Cette semaine, l’office a été préparé par les frères et sœurs de la communauté du Chemin Neuf à Val de Paix au Canada
Texte de méditation
La paix soit avec vous tous, vers une paix désarmée et désarmante
Message de sa sainteté le pape Léon XIV
pour la 59e Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/peace/documents/20251208-messaggio-pace.html
« La paix soit avec vous ! ».
Cette salutation très ancienne, encore utilisée aujourd’hui dans de nombreuses cultures, a retrouvé toute sa vigueur le soir de Pâques sur les lèvres de Jésus ressuscité. « La paix soit avec vous » (Jn 20, 19.21) est sa Parole qui non seulement souhaite, mais réalise un changement définitif en celui qui l’accueille et, ainsi, dans toute la réalité. […]
C’est le Bon Pasteur qui a vaincu la mort et abattu les murs de séparation entre les êtres humains (cf. Ep 2, 14) ; c’est Lui qui donne sa vie pour son troupeau et qui a beaucoup de brebis en dehors de la clôture de la bergerie (cf. Jn 10, 11.16) : le Christ, notre paix. Sa présence, son offrande, sa victoire rejaillissent sur la persévérance de nombreux témoins grâce auxquels l’œuvre de Dieu se poursuit dans le monde, devenant même davantage perceptible et lumineuse dans l’obscurité des temps.
La paix existe, elle veut habiter en nous, elle a le doux pouvoir d’éclairer et de dilater l’intelligence, elle résiste à la violence et la surmonte. La paix a le souffle de l’éternel. […] Que nous ayons le don de la foi ou qu’il nous semble ne pas l’avoir, chers frères et sœurs, ouvrons-nous à la paix ! Accueillons-la et reconnaissons-la, plutôt que de la considérer comme lointaine et impossible.
[…] Avec l’action, il est plus que jamais nécessaire de cultiver la prière, la spiritualité, le dialogue œcuménique et interreligieux comme voies de paix et langages de rencontre entre traditions et cultures. Partout dans le monde, il est à souhaiter que « chaque communauté devienne une « maison de paix », où l’on apprend à désamorcer l’hostilité par le dialogue, où l’on pratique la justice et cultive le pardon ». Aujourd’hui plus que jamais, en effet, il faut montrer que la paix n’est pas une utopie, grâce à une créativité pastorale attentive et fructueuse.
Intercessions
A adapter ou modifier selon les lieux et les circonstances
En ces jours douloureux, nos cœurs se tournent vers le Moyen-Orient, cette terre millénaire où le souffle de l’histoire rencontre la douleur du présent. Que la lumière de la sagesse éclaire l’esprit de ceux qui décident, pour qu’ils choisissent le dialogue plutôt que la force et la main tendue plutôt que le poing fermé.
Seigneur, source de toute paix et de toute vie, nous déposons devant Toi nos espoirs pour tous les peuples qui l’habitent, afin que le fracas des armes s’efface devant le murmure de la paix. Sèche les larmes des familles, protège l’innocence des enfants et transforme ces terres de conflit en jardins de rencontre. Que chaque mur de division devienne un pont, et que chaque peur se transforme en une volonté sincère de bâtir un avenir commun.
Du 11 au 13 juin, aura lieu à Val de Paix, une rencontre régionale JC2033 (Jesus Celebration 2033) USA–Canada qui rassemblera des leaders de diverses confessions chrétiennes pour partager la vision, s’encourager mutuellement et se mobiliser autour du message central de l’Évangile : Christ est ressuscité !
Seigneur Jésus, Toi le Ressuscité, nous Te prions avec un cœur rempli d’espérance pour chaque participant venant du Canada, des États-Unis et d’ailleurs. Que notre maison de val de Paix devienne le jardin d’une nouvelle Pentecôte, afin que, dans notre diversité œcuménique, nous ne soyons qu’un seul corps. Que Ta joie rayonne sur nos visages et que notre unité soit un témoignage vivant pour le monde.
Le Canada est reconnu mondialement comme une terre d’accueil qui s’appuie sur une tradition humanitaire et une forte immigration pour sa croissance. Cependant, dans un monde en crise, il n’est pas à l’abri des troubles mondiaux, subissant des impacts directs sur plusieurs plans.
Seigneur, Source de toute Vie et de toute Paix, nous Te rendons grâce pour la beauté de cette terre de liberté où chaque personne peut s’épanouir et vivre en sécurité. Fais que ce pays demeure une terre d’accueil, où le cœur reste ouvert à l’étranger. Inspire-nous le courage de chérir nos différences et apprends-nous à écouter avec bienveillance, à reconnaître la richesse de l’autre et à bâtir des ponts là où certains voudraient élever des murs.
Prière pour l’unité des Chrétiens
Seigneur Jésus,
Qui as prié pour que tous soient un,
Nous te prions pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux,
