Le pape Léon XIV s’est rendu au Liban du 30 novembre au 2 décembre. Il est venu porter un message de paix et encourager la présence chrétienne dans un pays éprouvé. Entre rencontres politiques, grande célébration eucharistique et prière silencieuse au port dévasté, cette visite a aussi été marquée par plusieurs rencontres œcuméniques.
Les frères et sœurs de la Communauté au Liban témoignent de ce qu’ils ont vécu : Un moment fort, discret et profondément symbolique, au service de la paix et de l’unité.

Tracy Azar – engagée dans la communauté – 24 ans
La rencontre des jeunes avec le pape, était bien plus qu’un évènement pour le voir passer dans sa voiture. C’était une bouffée d’oxygène pour nous, jeunes libanais, après des années de souffrances. C’était une lueur d’espérance au bout d’un tunnel sombre, c’était le réveil d’un sentiment d’appartenance au Liban et à l’Eglise. Entre les sourires, l’animation et la louange en attente du pape, une idée accompagnée d’une profonde émotion me traversa : “Nous tous ici présent, 15 000 jeunes appartenant à différentes communautés, travaillons ensemble pour le royaume de Dieu sur cette terre et plus précisément pour le royaume de Dieu dans un Liban et une jeunesse blessée”.
Les journalistes internationaux décrivirent cet évènement comme des mini-JMJ. En effet, ayant déjà été aux JMJ, l’enthousiasme était le même : des foules, des chants, des danses, et puis… le temps s’arrête, tout le monde prend place près des allées, les téléphones se dressent, tout le monde prend un souffle, les cloches retentissent et un pape souriant mais pris par l’émotion passe parmi nous. Il monte sur scène, reste debout, retient ses larmes et dit : “Al Salamou Lakom” (Que la paix soit avec vous), une phrase et un discours qui nous redonnent espoir pour demain et qui nous rechargent pour continuer là où nous sommes, dans notre pays, à être des artisans de paix!”
Maroun EL Howayek – JCN – 24 ans
Ce qui m’a frappé en arrivant à Bkerké, c’était l’ampleur de la foule : des milliers de jeunes rassemblés, non pas pour un concert ou un événement mondain, mais pour une seule raison — rencontrer le pape Léon XIV. Cela ma montrait que, malgré tout ce que traverse notre pays, la foi reste vivante dans le cœur de sa jeunesse.
Durant toute la rencontre, je me suis surpris à ressentir une joie et une paix intérieure immense, sans même avoir besoin de parler à qui que ce soit. Il me suffisait de regarder les visages autour de moi, des visages lumineux et pleins d’espérance.
Mais c’est à l’instant de l’arrivée du pape que quelque chose m’a vraiment marqué. Quand la foule s’est soudain pressée, presque bousculée, simplement pour apercevoir son passage, une pensée m’a traversé : si nous sommes capables de nous jeter ainsi pour voir le pape, que serait-ce si c’était Jésus lui-même qui passait devant nous ?
J’ai aussi été touché par la sensibilité du pape durant cette visite. On voyait dans son regard qu’il ressentait profondément la joie des jeunes, mais aussi le poids de tout ce que nous avons vécu : les crises, les épreuves, les peurs… À certains moments, ses yeux semblaient pleins de larmes — des larmes de compassion autant que de tendresse.
Et finalement, il y a eu ses paroles. Elles m’ont recentré, elles m’ont rappelé ce que signifie être Libanais et chrétien sur cette terre, et il nous a rappelé que nous avons des témoins et des modèles à suivre : nos saints, dont saint Charbel, aujourd’hui connu dans le monde entier et dont la lumière continue d’inspirer des millions de personnes.
Noriko Isomura – sœur consacrée – 58 ans
Avec une voix puissante et pleine d’affection, le Saint Père nous a dit, à nous les 150000 croyants du Liban qui assistions à la messe à Beyrouth ainsi qu’à tous : « Courage ! » « Soyez des artisans de paix, des annonciateurs de paix, des témoins de paix ! »
Et nous avons crié ensemble « Peace ! » « Peace ! »
Je n’oublirai jamais cet appel du Saint Père qui m’a touché au plus profond de mon cœur et le sentiment de faire partie du grand corps des croyants. Ce rêve de la paix est gravé profondément en nos cœurs, car c’est le rêve de Dieu lui-même.
