Depuis septembre, la mission Siloé s’enracine aussi à Mistów, en Pologne. Cette nouvelle étape invite à revenir aux sources de Siloé : accompagner la relecture de vie à la lumière du Christ pour grandir en liberté et répondre à son appel. Asia Sikorska responsable de Siloé à l’international nous partage comment ce nouveau chapitre conduit l’équipe à discerner les étapes à venir.
Depuis septembre, j’habite au centre Siloé de Mistów (Pologne), – petit frère du centre de Montagnieu, – en tant que responsable de la mission Siloé en Pologne et à l’international. C’est un grand changement pour notre mission : jusqu’à présent, son cœur avait toujours été à Montagnieu. et maintenant nous apprenons comment travailler à distance. Je vois que pour avancer, dans cette expérience de la distance et de la création de ce nouveau centre, nous avons besoin de toujours revenir aux origines de notre mission, ses débuts et ses premières intuitions.

« La Communauté du Chemin Neuf anime des retraites de relecture de vie depuis longtemps, elles ont évolué sur la forme, mais le fond reste le même : biblique et christo-centré. Ces retraites s’inscrivent dans un cheminement à la suite du Christ. Nous sommes tous appelés à mettre nos pas dans ceux du Christ, afin d’aimer et servir Dieu. Cette marche peut être rendue plus ou moins difficile en fonction de nos histoires, de certains événements ou de certaines relations. Il peut alors être bon de prendre le temps de relire ce vécu à la lumière de l’Esprit Saint. »
C’est ainsi que la retraite Siloé (Anamnèse) a été définie par les membres de l’équipe et les accompagnateurs spirituels. Cette définition décrit bien le cœur de la mission Siloé. Mais Siloé n’est pas seulement une retraite ; elle englobe également le cycle annuel Siloé, la formation à la prière Délié, les accueils de longue durée à Montagnieu et à Mistów, le travail collaboratif de réflexion des accompagnateurs spirituels et des professionnels de santé.
En effet, la première Anamnèse, est née à l’initiative de Laurent Fabre (fondateur de la Communauté du Chemin Neuf), de la relecture faite par les frères et sœurs qui ont animé des retraites de trente jours. Ils ont constaté que certaines personnes éprouvaient des difficultés à répondre à l’appel du Seigneur, comme si elles boitaient à cause d’une pierre dans leur chaussure. Dans le deuxième exercice de la première semaine des trente jours, saint Ignace invite à relire sa vie en dialogue avec la Parole de Dieu, de se reconnaître aimé(e) de Dieu. Certaines personnes avaient besoin de s’attarder davantage lors de cette relecture, pour accueillir l’histoire de leur vie, y compris ce qui était douloureux. Revenant donc au cœur de Siloé, nous pouvons dire qu’il ne s’agit pas de guérir pour guérir, mais de recevoir la guérison et la libération pour suivre Jésus, et répondre à son appel avec plus de liberté.
A l’époque où la Communauté a commencé à proposer les premières Anamnèses, une division était manifeste dans la société française entre la perspective spirituelle et la perspective psychologique sur l’articulation de la personne. Il n’est donc pas surprenant que notre appel à l’unité ait également trouvé un écho ici, et très vite, frères et sœurs de la Communauté, de la Communion, mais aussi amis – accompagnateurs spirituels, médecins, psychologues, infirmiers – ont eu envie de travailler et réfléchir ensemble. Cette réflexion et ce travail partagés ont donné lieu à plusieurs colloques Siloé, réunissant des professionnels de la santé, des accompagnateurs spirituels et toutes les personnes intéressées par divers sujets (libération, pardon, souffrance…).
Dès ses débuts, Siloé a adopté la vision de la personne humaine non pas comme une simple composition d’éléments – corps, psychisme et esprit – mais comme une personne corporelle créée à l’image de Dieu pour la relation à soi-même, aux autres et à Dieu. Dans cette articulation la dimension spirituelle a toujours été, et demeure, prioritaire. Les accompagnateurs Siloé, même s’ils sont thérapeutes par profession, ne se présentent pas comme tels, mais comme des accompagnateurs spirituels. Les connaissances psychologiques éclairent la compréhension de ce que vit une personne, la compréhension des étapes de la vie et des blessures qui y sont associées, des mécanismes qui la protègent, mais une retraite Siloé (Anamnèse) est avant tout une retraite, un temps spirituel.

Et ensuite ? Au sein de l’équipe internationale Siloé de cette année, largement dispersée : Mirjam à Montagnieu, Claudine à Tigery, Pierre-Louis à Bonn et Asia à Mistów, nous constatons le besoin de créer des lieux et des moyens d’unité :
• Entre les équipes Siloé dans le monde à travers la formation pour les accompagnateurs spirituels. Cette formation étant aussi un lieu de partage d’expériences et de questionnements.
• Dans le travail linguistique : en effet, l’expérience de la traduction des enseignements Siloé dans d’autres langues invite à travailler à l’adaptation de la version française à la diversité de nos cultures francophones (principalement en Afrique).
• En renforçant les liens entre Montagnieu, Mistów et l’ensemble de l’équipe internationale Siloé, tant dans l’unité de prière pour la mission que dans la réflexion. Aujourd’hui, un espace de réflexion particulier se dessine : la place du corps dans notre perspective de l’unité psychique/spirituelle. Les progrès rapides de la neurobiologie, de la biochimie et de la neuropsychologie nous permettent de mieux comprendre nos expériences, mais aussi invitent à réfléchir à la manière dont notre propre corps pourrait nous conduire vers plus de vie et d’unité dans les relations avec Dieu, avec nous-mêmes et avec autrui.
Accueillir les visiteurs à Hautecombe est une charge et une formidable opportunité pour la mission. Petit voyage historique dans l’accueil à l’abbaye !