Par les moyens que tu veux.
Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
De voir notre péché,
Et d’espérer au-delà de toute espérance.
Amen !
(Prière composée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf,
à partir d’une prière du père Paul Couturier)
Cette semaine, l’office a été préparé par les frères et sœurs de la communauté au Studim de Chartres
Texte de méditation
Le Christ est ressuscité
Méditation du Frère Roger De Taizé, Pâques 1989
Toi le Christ, nous savons par l’Evangile que, ressuscité, tu nous habites tous par ton Esprit-Saint. Mais souvent nous avons peine à comprendre que tu es ressuscité. C’est comme si nous ne le savions pas, ou comme si nous l’avions oublié.
Et pourtant, du tréfonds de notre condition humaine, nous cherchons un amour, l’étonnement de ton amour. Oui, au tréfonds de chacun de nous se trouve le désir de ta présence, toi le Christ qui nous aimes. Ce désir de ta vie en nous est déjà une communion avec toi, le Ressuscité. Ce désir est déjà la foi, une foi toute humble cachée au-dedans de nous-mêmes.
Et plus encore : tu nous donnes l’audace de sauter des murailles d’hésitations, et même de doutes, pour être toujours unis à toi dans le silence de notre cœur et renouveler sans cesse un oui de toute l’existence.
Intercessions
A adapter ou modifier selon les lieux et les circonstances
En cette période pascale, l’évêque de Chartres a annoncé ouvrir un temps particulier allant jusqu’à la Pentecôte. Cette période de prière et d’écoute du Seigneur ressuscité vise à porter l’avenir du diocèse, ses mouvements, ses paroisses et ses écoles.
Seigneur, que ces semaines exceptionnelles soient fructueuses et permette de suivre le souffle de l’Esprit.
Christ ressuscité, exauce-nous !
Ce jeudi 9 avril, la grande retraite des 30 jours débutera à Béthanien en Suisse. Soixante-dix retraitants vivront tout ou partie des exercices.
Seigneur, que la grâce d’une prière intime et profonde leur permettre de se mettre à ton écoute. Nous te prions également pour les frères et sœurs qui se mettent à ton service à travers cette retraite.
Christ ressuscité, exauce-nous !
Du 13 au 23 avril, le pape Léon XIV visitera quatre pays africains : l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Un voyage qui sera marqué par des enjeux et thèmes majeurs tels que le dialogue interreligieux, la paix et la justice sociale.
Seigneur, que cette étape importante, un an après la fin du conclave, soit vécue comme un signe fort d’engagement dans le monde.
Christ ressuscité, exauce-nous !
Lundi dernier, le patriarche œcuménique Bartholomée a été installé sous la coupole de l’Institut de France. Cet évènement a été l’occasion de manifester la place des cultes et du christianisme dans l’espace public et parmi les institutions françaises.
Seigneur, nous te prions pour les liens entre les Églises chrétiennes et les instances étatiques : qu’un chemin de respect et de dialogue soit recherché et rendu possible.
Christ ressuscité, exauce-nous !
Prière pour l’unité des Chrétiens
Seigneur Jésus,
Qui as prié pour que tous soient un,
Nous te prions pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux,
Par les moyens que tu veux.
Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
De voir notre péché,
Et d’espérer au-delà de toute espérance.
Amen !
(Prière composée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf,
à partir d’une prière du père Paul Couturier)
Par Sr Anne-Cathy Graber, avec Sr Pascale Avice
Anne-Cathy Graber et Pascale Avice, soeurs de la Communauté du Chemin Neuf ont été invitées à participer le 25 mars à l’installation de Sarah Mullally comme 106e Archevêque de Canterbery. Pascale Avice a été en mission pendant de nombreuses années à Lambeth Palace avec la Communauté du Chemin Neuf. Anne-Cathy Graber, pasteure mennonite, a été invitée en tant que responsable des relations oecuméniques pour la Conférence Mennonite Mondiale.
Anne-Cathy nous partage ses impressions sur une femme qui s’inscrit dans un chemin déjà engagé dans l’écoute et la rencontre. De son arrivée en pèlerine jusqu’à un temps fraternel et simple avec quelques responsables d’Églises, quelque chose du visage d’une Église en chemin et en dialogue s’est donné à voir.
Et si l’on parlait de la célébration d’installation de la nouvelle archevêque de Canterbury, Primate de la Communion anglicane, en commençant par dire ce qui a précédé et suivi cet événement ? En effet, deux moments encadrent ce moment historique et témoignent des choix personnels de l’archevêque Sarah Mullally. Deux moments, l’un relaté par les médias, l’autre vécu en toute discrétion.