Le Saint Père nous a parlé dans son homélie du Royaume de Dieu comme d’un germe qui pousse. Je retiens justement cette invitation à semer les germes du Royaume dans chaque petit geste quotidien, dans la co-habitation et la compassion envers les plus démunis dont certains ont témoigné lors de la rencontre des consacrés et agents pastoraux la veille à Harissa. Ce rêve du « Liban uni » et le rêve de la paix, nous pouvons commencer à le vivre autour de nous. Cette rencontre a été aussi un moment de communion ecclésiale où j’ai ressenti l’appel à la solidarité et au don de soi dans la foi.
La visite du Saint Père a fait renaître l’espérance et a allumé en nos cœurs le feu de l’amour de Dieu, de l’amour pour l’Eglise et pour son berger et pour tous nos frères et sœurs en humanité au-delà des différences religieuses.
Raïssa Sfeir – Jeunes 14-18 – 14 ans
Ce jour-là, j’ai eu l’impression de vivre un rêve, j’ai senti le ciel à mes côtés. Comment décrire quelque chose d’indescriptible ? Pape Léon XVI, merci pour votre visite. Pendant ces trois jours, j’ai révisé pour mes examens, mais rien ne m’aurait empêchée de voir le pape. Le 2 décembre restera inoubliable. Nous attendions le pape Léon XVI a Zouk pour le saluer. J’ai pleuré, mais c’étaient des larmes de joie. Le 3 décembre a été un miracle pour moi. Voir un arc-en-ciel complet décorer le ciel ce jour-là, et voir le pape prier devant le port de Beyrouth cinq ans après l’explosion, m’a apaisée
Me croiriez-vous si je vous disais que je l’ai vu ? Avant le début de la messe, il est passé en papamobile. J’étais partagée entre plusieurs émotions. Quel moment incroyable ! La messe a commencé. Le calme régnait. Il a prononcé le premier mot et je me suis demandé si je rêvais. Les fidèles priaient humblement et mon cœur débordait d’émotion. La paix régnait et l’amour avait pris sa place. Ces trois jours, emplis d’espoir et de grâce, m’ont fait me sentir renaître, purifiée intérieurement.
Shirly Hajj – Jeunes 14-18 – 18 ans
Je m’appelle Shirley Hajj, j’ai 18 ans et je fais partie de la chorale de l’Université NDU. Depuis que j’ai su que nous allions chanter à la messe du Pape, j’étais très excitée. Quand le jour est arrivé, j’ai ressenti une émotion impossible à décrire. J’étais heureuse de chanter pour Dieu et d’accueillir le Pape. Une grande paix m’a envahie. J’étais tellement touchée que mes yeux se mouillaient souvent. Voir les gens et le Pape Léon XIV souriants m’a émue. À ce moment-là, j’ai senti la paix de Dieu.
Le Liban porte une présence chrétienne ancienne et vivante, dont la tradition maronite est l’un des piliers. Dans cet article, Giovanni Choufani, frère engagé dans la communauté du Chemin Neuf, nous fait découvrir comment cette Église s’est façonnée, entre héritage des premiers siècles, vie spirituelle simple et enracinement profond dans le pays. Une plongée claire et accessible dans une histoire qui continue de façonner le Liban d’aujourd’hui.
On ne peut parler du Liban sans évoquer la présence chrétienne, et tout particulièrement l’Église maronite. Le pays a été l’une des premières terres touchées par l’Évangile, grâce à sa proximité avec la Terre sainte. Jésus lui-même a traversé les cités du sud, notamment Sidon et Tyr. Dès les premières décennies suivant la Résurrection, des communautés chrétiennes se forment autour des ports phéniciens, influencées par les passages réguliers des apôtres Pierre et Paul. Saint Paul séjourne à plusieurs reprises sur cette côte, qui devient l’un des berceaux du christianisme oriental.
Au fil du temps, ces communautés s’organisent en une mosaïque d’Églises toujours présentes aujourd’hui : maronite, grecque melkite catholique, grecque orthodoxe, syriaque, arménienne, chaldéenne, latine, et diverses Églises protestantes. Parmi elles, l’Église maronite est la plus importante en terme de population, représentant environ 53 % des chrétiens, suivie par l’orthodoxe grecque (25 %) et la melkite catholique (7 %). Dans l’ensemble, les chrétiens constituent aujourd’hui près de 34 % de la population libanaise, alors qu’ils formaient autrefois une majorité bien plus large. Pour comprendre cette évolution, il faut revenir à l’histoire du Mont-Liban et à la trajectoire particulière des maronites.