Quelques éléments de contexte, et d’évolution de l’accueil des visiteurs
Construite au 12ème siècle pour permettre aux moines devenus Cisterciens de prier à l’écart du monde, l’Abbaye de Hautecombe s’est implantée sur un piton rocheux inhospitalier, quasiment inaccessible. Les terres pauvres et difficilement cultivables, entourées d’une forêt dense grimpant sur une abrupte montagne étaient peuplées de brigands. On y venait principalement par bateau, sur un lac capricieux où la navigation peut s’avérer dangereuse.
Pourtant, très rapidement, Hautecombe est devenue le point de repère spirituel de la famille de Savoie. Cette dynastie a régné durant plus d’un millénaire sur un territoire construit à cheval sur les Alpes, du comté de Nice à Genève, en passant par le Piémont, la Sardaigne, la Sicile…
Ils passaient avec leur cour à Hautecombe régulièrement, et s’y faisaient enterrer à leur mort.
L’abbaye était, au 14ème siècle, une puissance économique majeure, étendant ses possessions jusqu’au Dauphiné et au Lyonnais.
Mais, dégradée par le temps et le manque d’entretien, inoccupée entre 1792 et 1825, l’église est, en quelques années, tombée en ruines. C’est à ce moment que les premiers visiteurs ont commencé à se rendre dans l’abbaye désertée, à l’instar de Lamartine qui trouvait romantiques les ruines de l’église.
Cependant, l’abbaye a repris vie rapidement à l’initiative du roi de Sardaigne, descendant des princes enterrés sur place. Il a favorisé la réinstallation des moines cisterciens en 1826, et entrepris la rénovation complète de l’église.
Magnifiée, renforcée dans son rôle de nécropole de la dynastie de Savoie, l’abbaye, devenue royale, s’est imposée comme un haut lieu de tourisme. Dès 1838, Les visiteurs affluent au point que la reine, (qui habitait Turin, mais s’était gardée de spacieux appartements à l’abbaye où elle venait une ou deux fois par an), recrute un garde royal, chargé notamment d’accompagner les visiteurs dans l’église.
A peine installé, il se plaint de la lourdeur de la tâche : le nombre croissant de visiteurs ne lui permettant pas de les accueillir dans de bonnes conditions.
Malgré le garde, la cohabitation entre ces nombreux visiteurs « encadrés » par la maison royale et la vie de prière communautaire est difficile. Les tentatives de réduire le nombre de visiteurs dans l’église (pas de messe le jour de passage des bateaux, réduction des autorisations d’accostage) sont vaines.
En 1870, le père abbé demande la destitution du garde royal, et le remplace par des moines, qui prennent ainsi à leur charge l’accueil des touristes. Ils sont deux pour organiser les visites de l’église, un pour les appartements royaux et un pour gérer le petit magasin qui vient d’ouvrir.
Dès cette époque, les acteurs du tourisme local ont intégré Hautecombe dans leurs activités. Les tentatives des moines, renouvelées régulièrement, pour limiter la fréquentation se sont toutes heurtées aux pressions économiques, et aux interventions des élus du territoire.
Au départ des moines cisterciens, vers 1920, l’archevêque décrit en ces termes le cahier des charges incombant à la communauté qui s’installera à Hautecombe : « Service à acquitter pour les défunts de la maison de Savoie, pensions à accorder aux vieux moines cisterciens, entretien dispendieux des bâtiments, domaine à rénover complètement. Mais la plus pénible charge, c’est la visite du bâtiment qu’il faut faciliter aux étrangers. De juin à octobre, c’est un flux continuel de visiteurs qu’il faut conduire et surveiller dans l’église et les appartements royaux. Il y a ainsi jusqu’à cinq tournées dans un jour. Les bateaux à vapeurs viennent 2 fois par jour, et il y a souvent des barques qui accostent et dont le personnel réclame la visite. C’est une atmosphère mondaine et très déplaisante. C’est ce qu’il faut savoir avant d’accepter.
Les Trappistes de Tamié, qui avaient un temps envisagé de s’installer à Hautecombe, ont renoncé pour cette raison.
Dés leur arrivée en 1922, les moines bénédictins ont entrepris d’améliorer l’accueil, dans le but de préserver leur lieu de prière. La clôture a été agrandie, une buvette installée. Le port a été déplacé vers la grange batelière en 1954.
Des livrets furent édités pour guider les touristes pendant la visite de l’église et en 1975, les moines ont mis en œuvre la première visite téléguidée. En 1980, une exposition sur la vie monastique a été installée dans la grange batelière.
L’auberge a été créée en 1982, sur le chemin menant au port.
Cet ensemble d’aménagements a permis aux moines de construire des relations apaisées avec les nombreux visiteurs. Ils avaient des salariés et menaient des œuvres sociales. Ils occupaient ainsi une place importante dans le cœur des habitants des environs. Mais leur nombre et leur force diminuant, ils n’étaient plus en mesure d’assurer l’entretien du lieu et de financer les travaux structurels rendus nécessaires par la vétusté des bâtiments.
L’arrivée de la communauté du Chemin Neuf en 1992, a permis d’apporter un nouvel élan à l’abbaye, par l’accueil d’un grand nombre de jeunes, du festival et des diverses missions. Elle a également permis d’entreprendre des grands travaux de restauration et de renforcer l’entretien quotidien des bâtiments. Mais, moins présente dans la vie locale, la communauté n’a pas vraiment remplacé les moines dans le cœur des habitants.
Cependant, aujourd’hui, les forces disponibles pour faire vivre Hautecombe faiblissent : c’est la mobilisation des jeunes en formation, et celle des jeunes volontaires venus du monde entier par le dispositif « workaway » qui permettent notamment d’accueillir les 80 000 visiteurs qui suivent la visite audioguidée chaque année. Un miracle permanent conduit par l’Esprit Saint.
Hautecombe est aujourd’hui un pilier touristique de Savoie.
La pression sur Hautecombe n’a pas diminuée. Au contraire, la Savoie est une région touristique qui s’est fortement développée grâce au ski, et dans une moindre mesure sur le tourisme d’été. L’adaptation aux changements climatiques et la modification des modes de consommation représentent un enjeu économique vital pour le territoire. Les collectivités territoriales tentent de modifier le modèle économique du tourisme, et l’abbaye de Hautecombe est un des piliers de leur stratégie. De plus elle mobilise des fonds publics (département, région, Europe) pour la rénovation du bâtiment. Il se construit donc une forme de « donnant- donnant » qui génère des attentes importantes. Les standards d’accueil du tourisme évoluent (communication, disponibilité, modalité de réservation, services, hygiène…), les attentes des visiteurs sont fortes (découverte d’un lieu emblématique fortement médiatisé).
Le défi est donc de donner à voir la foi vivante qui s’incarne dans ce lieu et de partager la spiritualité de la communauté tout en coopérant avec les organisations laïques avec qui nous sommes en alliance pour financer la rénovation de l’abbaye.