Partie de Londres, où elle était évêque, Sarah Mullally est arrivée à Canterbury en pèlerin, avec son mari, après 10 jours de marche au cours desquels elle a rencontré les Eglises locales, les associations,…, et toutes celles et ceux qui souhaitaient se joindre à sa marche pendant quelques kilomètres. Belle parabole d’une autorité synodale, qui « marche avec », et qui écoute ! Tel est l’événement qui a précédé la célébration d’installation elle-même.
C’est ce même témoignage d’une autorité qui écoute et se fait proche que quelques-uns d’entre nous ont vécu le lendemain de la magnifique célébration. En effet, de façon plutôt imprévue, étaient invités pour un temps de rencontre, les responsables d’Eglises présents à la célébration. Après avoir reçu les délégations catholiques, puis orthodoxes, les responsables des familles protestantes, en raison du caractère tardif de l’invitation, se sont retrouvés au nombres de… six (!)… De plus, il ne s’agissait pas des représentants des grandes traditions protestantes (luthérienne, réformées, méthodistes, …) mais des responsables de l’Armée du Salut, des Quakers, des Mennonites, et du Forum Chrétien Mondial. L’archevêque Sarah Mullally a ouvert ce moment en disant combien il était important pour elle que les autres Eglises aient été présentes à cette célébration et que l’appel œcuménique était fondamental pour son ministère. Elle a invité chacun d’entre nous à partager ce que nous pensions et avions retenu de la célébration de la veille. Puis, l’une d’entre nous a proposé que l’on prie ensemble, de façon spontanée. Ce qui s’est fait très simplement. Pour conclure, le responsable quaker a invité, selon sa propre tradition, à un temps de prière en silence. Simplicité, fraternité, et un peu d’émotion… Les quelques évêques anglicans présents au fond de la salle ont confirmé que ce n’était pas si habituel, mais combien à l’image de cette femme.
Quant à la célébration, le mieux serait de la visionner car c’est une belle manière de se rendre proche de la liturgie anglicane
Je retiens l’ouverture, lorsque l’archevêque, encore à l’extérieur de la cathédrale de Canterbury, a frappé trois fois à la porte. S’est alors instauré un dialogue entre elle et des enfants : « Qui es-tu et pourquoi demandes-tu d’entrer ? » « Je suis Sarah, une servante de Jésus-Christ, et je viens comme quelqu’un qui cherche la grâce de Dieu, pour marcher avec vous ». Ou encore : « Comment viens-tu au milieu de nous et avec quelle assurance ? » « Je viens ne connaissant rien d’autre que Jésus-Christ, Jésus Christ crucifié, et dans la faiblesse, la peur et avec beaucoup de tremblements. ».
L’engagement œcuménique n’était pas rendu visible seulement par la présence des responsables de presque toutes les Eglises, sans oublier les représentants des autres religions. Il a été demandé si, en tant qu’archevêque de Canterbury, Sarah Mullally acceptait de s’engager à prier et travailler pour l’unité visible de l’Eglise du Christ, et à signer solennellement cette alliance avec « Churches together », un mouvement œcuménique très important au Royaume Uni, entre autres.
25 mars : il s’agissait du jour de l’Annonciation. Une telle célébration a rendu « visible » la parole de Marie, ce que n’a pas manqué de souligner Sarah Mullally dans son sermon où elle s’est souvenue d’elle-même à seize ans, alors infirmière : « car rien n’est impossible à Dieu ».
En Côte d’Ivoire, de nombreuses jeunes filles travailleuses vivent dans une grande précarité. Faibles revenus, logements insalubres ou inexistants, exposition aux violences et à l’exploitation… Leur quotidien est souvent marqué par l’insécurité et l’incertitude. C’est dans ce contexte que la Communauté du Chemin Neuf en Côte d’Ivoire lance un projet ambitieux et porteur d’espérance : la création d’un foyer d’accueil pour 200 jeunes filles travailleuses à Bimbresso.
Bimbresso est un quartier situé dans la commune de Yopougon, au nord-ouest d’Abidjan.
À la fois espace urbain en expansion et quartier à forte identité traditionnelle, Bimbresso se distingue par son dynamisme démographique et sa proximité avec les grandes zones d’activité de Yopougon.
Le quartier connaît aujourd’hui une croissance rapide, avec l’installation de nombreuses familles et de jeunes travailleurs, tout en conservant un cadre relativement calme comparé au centre de la commune.
Cette position stratégique, entre urbanisation et cadre de vie accessible, en fait un lieu pertinent pour des projets sociaux, notamment en matière d’hébergement et d’accompagnement des populations vulnérables.