La communauté maronite naît au IVᵉ siècle autour de saint Maroun, ermite syrien dont la vie ascétique attire des disciples sur les rives de l’Oronte. Le monastère de Bet Maroun devient le centre d’une Église attachée au concile de Chalcédoine, ce qui entraîne des tensions avec les autorités monophysites. Les maronites subissent des persécutions, notamment lors des massacres de 517 et après l’élection de saint Jean Maroun comme premier patriarche autonome à la fin du VIIᵉ siècle. L’insécurité liée aux invasions perses puis arabo-musulmanes pousse la communauté à quitter les plaines syriennes pour se réfugier dans les vallées escarpées du Mont-Liban, où elle s’enracine durablement.
Au Moyen Âge, les maronites deviennent des acteurs régionaux. Leur fidélité constante à Rome favorise une alliance naturelle avec les Croisés. Sous le patriarche Jérémie d’Amchit, ils collaborent avec les États latins, renforcent leurs liens avec l’Occident et accueillent des ordres religieux européens dans leurs monastères. Après la chute des royaumes croisés, ils connaissent la répression mamlouke, puis, à partir de 1516, une autonomie relative sous les Ottomans. Grâce aux muqaddams et aux grandes familles locales, le Mont-Liban conserve une organisation semi-indépendante pendant plus de trois siècles.
Après les événements sanglants de 1860, le Mont-Liban devient le Mutasarrifat, une entité autonome au sein de l’Empire ottoman. Ce territoire d’environ 3 200 km² est peuplé à près de 80 % de chrétiens, principalement maronites, mais reste économiquement fragile et sans accès direct à la mer. À la fin de la Première Guerre mondiale, le patriarche maronite Élias Boutros el-Houwayek défend à la Conférence de Paris un projet de Liban élargi, intégrant montagnes, plaines, ports et zones agricoles. Ses arguments convainquent les puissances mandataires : le 1ᵉʳ septembre 1920, le général Gouraud proclame la naissance du Grand Liban. Houwayek insiste sur la coexistence entre différentes communautés religieuses et sociales et pose les bases d’un Liban pluraliste, pont entre Orient et Occident. Avec le Grand Liban, les chrétiens, majoritaires à près de 80 % durant le Mutasarrifat, deviennent 51,3 % selon le recensement de 1932. C’est dans ce contexte que naît la formule, plus tard reprise par Jean-Paul II, décrivant le Liban comme « plus qu’un pays : un message ».
La spiritualité maronite puise sa force dans la simplicité évangélique et l’héritage des premiers moines d’Antioche. Elle invite à une foi incarnée, une prière vécue plus que formulée, nourrie par le silence, les chants et la méditation de la Parole. La liturgie, dans une atmosphère recueillie, conserve les échos de l’araméen de Jésus. Elle garde aujourd’hui le goût du silence, de la prière intérieure et de la vie communautaire centrée sur l’Eucharistie. Héritière du rite antiochien, elle se distingue par sa poésie biblique, son langage symbolique et l’usage du syriaque, conférant aux célébrations une profondeur contemplative unique.
Cette tradition orientale se traduit par des gestes concrets. Par exemple, durant la messe, le rite de la paix ne consiste pas à se serrer la main: le prêtre pose ses mains jointes sur celles du diacre, symbole de la paix qui vient du Christ seul, et ce geste se transmet ensuite de proche en proche vers l’assemblée. De même, l’encens joue un rôle central: il enveloppe l’église comme un rappel que la prière s’élève vers Dieu avec toute la communauté.
La spiritualité maronite conserve aussi une proximité particulière avec la vie monastique. Même dans les paroisses, la liturgie garde un rythme presque « monacal » : beaucoup de fidèles se lèvent pour les messes de l’aube, et les fêtes de saints comme saint Charbel sont vécues dans un esprit de pèlerinage et de silence intérieur. L’Église permet également, selon la tradition orientale, l’ordination d’hommes mariés pour le sacerdoce paroissial — un signe que le ministère peut s’enraciner dans une vie de famille, sans nuire à la vocation sacerdotale.
En communion totale avec Rome, la tradition maronite partage avec l’Église latine la même foi et les mêmes sacrements, mais elle les exprime avec une sensibilité différente: un rapport plus symbolique au mystère, un attachement à la mémoire des martyrs, et une grande dévotion à Marie sous le titre de « Notre-Dame du Liban ». Cette union de simplicité, d’ascèse et de chaleur communautaire fait de la spiritualité maronite un pont naturel entre l’Orient et l’Occident, une prière enracinée dans la montagne mais ouverte à l’Église universelle.
Finalement, la foi maronite reste profondément liée à un ensemble de traditions populaires qui lui donnent une couleur unique. Parmi elles, la fête de la Sainte-Barbe, célébrée le 4 décembre, occupe une place particulière. On la compare souvent à un Halloween chrétien: selon la tradition, sainte Barbe se serait déguisée pour échapper à la persécution de son père païen. Ce jour-là, on prépare aussi des desserts typiquement libanais comme les awwamaat, atayeff ou maacroun, qui font partie intégrante de la fête. Autre exemple marquant: la fête de l’Épiphanie. Les maronites croient symboliquement que Jésus visite chaque foyer cette nuit-là, ce qui explique pourquoi les familles laissent les lampes de leurs fenêtres allumées, signe d’accueil et de bénédiction. De nombreuses autres fêtes chrétiennes sont elles aussi entourées de coutumes fortes — la fête de la Croix, l’Ascension, ou encore les grandes solennités mariales — autant de traditions qui rythment l’année et expriment la foi maronite dans sa dimension la plus vivante et communautaire.
Le père Elysée NIYOKINDI, responsable de la Communauté du Chemin Neuf au Tchad, nous partage sa relecture de l’année écoulée et les nouvelles de la communauté.
« Sans le Seigneur qui était pour nous » (Psaume 124). Le psalmiste loue la présence du Seigneur aux côtés d’Israël.
Nous sommes au début de l’année pastorale 2025-2026. Nous rendons grâce pour l’année pastorale écoulée. Elle a été marquée par les départs vers le père d’un frère et d’une sœur ainsi que des membres de la fraternité cana. C’est toujours difficile de perdre un frère ou une sœur, un compagnon de lutte, un époux ou une épouse, un père ou une mère. Cela fait partie de notre vie ici au Tchad. Ces départs vers le Père du ciel nous encouragent à continuer à évangéliser. Comme les disciples après la mort et la résurrection du Christ. Nous croyons que la vie est plus forte que la mort.
C’est pourquoi malgré ces départs, nos différentes missions ont pu continuer à se tenir. C’est ainsi que nous avons organisé des sessions auprès des jeunes, des familles et leurs enfants. Le Centre de santé saint Luc de Ku-Jericho a continué sa mission de prodiguer des soins tout en offrant des conseils pour prévenir d’autres maladies ou complications. Quant à l’école monseigneur Gabriel Balet, la rigueur dans le travail fourni par les frères et sœurs et les enseignants a produit ses fruits. Nos jeunes enfants qui sortent de cette école ont de meilleurs résultats. Les parents demandent même d’avoir un collège afin que nos enfants puissent aller au bout de leur formation scolaire.