Les relations avec l’écosystème public et privé du tourisme local
L’abbaye est le lieu touristique le plus fréquenté de Savoie (en dehors des stations de ski). Nous contribuons ainsi activement au dynamisme économique de la région. Les hôtels, gites, les tour-opérateurs, les compagnies de bateaux… inscrivent Hautecombe à leur programme. Chaque année, c’est ainsi plus de 350 groupes qui viennent visiter l’église abbatiale. Les syndicats d’initiatives nous sollicitent. Les chargés de relations presse se multiplient pour donner de la visibilité au département comme destination touristique et nous adressent plusieurs fois par an des influenceurs, des journalistes, des émissions de télévision et des médias en ligne.
Même si ce n’est pas le cœur de notre appel, nous devons donc développer nos compétences sur le plan patrimonial (responsabilité d’un monument historique), historique (connaissance de l’histoire de la Savoie), et touristique (accueil des visiteurs et touristes), pour rester des partenaires fiables.
Les enjeux de la relation avec notre environnement
Poursuivre la vocation de prière de l’abbaye, continuer à accueillir des centaines de jeunes chaque année pour des retraites, le festival et la formation Hautecombe Discipleship School, passe donc par une alliance renforcée avec notre environnement. Qu’il s’agissent des collectivités territoriales et des acteurs du tourisme, nous cherchons à développer une proximité relationnelle, mais aussi, et peut être surtout, avec les chrétiens du territoire, le diocèse, les habitants dans leur diversité. Une façon également de nous renforcer pour la conduite de la mission et l’accueil des visiteurs.
Une chance pour la communauté
En ce sens, cette situation est certainement une chance pour notre communauté. Chaque année, le Seigneur nous envoie plus de 100 000 personnes, intéressées, curieuses et souvent disponibles.
Autant d’occasions de témoigner de l’Évangile, par le soin que nous apportons à les accueillir, l’écoute (même parfois en quelques secondes) de leur réalité et de leur histoire. Autant d’occasions pour les visiteurs de se laisser toucher par la vie de prière. Autant d’occasions de parler de ce que nous sommes, de notre façon de construire l’unité.
Mais également, une chance sur le plan économique. Bien que les tarifs d’entrée soient extrêmement bas, les recettes de la visite et du magasin permettent de financer le reste à charge après les subventions, mais également de valoriser le temps passé par la communauté à faire vivre ce lieu.
Notre frère Karoll, membre de la communauté du Chemin Neuf nous fait découvrir l’abbaye où il est en mission aux Pays-Bas depuis 5 ans.
Quelles sont tes missions dans la communauté du Chemin Neuf ?
Depuis cinq ans, nous vivons avec ma femme et nos trois enfants dans la fraternité de vie à Oosterhout, aux Pays-Bas, dans la magnifique Abbaye Saint-Paul. Avec ma femme Kasia, nous faisons partie de l’équipe nationale de la communauté aux Pays-Bas. Je porte aussi une mission de finances et d’administration en tant qu’économe du pays. Au quotidien, je travaille également dans le jardin de l’abbaye et je m’occupe de différentes petites réparations. Deux autres missions, plus tournées vers l’extérieur, me sont confiées avec d’autres : Brouwen en Bidden (« Brasser et Prier ») et les retraites de week-end en silence basées sur les exercices ignatiens. Nous donnons aussi un coup de main sur d’autres missions — Cana, la mission jeunes, ou l’accueil de groupes à l’abbaye — et nous assurons les services pratiques.
Parle-nous un peu de tes missions
Peut-être est-il bon d’en dire un peu plus sur la mission « Brasser et Prier ». C’est une mission développée par un ancien frère de la communauté, Henk, qui a réuni son hobby du brassage et son désir d’évangéliser. C’est toujours un beau mélange ! Il a développé un système de brassage qui nous permet de brasser 150 litres de bière à la fois. L’idée de cette mission est d’accueillir à l’abbaye des personnes qui ne sont pas seulement chrétiennes — très souvent, beaucoup de participants n’ont aucun lien avec la foi. C’est un atelier où l’on peut facilement inviter tout le monde, car c’est tout simplement une très belle activité ! Brouwen en Bidden est une mission d’une journée. Elle peut accueillir jusqu’à quinze participants, et nous passons la journée ensemble à fabriquer de la bière, à partager un repas, à visiter l’Abbaye Saint-Paul, et à vivre des moments de prière. Nous faisons découvrir la prière ignatienne aux participants, et nous avons aussi beaucoup de temps pour discuter, échanger, et parler de notre foi, de la communauté, et de ce qui se passe à l’Abbaye. Jusqu’à présent, nous avons organisé cinq ateliers par an, et nous travaillons maintenant à en proposer un par mois, car nous voyons un grand intérêt. Nous explorons aussi la possibilité de lancer une production de bière à petite échelle, pour faire connaître davantage l’Abbaye à la communauté locale.
Pour moi, cette mission est personnellement liée à une autre que je porte : assurer l’équilibre de nos finances, entre une grande abbaye et une petite communauté. En même temps, de nombreux groupes et personnes viennent passer du temps ici, et y trouvent Jésus et sa paix. Nous cherchons un bon équilibre — continuer notre mission d’accueil et, en même temps, trouver les moyens de la rendre possible. Il y a sûrement bien des façons d’y parvenir. Lancer une micro-brasserie — ou plutôt une nano-brasserie — est l’une d’elles, et elle me semble très intéressante, car elle s’inscrit dans l’héritage des moines et de l’artisanat, peut engager la communauté locale et ouvrir nos portes à un plus large public. Et puis, j’aime simplement la bonne bière 🙂 Nous prions et discernons le chemin de Dieu dans ce projet. Nous posons maintenant un premier pas en rénovant une salle afin de pouvoir proposer l’atelier plus souvent. De petits commencements, les mains ouvertes, pour voir quelle est la volonté de Dieu pour cette mission.


Comment tu vis la fraternité dans ta mission au quotidien ?
Il y a différents moments — de travail, de loisir, de prière ou de partage. Chacun d’eux contribue à nourrir notre vie fraternelle. Parfois, nous aspirons à être super efficaces, et nous pouvons oublier que la vie fraternelle est le bon terreau pour que les missions puissent grandir. La mission Brouwen en Bidden ne serait pas possible sans ce contexte fraternel. Pour moi, le premier but de cette mission est de pouvoir être témoins de la joie que nous avons trouvée en Jésus et, à travers lui, dans notre vie fraternelle. Je prends beaucoup de plaisir à porter cette mission avec mes frères, et c’est aussi un lieu où nous pouvons partager plus profondément nos vies. Les gens ne cherchent pas aujourd’hui de grands mots ou des enseignements, mais de la fraternité, de la communauté et du partage. Et cela, nous ne pouvons pas le partager si nous ne le vivons pas nous-mêmes entre nous.
Qu’est-ce qu’elle t’apporte ?
La vie fraternelle m’aide à tenir dans les moments de doute et de crise, et elle m’aide aussi à découvrir davantage le grand amour de Dieu pour moi. C’est aussi pour moi un lieu pour donner ma vie, au service de mes frères et sœurs, et de toutes les personnes qui viennent visiter l’abbaye, dans leur chemin à la recherche de Jésus. C’est un grand honneur de voir comment Dieu accomplit son œuvre dans nos vies et dans celles des personnes qui viennent ici.