Un projet de foyer porté par la Communauté du Chemin Neuf pour se reconstruire et grandir
La Communauté du Chemin Neuf en Côte d’Ivoire lance un projet ambitieux et porteur d’espérance : la création d’un foyer d’accueil pour 200 jeunes filles travailleuses à Bimbresso.
Ce foyer ne sera pas seulement un hébergement. Ce sera un véritable espace de vie, de formation et de transformation.
Les jeunes filles y trouveront :
- Un cadre sécurisé et digne
- Une vie communautaire équilibrante
- Un accompagnement humain, psychologique et spirituel
- Des formations pratiques (couture, coiffure, cuisine, informatique…)
- Un appui à l’insertion professionnelle
- Un chemin vers l’autonomie et la responsabilité

Notre ambition : Offrir à 200 jeunes filles :
- Un toit sûr
- Des compétences pour l’avenir
- Une dignité retrouvée
- Une réelle opportunité de construire leur vie

À la demande de l’évêque d’Alger, en accord avec l’Ordre des moines Cisterciens, la communauté du Chemin Neuf vit, prie et travaille au monastère de Tibhirine depuis le 15 août 2016. Le père Eugène, responsable de la communauté sur place, nous partage leur mission du quotidien et la richesse des rencontres avec les visiteurs et leurs voisins du village.

Le frère Eugène avait demandé, en arrivant en Algérie, à l’ancien évêque d’Alger, Monseigneur Teissier, ce qu’il attendait de la communauté du Chemin Neuf au monastère. « Transmettre le message des moines », lui avait-il répondu.
À Tibhirine, les frères et sœurs poursuivent ensemble une vie de prière quotidienne, l’accueil des nombreux visiteurs, le travail du verger et du potager, ainsi que l’entretien des bâtiments.
À ce jour, deux frères et trois sœurs vivent au monastère.



« Transmettre le message des moines »
Monseigneur Teissier
Aujourd’hui, l’accueil des visiteurs rythme leur vie. Il y a des visiteurs étrangers, et des visiteurs Algériens. La grande majorité sont algériens musulmans. « Ce qui me frappe en discutant avec eux sur leur venue, c’est qu’ils étaient très touchés quand ils ont appris la mort des moines, assassinés en 1996 en Algérie », partage Eugène Lehembre.
Parfois, quand au cours de la visite, ils entendent raconter l’histoire des moines « certains ont les larmes aux yeux » explique Eugène avec émotion. « Une fois, un visiteur m’a partagé qu’il était adolescent quand il avait appris leur mort et il voulait venir voir ce lieu.