L’année qui s’ouvre devant nous est chargée d’espoir. En effet, en août 2026 nous aurons la joie d’accueillir l’ordination et les engagements à vie des frères et sœurs originaires du Tchad. Grande est notre joie d’attendre ce jour. Nous aurons aussi l’occasion de fêter les 30 ans de la mission cana et les 20 ans de la présence de la Communauté du Chemin Neuf au Tchad.
En reprenant le psaume 124, le psalmiste se pose la question de savoir d’où lui viendra le secours ?
En ce début d’année pastorale, les inquiétudes, les manques de moyens matériels et financiers occupent nos pensées. Ces manques peuvent nous faire peur. Toutefois la fin du psaume 124 nous rassure et nous donne une direction : « notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre ». C’est vers le Seigneur que nous avons à tendre nos mains.
Merci à ceux et celles qui partagent et qui permettent au Seigneur d’être généreux envers nous. Merci pour vos dons petits ou grands qui nous permettront de servir et de partager l’Evangile. Que le Seigneur vous bénisse.
Les membres de la Communauté du Chemin Neuf en Espagne ont participé à une célébration oecuménique en l’honneur de l’anniversaire du premier concile oecuménique universel.
En 325, sous l’impulsion de l’empereur Constantin, ce concile avait rassemblé à Nicée environ 300 évêques venus de toutes les provinces de l’Empire romain.
Le fruit de ce rassemblement est la formulation du Credo, connu sous le nom de Symbole de Nicée.
Le 28 novembre dernier, le Pape Léon XIV s’est rendu en Turquie pour commémorer dans la prière le 1700e anniversaire du concile de Nicée. Dans la ville d’Iznik – ancienne Nicée – le Saint-Père était accompagné du patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, de plusieurs patriarches et représentants d’Églises protestantes.
À l’unisson, les représentants des différentes Églises ont énoncé le Credo de Nicée-Constantinople, sans prononcer le Filioque.
Quelque jours avant ce rassemblement oecuménique, l’évêque de Rome a publié une lettre apostolique, « In unitate fidei », retraçant l’histoire du Concile et soulignant la valeur d’être uni. Le Pape invite à revenir au socle partagé du Concile de Nicée pour relancer un chemin œcuménique fragilisé.
« Les représentants et les fidèles de différentes Églises d’Aragon (Espagne) ont célébré dans la joie, dans une atmosphère d’intimité et de réflexion, le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, premier concile oecumenique de l’histoire chrétienne. Nous avons constaté, une fois de plus, qu’il y a plus de liens entre nous que de séparations. » nous explique Lidia Matute-Pardos, membre de la communauté du Chemin Neuf.