Quand et comment te reposes-tu sur tes frères et sœurs de communauté ?
Ce sont très souvent des moments tout simples, bien souvent juste la possibilité de parler et de partager ce que je porte. Parfois, c’est une promenade autour de l’abbaye avec mon frère, parfois c’est un café ou une bière que nous prenons ensemble, et nous partageons simplement nos difficultés, mais aussi nos désirs et nos rêves. Parfois en faisant quelques réparations ensemble, ou en brassant une cuvée de bière pour la communauté. Je pense qu’en tant qu’hommes, il est nécessaire d’avoir un espace pour travailler ensemble ; cela apporte beaucoup de joie et nourrit notre fraternité. Ce qui me donne aussi un espace pour respirer, c’est de savoir que je n’ai pas besoin d’être parfait, que je peux faire des erreurs, et que nous avons le temps de demander pardon et de nous réconcilier. Ces moments sont très précieux.
Quelles peuvent être les exigences dans la fraternité pour porter une mission ?
Le plus important dans la mission est, me semble-t-il, le lieu de la relecture. Si nous pouvons partager honnêtement ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, cela peut nous aider à ne pas investir notre temps et notre énergie (et notre argent) dans des œuvres pour Dieu, mais à chercher Ses œuvres. Un autre aspect est la fraternité. Je pense qu’il est bon de se demander l’un à l’autre : est-ce que cette mission aide mon cœur à vivre pleinement ? Est-ce que je porte une joie dans ce que je fais ? Parfois, il y a des moments où il faut persévérer fidèlement, mais sans joie, aucune mission ne serait complète. Les apôtres avaient sûrement beaucoup de joie à marcher aux côtés de Jésus, même si c’était très souvent exigeant. Le lieu de la réconciliation dans la mission est aussi très important. Chacun de nous devrait être prêt à demander pardon et à reconnaître son erreur ou son péché. De cette façon, nous pouvons nous porter les uns les autres avec nos faiblesses, et cela donne beaucoup de force.
En République démocratique du Congo, la Communauté du Chemin Neuf est implantée à Kinshasa et à Menkao. À Kinshasa, elle porte plusieurs missions : une maison communautaire, le foyer Saint-Paul pour étudiants, la paroisse Sainte-Christine et son école. À une soixantaine de kilomètres au nord-est de la capitale, à Menkao, elle anime également le centre spirituel Ubuntu.
À Kinshasa, la fraternité se vit au quotidien avec une grande intensité. Prêtre et responsable de la mission auprès des 18-30 ans, le père Thomas Prévost habite la maison communautaire. Il parle d’une vie fraternelle « puissance dix ». Sa mission se déploie au sein d’une association fondée par la communauté, qui mène des actions sociales auprès des enfants de la rue.
Sur ce même lieu de mission, trois frères et sœurs de la communauté, qui vivent à l’extérieur de la maison communautaire, sont salariés et partagent leur bureau avec lui.

Pour le père Doudou Nduelo, responsable du pays pour la Communauté du Chemin Neuf, les liens fraternels sont un moyen de « sortir de soi-même pour rencontrer l’autre ». La vie fraternelle lui permet « d’aller plus loin dans l’accueil de l’autre, y compris de ce qui m’est plus difficile à supporter. Elle élargit aussi ma manière de considérer mon prochain », reconnaît-il.
Un élan missionnaire nourri par les liens créés
À Kinshasa, les membres de la communauté partagent de nombreux moments de vie. Les invitations fréquentes chez les frères et sœurs vivant à l’extérieur de la maison communautaire nourrissent la fraternité au quotidien. La proximité des différents lieux de la communauté « renforce l’impression que tous les communautaires habitent un même quartier », souligne Doudou. Et, ajoute-t-il, « l’élan missionnaire est nourri par le fait d’être ensemble ».
« Je pense qu’il n’y aurait pas de mission s’il n’y avait pas la fraternité en premier ici à Kinshasa »
Thomas Prevost, prêtre de la communauté du Chemin neuf
Du côté des missions sociales, « je pense qu’il n’y aurait pas de mission s’il n’y avait pas la fraternité en premier à Kinshasa », observe Thomas.
« Ces différentes missions sociales sont nées de la vie de prière et de la vie fraternelle des premiers frères arrivés ici. C’est parce que les frères et sœurs étaient ensemble, priaient et cherchaient la volonté de Dieu que les missions ont commencé à naître. C’est ce que je garde chaque jour en mémoire lorsque je me rends au bureau, et ce qui me motive dans les tâches plus ingrates qu’il me faut assumer », poursuit-il.
Pour Doudou, responsable du pays, la fraternité « est une force et un témoignage pour la mission ».
Depuis plus de vingt ans, ces liens fraternels continuent ainsi de porter la mission. Ils se nourrissent de la prière, des démarches de réconciliation vécues ensemble et des encouragements mutuels.


Face aux nombreuses sollicitations, la vigilance reste de mise. « Elle est d’autant plus nécessaire en raison des missions quotidiennes que nous portons et qui nous conduisent souvent à être à l’extérieur de la maison pendant la journée », explique Thomas.
Souvent en mission le week-end dans le cadre de sa responsabilité auprès des jeunes, il veille néanmoins à préserver des temps de repos et de vie fraternelle. « J’ai choisi d’être présent, autant que possible, au repas du dimanche midi pour retrouver les frères présents dans la maison », affirme-t-il.
La fraternité comme lieu de combat
« La fraternité est un trésor, mais elle est aussi un combat », rappelait le père Bruno Cadoré lors du chapitre de la Communauté du Chemin Neuf en 2023.
Cette réalité se manifeste concrètement dans la vie quotidienne de la communauté. Ainsi, certaines questions liées aux aspects matériels et financiers de la vie commune ne sont pas toujours simples à aborder.