Il n’est venu que 30 ans après. Il nous a demandé pardon pour ce qu’on avait fait aux moines. Pourtant lui n’était pas du tout responsable mais solidaire avec les Algériens, il nous a demandé pardon pour leur assassinat. Voilà la dimension qu’on peut vivre entre chrétiens et musulmans, entre Algériens et Français à Tibhirine », poursuit-il.
La fraternité au cœur de la rencontre
La relation avec les voisins du monastère est différente de celle tissée avec les moines cisterciens. L’époque a changé. Le monastère est très pris par les visites mais une proximité perdure avec quelques familles des environs. « Quand on est avec eux, on se sent en paix et en communion » explique le responsable du monastère.
Par exemple, Mohamed est un musulman pratiquant, profondément croyant, ainsi que sa femme et ses enfants.

Pour le père Eugène, « la foi ne nous éloigne pas, elle nous rapproche plutôt. On est content de se retrouver entre croyants. Il y a cette amitié qui est donnée. »
Ces deux hommes ne passent pas leur temps à discuter de leurs différences, mais plutôt à vivre dans l’amitié et la joie de chaque jour.
« Il nous a demandé pardon pour ce qu’on avait fait aux moines. »
un visiteur algérien
Une sœur du monastère disait que quand elle rencontre un algérien, elle ne voit pas d’abord le musulman mais l’homme, l’Algérien. Mettre instantanément une étiquette sur la personne éloignée de la fraternité.
Selon eux, mettre instantanément une étiquette sur la personne éloigne de la fraternité.
« Nous n’avons pas qu’une relation entre chrétiens et musulmans, mais entre frères et sœurs. Déjà là, il y a un beau terrain d’amitié qui peut se vivre » explique Eugène Lehembre. Il ajoute que « c’est essentiel pour démarrer la relation. Les Algériens sont en attente de relations amicales et fraternelles. »
Depuis dix années, la communauté du Chemin Neuf s’exerce à « voir en tout Homme qui vient, le frère ». Telle est la mission qui lui est confiée sur cette terre musulmane.






Cette semaine, l’office a été préparé par les frères et sœurs de la communauté à Tibhirine en Algérie
Texte de méditation
Heureux ceux qui vivent en frères
Frère Christian de Chergé, Heureux ceux qui vivent en frères, 2026, p. 174-175.
Nous nous découvrons très ordinaires… c’est le salaire un peu amer de la vie en petite communauté ; et s’accepter ainsi très ordinaires, ce sera le résultat curieux du travail de la grâce en nous.
Tant que Saint Pierre a cru qu’il pourrait faire mieux que les autres, il n’était pas mûr pour la haute mer de l’Eglise : il lui a fallu en pleurer !
Il nous faut accepter que de simples changements de température ou de pression puissent provoquer des variations d’humeur incontrôlables. Et aussi que le naturel tenu en laisse puisse revenir au galop […].
Et comment faire autrement quand, allant plus loin, on expérimente en soi, devenu moine, des goûts, des aptitudes, des tentations exactement à l’opposé de l’idéal évangélique : à certains jours, on serait prêt à boxer et même à tuer le voisin pour une vétille, une bêtise. On sent poindre en soi un monstre de jalousie, de luxure, de paresse, d’égoïsme… et que dire de l’orgueil et de l’amour propre ? […]
Et loin d’être privilège pour une élite, le monastère se révèle surtout garde-fou : qu’aurions-nous été capables de faire dans le monde si nous y étions restés… ! ‘’prends ma vie, je ne vaux pas mieux que les autres!’’
C’est pourquoi nous avons raison de tout commencer en demandant la miséricorde de Dieu et celle de nos frères.
Mais si nous nous acceptons de mieux en mieux si ORDINAIRES, c’est parce que le CHRIST est lui, et LUI seul, de plus en plus pour nous, cet HOMME EXTRAORDINAIRE.
Intercessions
A adapter ou modifier selon les lieux et les circonstances
Du 13 au 15 avril 2026, le pape LEON XIV sera en Algérie pour débuter son voyage dans 4 pays d’Afrique. Il se rendra à Alger et Annaba.
Dieu Notre Père, que cette visite du pape encourage les chrétiens vivants en Algérie et réjouisse tous les Algériens, afin de vivre davantage dans une fraternité libre et respectueuse de la différence. Nous te confions en particulier les chrétiens Algériens pour qui vivre leur foi reste un défi quotidien.
Il y a 30 ans, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, 7 des 9 moines du monastère de Tibhirine étaient enlevés. Ils furent tués environ 2 mois plus tard.
Dieu Notre Père, que le témoignage de non-violence évangélique de ces disciples de Jésus puisse éclairer les consciences des hommes et des femmes de notre époque, trop souvent manipulés par des responsables politiques ou religieux, des médias et des réseaux d’influences.
En Algérie, la plupart des lieux de rassemblements des chrétiens protestants évangéliques ont été fermés par les autorités depuis plusieurs années.
Dieu Notre Père, soutiens-les dans cette épreuve, qu’elle renforce leur foi, leur espérance et leur charité. Nous te prions pour que les catholiques d’Algérie ne soient pas insensibles à ces discriminations, et qu’ils se fassent proches de leurs frères et sœurs dans la foi.
Prière pour l’unité des Chrétiens
Seigneur Jésus,
Qui as prié pour que tous soient un,
Nous te prions pour l’unité des chrétiens,
Telle que tu la veux,
Par les moyens que tu veux.
Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
De voir notre péché,
Et d’espérer au-delà de toute espérance.
Amen !
(Prière composée par des membres de la Communauté du Chemin Neuf,
à partir d’une prière du père Paul Couturier)
Les frères et sœurs de Hongrie ont organisé un week-end sur l’œcuménisme pour se former ensemble. L’occasion de se retrouver, de vivre la fraternité et d’avancer sur le chemin de l’unité.
Par Blandine Fejérdy, membre de la Communauté
Interpellés notamment par le témoignage de nombreux couples mixtes ayant vécu la session Cana, qui nous partageaient leur joie d’avoir enfin trouvé une terre pour vivre leur appel si particulier, nous avons senti qu’il était important de nous former davantage à la question de l’œcuménisme.
Nous avons donc été entre 50 et 60 à nous réunir, pour l’essentiel membres de la Communauté et de la Communion, les 28 février et 1ᵉʳ mars pour nous former ensemble et continuer d’avancer sur ce chemin d’unité.


