegarde de la création et la justice climatique. Des mouvements citoyens et de grandes mobilisations populaires ont également grandi, conduisant à l’adoption de législations ambitieuses dans les Etats démocratiques.
Néanmoins, 10 ans après, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. La pandémie de covid a « confiné » les enthousiasmes des écologistes : les émissions de gaz à effet de serre ont recommencé à augmenter inexorablement d’année en année, les populations des espèces vivantes à s’effondrer, la pollution chimique et plastique à contaminer la Terre et les océans, et les inégalités et injustices à croître. Dans notre pays, plusieurs reculs sont visibles ces derniers mois sur les engagements pour la protection du climat et de la planète, jusque dans les négociations climatiques, où la France retarde la fixation d’objectifs européens de réduction des émissions carbone, affaiblissant la position européenne
C’est dans ce contexte que s’ouvre la COP 30 à Belém au Brésil le 10 novembre 2025. Entre la révision des engagements de réduction des émissions des Etats d’ici 2030, le financement de la transition pour les pays les plus pauvres ou la protection des forêts tropicales, ce sommet mondial pour le climat est annoncé comme majeur.
Face à ces enjeux cruciaux, nous, chrétiennes et chrétiens, ne pouvons rester indifférents. Les représentants des églises protestantes, catholiques et orthodoxes en France nous exhortent d’ailleurs à répondre à l’appel que Dieu nous adresse à travers les voix de la Terre et des plus vulnérables.²
Nous souhaitons faire résonner en silence cette clameur, en nous réunissant dans l’espace public. Les Cercles de silence sont une manière visible, pacifique et inclusive de faire exister les enjeux climatiques et un symbole autant qu’une manière de nous convertir, personnellement et collectivement. Quelles que soient nos convictions, spiritualité ou foi, nous serons unis pour sensibiliser et interpeller les consciences, pour faire grandir notre compassion pour les victimes du réchauffement et pour cultiver notre espérance. Pour les croyants, nous pourrons intercéder pour que les dirigeants réunis au Brésil prennent des décisions courageuses, qui se traduisent en actes.
Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à se réunir dans l’espace public pour témoigner de notre engagement pour le monde. Des pancartes, banderoles et tracts pourront porter notre voix. Nous appelons chacun et chacune à nous rejoindre pour les cercles de silence déjà recensés sur la page dédiée à cet effet ou à en proposer de nouveaux dans sa ville.
Alors que nous fêtons le 800e anniversaire du Cantique de Frère Soleil de François d’Assise, montrons-nous à la hauteur des enjeux pour Sœur notre mère la terre et tous nos frères et sœurs humains et non humains qu’elle abrite et nourrit !
1. Déclaration du CECEF du 1er septembre 2025 pour l’ouverture du Temps pour la création : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/lunite-des-chretiens-2/declarations-du-cecef/442137-proposition-conseil-deglises-chretiennes-france-temps-de-creation-2025/

Signataires :
Action catholique ouvrière
Anastasis
A Rocha
Centre de recherche et d’actions sociales (CERAS)
Communauté du Chemin neuf
Communauté du Puits de Jacob
Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne en France (WCCM France)
Chrétiens Unis pour la Terre
CVX – Réseau Laudato Si
Economy of Francesco France
Eglise Verte
Espérer pour le Vivant
Fédération protestante de France
Filles du coeur de Marie
Greenfaith
Les Amis de La Vie
Lutte & Contemplation
Mission de la mer
Mouvement des Focolari en France
Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne
Province France-Belgique des Franciscains
Province de France-Belgique des soeurs auxiliatrices
Semaines Sociales de France
Soeurs du Prado