Pour Thomas, originaire de France, la vie fraternelle est à la fois une source de grande joie et un lieu d’apprentissage exigeant. « Malgré mes six années ici, je reste un étranger. Il y a encore beaucoup d’aspects de la culture congolaise que je n’ai pas intégrés. Cela entraîne parfois des incompréhensions, voire des frustrations. Mais l’avantage de notre vie ensemble est que le dialogue reste possible et que, en tant que Français, je n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat.
Il est aussi plus facile pour quelqu’un d’extérieur de remarquer certains travers culturels, mais ce n’est jamais évident de les mettre en face de son frère ou de sa sœur », confie-t-il.
À Kinshasa, un autre défi consiste à « libérer la parole pour que les frères et sœurs osent se parler directement et se réconcilier, plutôt que de parler les uns des autres ». Les membres engagés de la communauté se connaissent depuis longtemps et partagent une histoire commune. Comme dans toute famille, les relations peuvent parfois se tendre. Certaines blessures ou irritations risquent alors de s’installer et de nourrir la rancœur.
Face à ces situations, un accompagnement attentif est souvent nécessaire. « Cela demande parfois de désamorcer certaines tensions afin de rechoisir la fraternité », conclut-il.
Et pour continuer à grandir ensemble dans la confiance et la vérité, la fraternité demeure un chemin précieux qui permet de traverser les difficultés et de garder l’espérance.
Traduit par l’intelligence artificielle
Au Burundi, la communauté du Chemin Neuf est implantée à Bujumbura. La paroisse Saint Jean-Baptiste lui a été confiée. La maison communautaire se trouve de l’autre côté de la rue. Sept communautaires y habitent et soixante-dix-sept vivent dans leur maison à la capitale. La mission Cana, les missions pour les jeunes de 14 à 18 ans et de 18 à 30 ans, ainsi que la retraite autour de la relecture de son histoire de vie, appelée « Siloé », sont proposées dans le pays.
Sur la paroisse, chaque dimanche sont célébrées 4 messes. Pour chacune, il faut compter de 700 à 1200 paroissiens. 99 catéchumènes seront baptisés d’ici la fin du mois de juin. 60 couples suivent la préparation au mariage. La dimension missionnaire y est très présente.

Toutes ces missions sont possibles car elles « naissent de la fraternité », rappelle Jean de Dieu Nimubona, membre de la communauté du Chemin Neuf et vicaire sur la paroisse. « Jésus nous dit aussi que c’est à l’amour que nous avons les uns les autres qu’on nous reconnaitra comme ses disciples », poursuit-il.
Dans son quotidien, Jean de Dieu vit la fraternité comme « un appel, une vocation et comme une exigence évangélique ».

En parallèle de sa mission de vicaire à la paroisse Saint Jean-Baptiste, il est également responsable de la mission des jeunes âgés de 18 à 30 ans.
La pastorale paroissiale lui demande une grande quantité d’investissements sur tous les niveaux. « Il y a une soif immense qui fortifie et propulse l’élan missionnaire qui m’habite depuis longtemps », explique-t-il.
« La fraternité entre frères et sœurs est comme une source qui irrigue ma mission »
père Jean de Dieu, vicaire sur la paroisse Saint Jean-Baptiste à Bujumbura.
En vivant au sein de la communauté du Chemin Neuf, la fraternité entre frères et sœurs est « comme une source qui irrigue ma mission », partage le responsable de la mission jeune. Pour lui, les liens communautaires sont « un trésor visible et invisible » qui l’aide à traverser les obstacles. Ces relations fraternelles le protègent contre la tentation de ne compter que sur lui-même. Elles sont sources de consolation lors des partages ou des moments de qualité vécus avec des membres de la communauté.
« Je sens que le Seigneur me console et me fortifie quand je m’ouvre à un frère ou une sœur. Cette force permet de repartir et d’espérer. En ce sens, l’écoute fraternelle est un grand cadeau sur le chemin de la vie missionnaire », confie le vicaire.

La fraternité comme soutien spirituel et humain
Du côté de la mission auprès des jeunes de 14 à 18 ans, 11 communautaires sont au service. Pour porter avec eux l’organisation et l’animation des sessions, plusieurs jeunes viennent aider. La responsable Ange Paquitta Iradukunda, membre de la communauté du Chemin Neuf, est « touchée de voir les liens que le Seigneur peut tisser entre jeunes et vieux, comme nous aimons le dire ». La fraternité lui apporte une « immense joie ». Que ce soit lors des rencontres communautaires ou dans des moments plus simples en dehors de la communauté, « je rentre souvent chez moi remplie de gratitude et d’émerveillement », raconte la responsable.

Ange Paquitta, responsable de la mission 14-18 ans, entourée des jeunes investis au service des sessions

La fraternité prend aussi la forme d’un soutien concret. Lorsque Ange Paquitta porte un souci, une question ou un service à demander, elle s’appuie sur ses frères et sœurs de communauté.
Dans la mission 14-18 ans, les serviteurs sont soit des communautaires, soit des jeunes ayant déjà participé à des sessions organisées par la communauté du Chemin Neuf. Après une journée de rencontre ou à la fin d’une session, « je ressens une fraternité très forte entre nous, malgré nos parcours différents », partage la responsable de la mission 14-18 ans au Burundi.

Les liens communautaires nourrissent son désir d’être missionnaire. Ils lui rappellent que « le Seigneur nous envoie ensemble en mission ». La fraternité « m’aide à reconnaître et à accueillir les dons que Dieu a déposés dans chacun de mes frères et sœurs », enchaîne Ange Paquitta. Les membres de la communauté ne sont pas appelés à tout porter seuls, mais à se compléter les uns les autres.
La fraternité est un soutien spirituel et humain. L’intercession est un appui « lorsque j’ai une intention de prière ou que je traverse une difficulté. C’est une grande force de savoir que je ne porte pas seule ce qui me tient à cœur », explique la communautaire. D’un point de vue humain, les discussions simples du quotidien sur la vie et les expériences vécues l’aident à avancer avec « davantage de confiance et de sérénité », récapitule-t-elle.
Un trésor à chérir
La fraternité est un trésor à chérir chaque jour. Ce n’est pas à tenir pour acquis. Les enjeux sont nombreux. Accueillir les différences de sensibilité, de rythme de vie et des engagements, mais aussi trouver du temps pour se rencontrer gratuitement, en dehors des réunions et des préparatifs, demande du temps et un investissement personnel. Dans la mission 14-18, les moments simples pour se rencontrer « nous permettent de mieux nous connaître, de renforcer nos liens fraternels et de mieux nous porter mutuellement dans la prière », reconnait Ange Paquitta.
Dans les lieux de missions sur la paroisse, l’important est de « continuer à créer le lien fraternel avec les personnes vers qui le Seigneur nous envoie », insiste le père Jean de Dieu. « Nous sommes dans un pays qui a une culture de fraternité, d’Ubuntu et aussi un pays qui a traversé des époques de violences politiques qui ont provoqué des blessures, de la pauvreté, du désespoir, de la méfiance, etc.