Notre frère Miguel Desjardin, délégué national pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France, est venu nous rejoindre. Il nous a parlé à la fois des grandes divisions entre les églises chrétiennes et de leurs causes, mais aussi et surtout de leur engagement dans la voie de l’œcuménisme.
Samedi après-midi, nous avons eu la joie d’accueillir le père bénédictin Titusz Hardi et le pasteur luthérien Károly Hafenscher, qui ont rejoint Miguel pour participer à une table ronde.
Ils nous partagèrent, dans un esprit très fraternel, leur engagement personnel pour l’œcuménisme, leurs joies, leurs souffrances et leurs espoirs sur ce chemin. Cela a été l’occasion pour beaucoup de découvrir avec joie que l’œcuménisme n’était pas réservé à la Communauté du Chemin Neuf !

Nous avons terminé notre journée du samedi par un office pour l’unité, clôturé par une double bénédiction de la part de nos deux invités.
Autre moment important du week-end, Miguel nous a aidés à réfléchir ensemble, à la lumière des « points de repère œcuméniques », aux réflexes que nous pouvions mettre en place dans l’organisation de sessions ou de week-ends pour accueillir au mieux nos frères d’autres églises.
Nous rendons grâce pour ce week-end, moment de formation et de communion entre nous, mais aussi vrai temps d’église pour la Hongrie !



Le père Eugène Lehembre, membre de la Communauté du Chemin Neuf habitant au monastère de Tibhirine, nous raconte l’histoire de la croix des moines martyrs.

La croix icône qui est dans la chapelle de Tibhirine avait été écrite par une ermite d’Ardèche, Sr Françoise, avec des indications données par Christian de Chergé.
Après la mort des moines, la croix a été transférée à l’abbaye d’Aiguebelle où elle est actuellement.
En 2016, elle a été remplacée à Tibhirine par une croix de la même taille avec un collage d’une photocopie papier de l’originale.
En 2025 nous est venue l’idée à Tibhirine de la remplacer par une véritable croix icône en demandant à une sœur de la Communauté du Chemin Neuf, Corinne Pesquet, qui écrit des icônes, de faire une copie proche de l’originale.
Corinne a accepté et est allée passer un weekend à l’abbaye d’Aiguebelle pour voir l’icône et la prendre en photo. Ensuite elle l’a réalisé dans son atelier de la maison de Montagnieu en Isère.
Cette croix fait environ 130 cm sur 90 cm.