Estelle Sogbou, membre de la communauté du Chemin Neuf, a participé, comme théologienne, à la révision de la Charte Œcuménique Européenne. Elle nous livre le fruit de ce travail.

Le 05 novembre dernier a eu lieu à Rome la signature de la Charte Œcuménique Européenne révisée, presque 25 ans après la première. Ce moment a rassemblé à Rome à l’abbaye des 3 fontaines, lieu historique de la décapitation de St Paul, des responsables des différentes églises en Europe. Les signataires ont été les présidents des deux instances chrétiennes, la CCEE (Consortium des Conférences Episcopales Européennes) et la CEC (la Conférence des Eglises Chrétiennes). Cette célébration fût suivie d’une audience avec le Pape Léon pour lui remettre le document en main propre.
Personnellement, j’ai eu la joie de participer au processus de révision comme théologienne catholique et membre de la Communauté du Chemin Neuf. Nous étions donc six théologiens (deux femmes), plus particulièrement 3 catholiques, un orthodoxe, un anglican, une luthérienne. Ce cheminement de 3 ans nous a permis non seulement de travailler sur le document lui-même mais de vivre aussi une amitié dans le Seigneur au fil de nos rencontres.
Godly Play est un programme d’exploration du mystère de la présence de Dieu. Cet outil s’appuie sur le conte d’un récit biblique, mis en scène avec des jouets en bois. Il fait découvrir les histoires bibliques de manière innovante et créative.
Beata Sorial, membre de la communauté du Chemin Neuf, s’est formée à la pédagogie et nous partage comment cet outil l’a rejointe.

« Je me demande si tu es heureux(se) d’animer le catéchisme ? Moi, peut-être comme toi, je voudrais qu’il y ait plus de silence, de participation active pour développer la spiritualité, que chacun puisse s’approcher de Jésus et que ça porte du fruit… Mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Avec le temps, je me suis fatiguée et lassée de faire le catéchisme avec souvent l’envie de tout arrêter.
Mon expérience avec Godly Play a commencé en mars 2024 à Nantes dans un temple protestant. Depuis tout a changé. Je suis émerveillée et passionnée par cette pédagogie qui s’adresse à tous les âges, enfants et adultes. Un vrai coup de cœur.
Dans Godly Play, il y a des étapes : accueil individuel, récit, émerveillement, temps de réponse (espace de créativité), festin, prière et bénédiction. L’Esprit Saint est partout présent.
Après l’accueil et la préparation des participants, c’est le temps de la narration. Chacun s’installe en rond sur des coussins, comme autour d’un feu. Dès le début, le silence s’installe et accompagne les personnes durant le récit.

On raconte des histoires de la Bible, on aborde les temps liturgiques, les sacrements, la vie des saints… c’est une approche œcuménique, respectueuse de chaque confession chrétienne et tout à fait adaptée pour des non-croyants.
Le moment d’émerveillement ouvre une réflexion à partir d’interpellations.
Par exemple : « Je me demande ce que vous aimez le plus dans cette histoire ? ». C’est l’occasion de mettre en commun les partages de chacun, d’entendre et se nourrir des différents témoignages.
On découvre ensemble l’impact de la parole de Dieu dans nos vies. C’est très ignatien… et c’est mon moment préféré. Les réponses sont souvent très variées et très riches. Il y a un vrai travail intérieur qui se met en place. On se sent tous un peu « théologiens ».
Pendant l’étape suivante, on propose de choisir une activité : dessiner l’histoire entendue ou une autre histoire, s’amuser à refaire le récit tout en manipulant le matériel, faire un bricolage… C’est un moment très riche d’expression libre, où l’on découvre tout ce que le récit peut faire naître d’idées et de créativité.