La fraternité est une solution à la division, un médicament pour les cœurs brisés par la haine de l’autre, une source d’espérance pour la génération future », ajoute-t-il.
« Être frère, c’est un combat pour regarder le passé avec foi et courage, vivre le présent avec la grâce du ressuscité qui nous invite à être frères et sœurs dans le Christ, et envisager l’avenir avec l’espérance d’un pays et d’une Église unie, réconciliée et fraternelle. Cela est possible parce que le Seigneur nous envoie ensemble pour être la Parabole de la fraternité joyeuse et porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut », conclut Jean de Dieu.

Traduit par l’intelligence artificielle
Le vendredi 21 août, à l’Abbaye Notre-Dame des Dombes, auront lieu les engagements à vie de 11 célibataires consacrés et de 7 couples dans la communauté du Chemin Neuf. Ces engagements auront lieu au cours d’une eucharistie présidée par Monseigneur Olivier de Germay, archevêque de Lyon. 4 d’entre eux nous partagent les itinéraires intérieurs qui les ont amenés à ce choix.
Traduit par l’intelligence artificielle
Six ans après sa première édition, le retour de Just The Beginning à La Salette s’annonce comme un temps fort pour les jeunes de l’île Maurice et de l’océan Indien, placé sous le signe de la rencontre, de la joie et de l’espérance.

Le festival Just The Beginning se déroulera du 22 au 26 juillet 2026 à Notre-Dame de La Salette, à Grand-Baie, à l’île Maurice. Près de 500 jeunes de 18 à 35 ans sont attendus pour cette nouvelle édition, accompagnés de plus de 250 serviteurs et bénévoles mobilisés afin d’assurer l’accueil, la logistique, l’animation et le bon déroulement du festival.
Le retour du festival à La Salette constitue un événement particulièrement attendu. La première édition de Just The Beginning, organisée en 2019, avait réuni plusieurs centaines de jeunes de l’île Maurice ainsi que des jeunes venus des différentes îles de l’océan Indien. Les organisateurs espèrent renouveler cette dimension régionale en accueillant, cette année encore, des participants des îles sœurs.
Le retour du festival à La Salette constitue un événement particulièrement attendu. La première édition de Just The Beginning, organisée en 2019, avait réuni plusieurs centaines de jeunes de l’île Maurice ainsi que des jeunes venus des différentes îles de l’océan Indien. Les organisateurs espèrent renouveler cette dimension régionale en accueillant, cette année encore, des participants des îles sœurs.
Le thème retenu pour cette édition 2026 est « Rooted in Christ » (« Enracinés dans le Christ »). À travers ce thème, les organisateurs souhaitent offrir aux jeunes un véritable retour à l’essentiel et aux sources. Dans un monde où tout va toujours plus vite et où chacun est constamment sollicité, le festival se veut une invitation à faire une pause, à prendre du temps pour soi et à se recentrer sur ce qui compte vraiment.
Pendant 5 jours, les participants seront invités à vivre des temps de prière, de célébration, de fraternité et de ressourcement. De nombreux ateliers et workshops leur seront également proposés afin de favoriser les échanges et la croissance personnelle.

Mais Just The Beginning se veut aussi un festival festif et convivial. Les jeunes pourront participer à de nombreuses activités telles que le kayak, le football, la natation, le paddle, le dragon boat, des ateliers d’initiation à la fabrication de bougies ou encore la Fresque du Climat. Autant d’occasions de créer des liens, de se détendre et de vivre une expérience humaine et spirituelle forte.
Ce grand rassemblement se vivra sous un format résidentiel. Les participants pourront être hébergés soit en camping, soit dans des salles de classe spécialement aménagées pour l’occasion.
Depuis le mois d’octobre 2025, une quinzaine de personnes se sont engagées dans la préparation du festival. Chaque mois, elles se retrouvent pour un week-end complet de travail afin de préparer les différents aspects de l’événement, tant sur le plan logistique que sur le contenu spirituel.


Vendredi 15 mai, à la cathédrale d’Évry, 5 frères de la Communauté du Chemin Neuf ont été ordonnés prêtres par Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort.
Dans son homélie, Mgr Eric de Moulins-Beaufort a notamment souligné, à propos de la Communauté du Chemin Neuf, qu’elle était « un signe pour l’Église, par delà la différence habituelle des états de vie et aussi la différence des confessions chrétiennes ». Mgr de Moulins-Beaufort a ajouté que la Communauté était « une lumière et un gage d’espérance pour l’Eglise de Dieu en sa totalité ».
Qui sont-ils ?
Charles-Étienne Lepitre
- 36 ans
- né à Versailles
- Grand frère dans l’âme
- Idéaliste en conversion
- Un pauvre aimé de Dieu

Avant la communauté, tu faisais quoi ?
J’ai terminé mes études d’ingénieur, plutôt orienté production et logistique dans l’aéronautique.
Qu’est-ce qui te ressource ?
Marcher dans la nature, en montagne, lire un bon bouquin et passer un bon temps de sport avec les frères et sœurs.
Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?
Je réponds à l’appel du Christ et j’ai le grand désir de le faire connaître et de dire au monde: « C’est vrai, il existe ! Il est celui que vous cherchez, celui qui vous apportera le vrai bonheur ! »
Je sens dans mon cœur le désir d’être pasteur et de conduire, autant que je pourrais, par les sacrements, la parole et le don de moi-même au Christ qui nous sauve. Tant de personnes le méconnaissent ou le connaissent si peu, le cherchent consciemment ou inconsciemment, parce qu’ils ont soif de lumière et de vraie vie !
Une parole de la Bible ?
« ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus.
2 Corinthiens 4, 5-7
Car Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.
Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases
d’argile »
Rémi Charpigny
- 70 ans
- originaire de Berry – Sologne
- « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » Jean 15, 13
Avant la communauté, tu faisais quoi ?
Veuf, père de 4 enfants et grand-père de 9 petits-enfants, j’aurais pu profiter d’une retraite agréable au bord de la mer à servir le Seigneur dans la continuité des engagements que j’avais avec mon épouse. Mais, répondre à l’appel de Dieu est l’assurance d’être à ma place, d’y être heureux, avec aussi l’assurance que mes enfants en recevront des grâces.
Qu’est-ce qui te ressource ?
Avoir des temps forts avec mes enfants, faire du sport régulièrement, me promener dans la nature, ramasser des champignons.

Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?
Parce que c’est la place à laquelle le Seigneur m’a appelé et qu’ainsi c’est la place où je suis assuré de la fécondité de ma vie, tout en étant conscient que cette fécondité m’échappe car elle appartient à Dieu.
Un moment clé où tu as compris que Dieu t’appelait ?
Mon épouse est décédée dans la paix après que les souffrances qu’elle endurait aient disparu. Elle s’est éteinte tout doucement, comme une petite bougie. À minuit, 3 h 30 après son décès, j’étais sous la douche et j’ai entendu la parole suivante : « Tu vas devenir prêtre. » Une telle parole s’entend non seulement par les oreilles, mais, je dirais, par tous les pores de ma peau. Il est impossible d’oublier une telle parole ainsi révélée.
Timothée Tillard
- 36 ans
- né sur l’Île de la Réunion
- Passionné
- Impatient
- Accessible

Avant la communauté, tu faisais quoi ?
J’ai fait des études de menuiserie pendant 3 ans. J’ai obtenu mon diplôme en 2012, juste avant de commencer la formation à l’Abbaye d’Hautecombe. Je me suis ensuite engagé dans la communauté.
Qu’est-ce qui te ressource ?
La vie fraternelle, la musique et le silence en montagne !
Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?
D’abord parce que le Seigneur m’y a appelé. Je suis convaincu que c’est par obéissance à Sa voix que mon appel s’est fait plus précis dans ma vie et qu’il sera solide.
Ensuite, parce que j’aimerais rendre plus visible le visage de Miséricorde et d’Amour du Père dans ce monde.
« Celui qui m’a vu a vu le Père »
Jean 14, 9
Le prêtre est le visage de Jésus sur Terre, par les sacrements, mais aussi par toute sa vie. Enfin, il essaie de l’être. J’espère pouvoir être ce visage pour ceux que je vais servir dans mon sacerdoce. Rendre plus visible la présence de Jésus qui Lui-même cherchait à rendre visible le visage de Son Père.
Une parole de la Bible ?
2 Timothée 4, 17.
« Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion »
Emmanuel de Langle
- 37 ans
- Breton
- Entier, lorsqu’il choisit de s’engager pour une cause ou un projet, il y va à fond
- Simple
- Pragmatique (il reconnaît que le critère esthétique influe assez peu sur son discernement)
Avant la communauté, tu faisais quoi ?
Je travaillais comme consultant dans la cybersécurité à la Défense chez WaveStone.
J’habitais à Levallois-Perret, où j’ai rencontré la communauté.
Qu’est-ce qui te ressource ?
- La course à pied
- La théologie (et oui, j’aime suivre des cours en ligne pendant mes vacances)
- Boire un verre avec des frères (ça c’est l’incontournable)
Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?
Cela me donne tellement de joie et de sens d’annoncer le Christ, notamment aujourd’hui auprès des jeunes !

J’aime la pastorale et je souhaite répondre à l’appel du Christ qui m’invite à l’annoncer aussi dans la célébration des sacrements, afin qu’il se donne aux hommes et puisse répandre sa miséricorde.
Une parole de la Bible ?
« entraine moi à ta suite, courrons ».
Cantique des Cantiques 1, 4
Ce verset me rappelle que je ne peux rien sans le Seigneur et que c’est lui qui m’attire et me donne sa grâce afin que je me mette à sa suite…. et quelle suite : le Cantique retrace le chemin de l’âme vers l’union au Christ-Époux !
Nicolas Rhoné
- 37 ans
- né à Nancy
- Chercheur
- Passionné
- Émerveillé