Le financement a été pris en charge par un frère qui avait déjà assuré celui de la rénovation de la statue de Marie, située sur la colline au-dessus du monastère.
Ensuite, on a organisé le transport jusqu’à Tibhirine. C’est Ania, une sœur de la Communauté qui s’en est chargée, elle-même revenant de Lyon vers Alger.
La croix était dans une caisse et elle l’a prise avec elle en bagage accompagné, hors gabarit. Le voyage a été un peu épique et Ania a eu quelques sueurs, mais tout s’est bien passé. Les douaniers à l’aéroport d’Alger ont été bienveillants, encouragés par une lettre de recommandation de notre cardinal évêque Jean-Paul Vesco.
La croix est maintenant à Tibhirine. Elle attend d’être bénite par notre évêque. Elle sera sans doute installée en mai, à l’occasion du pèlerinage diocésain, où on fêtera le trentième anniversaire du départ des moines.

Sur la croix, Jésus est représenté vivant, glorieux : au-dessus de lui l’inscription en arabe ; « Il est vraiment ressuscité ». Comme une parole que nous laissent les moines : ne vous arrêtez pas à la souffrance, regardez plus haut.
Du 9 au 13 mars, 24 frères et sœurs consacrés se sont retrouvés à Kismaros, en Hongrie, pour la rencontre des célibataires d’Europe centrale. Entre découverte de Budapest, plongée dans l’histoire du pays et visites de lieux marquants — comme les Archives nationales luthériennes, la Grande Synagogue ou encore le Musée national —, cette rencontre a aussi été rythmée par de beaux temps fraternels, des temps communautaires et le partage de repas traditionnels hongrois.
Reportage photos







Le groupe Méditerranée s’est retrouvé à Rome pour prier, travailler et avancer ensemble. De cette rencontre est né un parcours de Carême inspiré des moines de Tibhirine, comme une invitation à la paix, au dialogue et à une disponibilité renouvelée à l’Esprit — au moment où Carême et Ramadan se répondent et interpellent nos manières de croire, de vivre et de regarder l’autre.
Par Maher El Hage, prêtre, responsable de la Communauté du Chemin Neuf au Liban
Rencontres et disponibilité. Ce sont les deux mots qui résument notre rencontre du groupe Méditerranée. Pour la deuxième année consécutive, nous nous sommes retrouvés pour prier, réfléchir et avancer ensemble sur ce chemin qui a débuté il y a à peu près 4 ans. Cette rencontre (la deuxième en présentiel après le Caire) s’est déroulée du 15 au 18 février à Rome dans la maison de la communauté, rue Poliziano.

Le but principal de cette rencontre était de créer un parcours pendant le carême qui nous rapproche de la spiritualité des 7 moines de Tibhirine. Pourquoi cette idée et cette initiative ? L’année 2026 marque le 30ᵉ anniversaire de leur décès, ainsi que 10 ans de la présence de la communauté du Chemin Neuf dans ce beau lieu. Est-ce un hasard que la communauté soit appelée à vivre, à prier et à travailler dans ce lieu-là ? Sûrement le Seigneur, par notre présence au monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, veut adresser un message à notre communauté. Encouragés par le conseil, nous nous sommes lancés dans la préparation de ce parcours, pour travailler sur le message des moines de Tibhirine et le transmettre davantage.
« Parfois nous envisageons et nous préparons les choses mais le Seigneur passe d’une autre manière, par d’autres chemins pour nous conduire vers le but. »
Maher El Hage
Mais le Seigneur ne fait pas les choses à moitié. Cette année aussi (dans de nombreux pays), Ramadan a débuté le même jour que le mercredi des Cendres dans l’Église catholique romaine. Les moines ont vécu toute leur vie dans le monastère en lien avec les voisins musulmans qui sont différents dans leur manière de penser, de vivre, de réfléchir… Il y avait une amitié profonde basée sur le respect mutuel. Cette relation entre les voisins et les moines peut-elle nous interpeller aujourd’hui ? Les textes des moines de Tibhirine, et des autres bienheureux martyrs d’Algérie sont très riches, et nous ont nourris fortement.