Godly Play, c’est aussi une école de prière spontanée. On apprend à exprimer sa prière à haute voix ou par un geste simple, comme déposer silencieusement un petit objet près de la bougie.

Cette proposition est basée sur la pédagogie de Maria Montessori. Elle invite à un lâcher-prise de l’adulte et une remise en question du catéchisme classique. Car il s’agit de prendre conscience que chaque personne n’est pas un vase qu’il faut remplir d’informations, mais plutôt une fleur qu’il faut arroser pour l’aider à grandir par elle-même. Les enfants ont une connaissance innée de Dieu. Le catéchiste n’est plus l’enseignant qui transmet un savoir, mais celui qui accompagne l’éveil spirituel. Il grandit et apprend avec l’autre. Il se retire comme la mer qui s’efface pour que l’autre puisse grandir et petit à petit, éveiller sa spiritualité intérieure. »
Cette méthode propose ce qu’il y a de plus enthousiasmant dans l’éducation religieuse : une invitation collective et personnelle à cheminer avec Dieu, au milieu des Écritures.
“Jesus is Black because He was a Jew.” De la Blackness/Négritude dans la Christologie de James H. Cone
Cette recherche s’intéresse à l’identité contemporaine de Jésus telle que formulée par le théologien méthodiste africain américain James H. Cone. Elle vise plus particulièrement à interroger la notion de Black (Blackness) attribuée au Christ, ainsi que les enjeux théologiques qu’elle soulève.
En analysant et commentant les œuvres de Cone, la recherche rend compte de sa proposition christologique : « Jesus is Black because He was a Jew », ancrée dans l’expérience (spirituelle, politique, culturelle) particulière des Africains Américains. Pour le théologien, l’identité de Jésus juive se révèle dans son identification aux pauvres, aux opprimés, aux Noirs qu’il libère et rend capables de lutter contre les systèmes et structures d’oppression. La Blackness ou Négritude, apparaît ainsi comme une notion révolutionnaire et provocatrice, qui exprime le mystère de la personne et la mission de libération du Christ, telles dévoilés dans les Écritures.
Cependant, cette élaboration théologique laisse entrevoir certains silences, qui donneront naissance à la théologie womanist. Les critiques portées par cette dernière, ainsi que la mise en lumière des limites de la christologie de Cone, permettent une approche plus englobante et plus riche de la notion de Blackness appliquée au Christ, dans la mesure où elle prend compte l’expérience souffrante des femmes noires de même que leur capacité de survie et de résistance.
Au terme de cette étude, la Négritude, utilisée pour traduire la Blackness, acquiert un contenu théologique suffisamment dense pour exprimer l’identité du Christ à partir de l’expérience des Africains descendants du continent africain et des Caraïbes. La négritude de Jésus désigne la révélation du Christ qui transforme la nuit des opprimés en une aurore de résurrection.
Anne-Cathy Graber, sœur consacrée de la Communauté du Chemin Neuf, pasteure a participé à la rencontre entre les représentants de diverses traditions chrétiennes qui s’est tenue à Istanbul et nous partage son expérience.
« Quand les responsables exécutifs des Églises choisissent de partager et de porter les fardeaux des uns et des autres… » : tel pourrait être l’intitulé des rencontres annuelles qui existent depuis 1950 entre les responsables des différentes Communions Mondiales (« Conference of Secretaries of Christian World Communions »), tout le spectre protestant, évangélique et pentecôtiste,…, le Dicastère pour l’Unité des Chrétiens, et plusieurs patriarcats orthodoxes.
Quatre jours où il n’y a rien à négocier ! Ni déclaration finale, ni texte œcuménique, … très peu de photos, pas (ou presque pas) de comptes rendus officiels… Alors pourquoi des responsables aux agendas surchargés consacrent-ils une semaine de leur temps à une rencontre dépourvue de visibilité, une sorte de réunion « à huis clos » ?