Avant la communauté, tu faisais quoi ?
J’étudiais à l’école Polytechnique avec un master de recherche en physique fondamentale.
Qu’est-ce qui te ressource ?
Marcher dans les montagnes suisses et passer la nuit sous les étoiles à photographier nébuleuses et galaxies.
Pourquoi tu as envie d’être prêtre aujourd’hui ?
Pour servir l’Eglise et annoncer la miséricorde de Dieu pour chacun !
Un moment clé où tu as compris que Dieu t’appelait ?
Lors de mon Baptême dans l’Esprit Saint à l’Abbaye d’Hautecombe, en 2006.
Une parole de la Bible ?
« Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. »
Éphésiens 2, 4-5
Traduit par IA
Texte de méditation
Jésus, la lumière qui guérit notre vision
Lettre du Pasteur Rogério Alves de Carvalho à la Communauté du Chemin Neuf pour l’office pour l’unité
« L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé », Matthieu 6,22
De manière très simple, le mécanisme de notre vision se produit lorsque la lumière réfléchie par les objets traverse la cornée, la pupille et le cristallin pour atteindre la rétine, où des cellules spécialisées codent l’image et le nerf optique transmet le stimulus au cerveau. La pupille fonctionne comme le diaphragme d’un appareil photo, contrôlant l’entrée de la lumière en fonction de l’environnement.
Jésus nous enseigne à travers un langage accessible, en comparant les yeux à la fenêtre d’une maison : « L’œil est la lampe du corps. » La qualité de la lumière qui pénètre dans une habitation dépend de l’état de la fenêtre. Il en va de même pour la lumière qui pénètre le cœur et l’âme : elle dépend de l’état spirituel de nos yeux.
Nous apprenons avec Jésus que si nos yeux sont mauvais, tout notre corps sera dans les ténèbres. Une vision distordue nous empêche de voir Dieu, Sa bonté, qui nous sommes et vers où nous marchons. Lorsque la lumière en nous n’éclaire pas correctement, tout devient confus et fragmenté.
Quand notre vision est guérie par le Christ, nous cessons de voir de manière divisée : nous nous mettons à regarder avec clarté non seulement Dieu, mais aussi notre prochain. Le manque d’unité naît souvent d’une vision altérée — de jugements précipités, d’orgueil, d’un manque d’amour et de compréhension. Mais lorsque la lumière de Jésus illumine nos yeux, elle aligne également notre cœur avec le cœur de Dieu.
La véritable unité ne consiste pas seulement à être ensemble, mais à regarder ensemble — avec des yeux illuminés par la vérité. C’est voir l’autre avec grâce, c’est comprendre le dessein commun, c’est marcher dans la même direction.
Le remède à cette vision distordue est la Lumière, qui est Jésus lui-même. Il ouvre nos yeux et illumine tout notre être, restaurant ainsi nos relations et nous conduisant vers l’unité. C’est pourquoi nous prions avec le psalmiste : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi. » (Psaume 119/118:18)
Intercessions
A adapter ou modifier selon les lieux et les circonstances
Seigneur, dans cette année d’élections au Brésil, au milieu des tensions, des divisions et des polarisations, apprends-nous à chercher ce qui unit plutôt que ce qui sépare ; donne à notre communauté de demeurer un signe de communion et de fraternité.
Nous te prions, Seigneur : donne-nous de chercher et de trouver ton unité et ta paix.
Seigneur, nous te confions l’Église Centrale de Belo Horizonte, avec laquelle notre Communauté entretient des liens d’amitié et de communion ; bénis particulièrement le couple de cette Église qui vit un chemin de discernement avec nous ainsi que les pasteurs qui nous soutiennent et nous enseignent. Donne à cette Église de chercher et de trouver Dieu en toutes choses.
Nous te prions, Seigneur : donne-nous de chercher et de trouver ton unité et ta paix.
Seigneur, nous te confions les Églises évangéliques de notre quartier, spécialement les liens fraternels avec la paroisse et avec les pasteurs qui œuvrent pour l’annonce de l’Évangile ; fais grandir entre nous l’estime mutuelle, la confiance et le désir de marcher ensemble.
Nous te prions, Seigneur : donne-nous de chercher et de trouver ton unité et ta paix.
Seigneur, nous te prions pour tous les lieux du monde marqués par la guerre, la violence et la haine ; fais se lever des femmes et des hommes de justice, de paix et de concorde, capables d’ouvrir des chemins de réconciliation entre les peuples.
Nous te prions, Seigneur : donne-nous de chercher et de trouver ton unité et ta paix.
Prière pour l’unité des Chrétiens
Seigneur Jésus,
Qui as prié pour que tous soient un,
Nous te prions pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux,
Par les moyens que tu veux.
Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
De voir notre péché,
Et d’espérer au-delà de toute espérance.
Amen !
(Prière composée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf,
à partir d’une prière du père Paul Couturier)
Cette semaine, l’office a été préparé par les frères et sœurs de la communauté du Chemin Neuf à Jérusalem
Texte de méditation
Jérusalem, ville de conflits et ville de la Pentecôte
Lettre pastorale du Cardinal Pizzaballa (patriarche latin de Jérusalem)
https://www.lpj.org/en/news/letter-to-the-diocese
Le Cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, adresse à l’Église une lettre pastorale. À travers une réflexion sur le mystère de Jérusalem, il nous invite à nous interroger sur la manière de vivre notre vocation chrétienne dans une situation de tension et de conflit.
« Que nous demande le Seigneur en ce moment ? Et comment donner une expression concrète à notre foi dans ce contexte difficile ? […] Comment, en tant que chrétiens, en tant qu’assemblée ecclésiale, vivre au sein de cette situation de conflit, politique, militaire, spirituel, dont nous savons qu’elle durera encore de nombreuses années ? Elle fait désormais partie intégrante de la vie ecclésiale, de l’existence ordinaire de chacun d’entre nous. Malheureusement, elle fait désormais partie de la culture de cette Terre. Ce n’est donc pas un moment à surmonter, mais le lieu où notre Église est appelée à mettre en œuvre sa mission spécifique de communauté de croyants dans le Christ.
La première ville mentionnée dans la Bible est fondée par Caïn (Gn 4,17). Après avoir tué son frère, il construit un refuge : un lieu où mettre un terme à la violence, où reconstruire la fraternité perdue. Dans les Écritures, la ville naît comme une tentative humaine de recréer une vie commune là où la relation a été rompue. La dernière ville de la Bible est, quant à elle, la Nouvelle Jérusalem “qui descend du ciel” (Ap 21–22). C’est entre ces deux pôles – la ville-refuge construite par l’homme par peur, et la ville-don qui descend de Dieu par amour – que se joue toute l’histoire du salut.
C’est une tension qui traverse toute l’Écriture et qui se concentre de manière unique sur Jérusalem. Aucune autre ville dans la Bible ne reçoit autant d’amour et autant de reproches, autant de promesses et autant de condamnations. Et cette même tension […] habite également l’Église née à Jérusalem.
Dans cette ville, les différentes confessions chrétiennes se retrouvent à partager l’espace et le temps, donnant vie à un chemin imparfait mais vital vers l’unité des croyants. À travers des rites et des langues différents, célébrés dans les mêmes lieux, vécus et fréquentés par nos familles, ces Églises nous offrent une image vivante de ce qui s’est passé à Jérusalem le jour de la Pentecôte : des peuples différents réunis dans le même Esprit. Tout comme les Apôtres sont alors partis annoncer l’Évangile à toutes les nations, de même aujourd’hui ces communautés, enracinées dans la même terre et dans les mêmes familles, sont appelées à redécouvrir la pleine communion dans la foi et la charité. »
Intercessions
A adapter ou modifier selon les lieux et les circonstances
Père de tous les croyants, merci pour les fêtes de ces derniers jours : Shavouot, fête des prémices et mémoire du don de la Torah au Sinaï, Pentecôte, don de l’Esprit fêté par les catholiques dimanche dernier puis par les orthodoxes dimanche prochain, et Eid El Adha, mémoire du sacrifice d’Ishmael pour les musulmans. Que ces fêtes nous ouvrent à la gratitude et à la joie devant la richesse de nos différences.
Jésus, Fils de Dieu, tu connais cette Terre Sainte et sa souffrance, sa beauté et son espérance qui semble s’essouffler. Viens faire ta demeure dans les cœurs afin de renoncer à toute idolâtrie de la terre et toute justification de la violence en ton nom.
Esprit-Saint, défenseur des pauvres, nous te confions les victimes des guerres, en particulier celles qui continuent malgré les cessez-le-feu au Liban et à Gaza. Nous te prions pour une paix enracinée dans la justice et un réveil des consciences en ce monde : viens guérir les blessures et donner ta paix, juste et durable.
Prière pour l’unité des Chrétiens
Seigneur Jésus,
Qui as prié pour que tous soient un,
Nous te prions pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux,
Par les moyens que tu veux.
Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
De voir notre péché,
Et d’espérer au-delà de toute espérance.
Amen !
(Prière composée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf,
à partir d’une prière du père Paul Couturier)