Nous avons choisi de partager à travers quatre chaines WhatsApp (français, anglais, arabe et italien) un texte et une intercession chaque jour, parfois un lien pour aller plus loin. Quelques fois, nous avons inséré une vidéo historique, un témoignage, ou encore des images ou des œuvres d’art qui nous parlent, en lien avec les moines et Tibhirine.
Notre temps de travail à Rome était habité par des rencontres. En premier lieu les rencontres entre nous, les membres du groupe, habitant dans 5 pays différents (France, Liban, Terre Sainte, Algérie et Côte d’Ivoire) : chacun une réalité différente, une culture différente et une mission différente.
Mais aussi la rencontre avec cette belle ville de Rome : culture, tradition, nos frères et sœurs en mission sur place, et l’Église avec une rencontre au dicastère du dialogue interreligieux…

La troisième rencontre, c’est celle avec ces moines, avec leurs écrits, avec leurs messages transmis, avec leurs vies données. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).
Nous avons été invités ces quelques jours à avoir une grande disponibilité à l’Esprit Saint. Parfois nous envisageons et nous préparons les choses mais le Seigneur passe d’une autre manière, par d’autres chemins pour nous conduire vers le but. L’Esprit Saint avait prévu une rencontre différemment de la façon dont on l’envisageait : celle avec le sous-secrétaire du dicastère du dialogue inter-religieux. La rencontre avec lui et ses collègues était très fraternelle, simplement pour se connaitre. Ils étaient surpris de la richesse de nos parcours à chacun, du fait qu’il y ait beaucoup de femmes parmi nous (ils ont moins l’habitude d’en voir dans le dialogue interreligieux), très intéressés aussi par la présence de notre communauté à Tibhirine. Une heure et demie de partage, de discussion et d’encouragement dans ce que nous faisons en général, mais aussi une invitation à diffuser largement ce message des moines de Tibhirine.
Nous avons clôturé ce temps de travail par une messe à Saint-Pierre. Nous avons confié notre communauté, nos pays, notre groupe et ce parcours en demandant surtout la disponibilité à l’Esprit Saint pour faire sa volonté.

De droite à gauche (Thomas, Marie-Laure, Marie-Farouza, Gisèle, Maher et Clémence)
C’est le début du chemin : les moines et tous les martyrs d’Algérie peuvent nous enseigner la fraternité, la prière, la rencontre avec l’autre, le désarmement… Ouvrons nos oreilles, nos yeux, notre cœur pour laisser l’Esprit Saint travailler en nous et à travers nous.
Les retours du parcours Carême / Ramadan 2026
« Ce parcours Carême/Ramadan m’a profondément accompagnée durant cette période de guerre au Liban. Il m’a aidée à poser un regard plus miséricordieux sur les musulmans en laissant peu à peu tomber la colère que je portais en moi. À travers le témoignage des moines de Tibhirine, leur simplicité, leurs prières et leur amour concret du prochain, j’ai appris à regarder au-delà de la peur et des jugements du moment. Ce chemin m’invite aujourd’hui à voir en l’autre, différent de moi, un frère créé à l’image de Dieu, et à choisir la paix, l’espérance et la rencontre. Une invitation à bâtir des ponts, même au cœur de la guerre. » Manal

« Quand je rencontre un musulman, le premier réflexe est de lui parler du christianisme et de ne pas entrer dans sa religion musulmane. Cela est dû peut-être à la peur et à l’orgueil qui habitent mon cœur. Mais à travers ce parcours j’ai appris que Dieu est Un et nous unit malgré nos différences. Ce qui m’a touché le plus, ce sont les témoignages des uns et des autres : chrétiens et musulmans. Les prières d’intercession me touchaient au plus profond de mon cœur, me libéraient de mes stress surtout pendant la guerre. Je prie maintenant pour la paix des cœurs. » Bernadette
« Grâce à ce parcours, j’ai découvert un véritable trésor au sein de notre Église ! Je ne savais pratiquement rien des Frères de Tibhirine, mais après avoir vu le film Des Hommes Et Des Dieux (qui était recommandé au début du parcours), j’ai immédiatement ressenti une grande proximité avec eux et j’ai été frappée par leur foi et leur amour ! J’apprécie beaucoup tous les passages et les lettres écrits par les Frères. Ils sont une leçon d’humilité, d’hospitalité et surtout de fidélité à leur vocation. » Dona