Peut-être parce qu’ils savent qu’après avoir partagé les événements significatifs de l’année écoulée et les projets de son Église, chacun sera invité à oser dire les vulnérabilités et les tensions auxquelles sa famille ecclésiale doit faire face, notamment concernant les questions de gouvernance. Chacun s’exposera ensuite aux questions (très libres) des uns et des autres, et à leurs prières (spontanées… c’est dire aussi la confiance mutuelle). Ce tour de table de vingt à trente personnes permet une écoute mutuelle qui change le regard que nous avons sur l’institution de l’autre… comme de la sienne, grâce aux questionnements et aux encouragements des uns et des autres.
Cette année 2025, en raison de l’anniversaire de Nicée, nous étions reçus par le patriarcat œcuménique de Constantinople. L’œcuménisme tient une grande place dans ces rencontres non seulement par le fait d’être ensemble, mais aussi parce que c’est l’endroit favorable pour relire tel ou tel dialogue qui vient de se conclure. C’est la raison pour laquelle certaines Eglises viennent à cette rencontre avec leur responsable des relations œcuméniques (d’où ma participation).
Une des questions centrales est celle de discerner les conséquences concrètes d’un dialogue œcuménique pour la vie concrète des Églises. Ainsi, par exemple, celles ayant ratifié la Déclaration Conjointe sur la Justification se retrouvent pour identifier les conséquences de ces signatures communes. Ou encore, cette année, avons-nous échangé autour de l’éventualité d’un jour commun de « fête de la création », l’écoute des réalités douloureuses vécues en Ukraine et de ses conséquences ecclésiales était bien présente…
Ces quatre jours sont aussi le terreau favorable pour prévoir d’autres dialogues et commencer à labourer la terre pour qu’ils puissent avoir lieu. Rien de spectaculaire donc ! Un choix de discrétion, d’un certain silence, pour écouter les questions posées aux Églises.
Des frères et sœurs, économes de pays, se sont retrouvés à Bethanian, en Suisse, pour quelques jours de travail et de prière, de formation et de partage. Un temps fort et fraternel qu’ils vivent chaque année.

Adolphe Compaore, frère de la Communauté du Chemin Neuf, nous transmet des nouvelles du foyer Saint Laurent au Burkina Faso.
« Quand les racines sont profondes, il n’y a pas lieu de craindre le vent », nous dit un proverbe africain.
Ce samedi 18 octobre 2025, la joie et l’espérance ont habité le Foyer Saint Laurent de la Communauté du Chemin Neuf au Burkina Faso.
À l’occasion de la messe de rentrée académique, dite par le Père Luciano COUTO dans une grande ferveur avec les étudiants du foyer et en présence de quelques parents, nous avons confié à Dieu, source de toute sagesse, l’année académique qui commence pour les 16 étudiants, dont :
– 11 catholiques
– 3 protestants (Évangéliques)
– 2 musulmans.
Cette célébration avait une saveur particulière : le foyer fête son deuxième anniversaire de promotion d’étudiants.
Deux années de croissance, de fraternité, de prière, d’engagement et de formation humaine et spirituelle. Deux années de semence… et déjà des fruits visibles.

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. » disait Nelson Mandela.
À tous les étudiants, nous souhaitons une année académique bénie, studieuse et féconde.
Que le Seigneur vous donne l’intelligence du cœur, le courage de persévérer, et la grâce de mettre vos talents au service des autres.
« Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche. » Jacques 1,5
« Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, l’homme qui reçoit l’intelligence ! Car elle est préférable à l’argent, elle rapporte plus que l’or. » Proverbes 3,13-14
Aux responsables du foyer, merci pour votre dévouement. Votre accompagnement est une semence précieuse dans le champ de la jeunesse burkinabè. Vous êtes comme ces Anciens dont parlent nos proverbes : « Ce qu’un vieux voit assis, un jeune ne le voit pas même debout. »
Gardons tous à l’esprit « qu’un arbre ne grandit pas en un jour, mais il commence toujours par une graine. »


Puisse ce foyer continuer à grandir, enraciné dans la prière, dans l’unité, et dans l’amour fraternel.
Que cette nouvelle année soit pleine de lumière, d’engagement et de réussite pour chacun.
Infini merci au Père Luciano COUTO qui, au cours de l’homélie, a donné pour cette année les 4 piliers ci-après pour une année merveilleuse :
– Engagement.
– Fraternité.
– Spiritualité.
– Formation.
Bonne rentrée académique à tous !
Bon anniversaire au foyer Saint Laurent !